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Du biogaz de Méthavalor à Morsbach

La Moselle-Est est incontestablement à la pointe du tri multi-flux et de la valorisation des déchets ménagers. Depuis septembre 2011, l’usine de méthanisation Méthavalor de Morsbach, près de Forbach, produit du biogaz à partir des restes de repas des habitants de Moselle-Est. Un gisement de 42 000 tonnes de bio-déchets par an est exploité. 400 000 habitants de 291 communes, soit 160 000 foyers, de Bitche à Bouzonville, en passant par Sarreguemines, Saint-Avold, Forbach et les territoires lorrains d’Alsace bossue produisent ou produiront d’ici la fin de l’année la matière première nécessaire à la fabrication d’un biogaz grâce à un tri sélectif rigoureux de leurs poubelles. Ce biogaz est transformé en biométhane après une épuration élaborée à Méthavalor. Il est désormais injecté dans le réseau de gaz naturel de la Moselle. Il ne s’agit que de la seconde expérience de ce type en France, après une première tentative réussie à Lille en juillet dernier.

Les déchets fermentescibles de l’Est mosellan servent déjà à la fabrication d’électricité et de chaleur pour la centrale de Morsbach. D’ici peu, le biogaz mosellan devrait aussi alimenter en biocarburant les réservoirs des camions de collecte des déchets des environs. D’ici 2013, Méthavalor devrait pouvoir produire annuellement 5,5 millions de mètres cubes de biogaz et plus de 8 000 tonnes de compost.

A noter enfin qu’une usine de fabrication de sacs poubelles est actuellement à l’étude sur le Technopôle Sud de Forbach. Les sacs bleus, verts et orange offerts aux ménages de Moselle-Est pour effectuer le tri sélectif multi-flux sont aujourd’hui conçus en Suisse et au Vietnam. La nouvelle unité de production est destinée à sécuriser l’approvisionnement. Elle devrait à terme produire 70 millions de sacs par an, soit trois sacs par habitant et par semaine, et créer 15 emplois. Le circuit des déchets sera alors maitrisé et valorisé. Un exemple écologique, économique et social à suivre. 

(Source : RL du 01/04/2012)

6 avril, 2012 à 23:18


2 Commentaires pour “Du biogaz de Méthavalor à Morsbach”


  1. Groupe BLE Lorraine écrit:

    La Moselle-Est est à la pointe de la gestion des déchets. Le Syndicat mixte de transport et de traitement des déchets de Moselle-Est a en effet trouvé une façon de maîtriser la consommation d’énergie et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En utilisant les déchets ménagers de son territoire comme ressource d’énergie renouvelable, il optimise ses services et propose un modèle économique circulaire. La collecte se fait en une fois, organisée en ramassage de trois flux : biodéchets, déchets recyclables et déchets résiduels, qui se sont respectivement récupérés dans des sacs vert, orange et bleu. Les sacs sont ensuite séparés dans un centre de tri multiflux et acheminés vers les lignes correspondantes, grâce à un système de reconnaissance optique.

    Méthavalor, centre de méthanisation des biodéchets mis en service à Morsbach en septembre 2011, transforme près de 45 000 tonnes de biodéchets en énergies renouvelables, compost et engrais. Le séchage du digestat liquide permet également de valoriser 100 % de la chaleur produite sur le site et de normaliser un produit riche en éléments fertilisants, facilement stockable et utile aux agriculteurs locaux.

  2. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Cela fait désormais un an que le biométhane produit à l’usine Méthavalor de Morsbach est injecté dans le réseau public de distribution de GrDF. La structure fait partie intégrante du modèle d’économie circulaire et respectueux de l’environnement développé par le SYDEME (Syndicat des Déchets Ménagers de Moselle-Est). Ce dernier rassemble 293 communes, 14 intercommunalités et 385 000 habitants sur une surface de 2 500 km², soit environ la superficie de la Sarre. Chacune des intercommunalités a conservé sa compétence ordures ménagères pour fixer ses propres tarifs, selon la qualité du tri. Cela permet de responsabiliser les citoyens à la collecte. Cette économie innovante génère plus de 200 emplois et une trentaine de postes conventionnés.

    La Sarre envoie elle-aussi sa biomasse. C’est d’ailleurs ce qui a permis à Méthavalor de monter en charge bien plus rapidement que prévu. Le SYDEME achemine en retour 70 000 tonnes de déchets résiduels à l’unité thermique de Neunkirchen qui alimente le chauffage urbain du Land.

    200 000 tonnes de déchets sont traités par an par le SYDEME, dont 45 000 tonnes de biodéchets. Ces derniers sont triés dans des sacs verts, collectés et valorisés en chaleur, compost, électricité et biogaz à l’usine Méthavalor de Morsbach. Ils suivent pour cela une fermentation par privation-injection d’oxygène. 5,5 millions de mètres cubes de biogaz sont produits par an. 15 %, soit 400 000 mètres cubes, alimentent le vaste réseau de GrDF. Le biométhane se mélange parfaitement avec le gaz naturel. C’est l’épurateur prototype d’Air Liquide qui retire le CO2 du biogaz pour valoriser le méthane avant de l’injecter dans le réseau public. Entre 8 000 et 10 000 tonnes de compost sortent aussi chaque année de l’usine, ainsi que 18 000 mètres cubes d’engrais.

    Par ailleurs, la flotte de véhicules du SYDEME roule entièrement au GNV (Gaz Naturel pour Véhicule) et s’approvisionne auprès de la station GNVERT implantée juste devant l’usine de méthanisation depuis deux ans. Cette consommation représente une quantité annuelle de 250 000 mètres cubes environ. La flotte est amortie en sept ans par la seule différence de coût du carburant.

    Enfin, le SYDEME a décidé de construire sa propre usine de confection de sacs. La fabrication de sacs en Chine ou au Vietnam lui revenait en effet à quatre millions d’euros par an. L’usine de production de sacs de Behren-lès-Forbach a représenté un investissement de huit millions d’euros, dont 3,5 millions d’euros de matériel. L’opération a en outre permis de créer des emplois sur le territoire. Le stock de sacs, équivalent à six de consommation, qui représentait une immobilisation de deux millions d’euros, a également pu être supprimé. Avec un tel équipement, le SYDEME maîtrise désormais l’ensemble de la chaîne, au point d’être totalement indépendant.

    Vingt années ont au total été nécessaires pour mettre en place un tel circuit autour de la valorisation des déchets, une filière unique en France. L’aventure de la méthanisation a véritablement débuté en 2006 en Moselle-Est. Des plateformes de récupération de déchets verts ou encore une ferme énergétique, avec notamment une culture de miscanthus, avaient en effet été aménagées. Depuis la création du SYDEME, 70 millions d’euros ont été investis, avec seulement 1 % de subvention. Mais les collectivités s’y retrouvent : une tonne d’ordures placée en centre d’enfouissement coûte 100 euros, tandis qu’une tonne de déchets organiques traités par Méthavalor revient à 65 euros.

    De nombreux visiteurs étrangers, des Scandinaves, des Chinois ou encore des Canadiens, viennent à Morsbach pour découvrir le modèle Est-mosellan et s’en inspirer. Si bien que le SYDEME envisage à présent de créer une Société d’Economie Mixte (SEM) pour vendre son savoir-faire.


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