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Développement du Skylander SK-105 en Lorraine

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La Région Lorraine, l’Etat français, Geci International et des investisseurs privés participent au financement du programme Skylander SK-105. Le Skylander SK-105 est un nouvel avion de quinze mètres très robuste conçu pour résister à des conditions extrêmes, développé sur l’ancienne base de l’OTAN de Chambley (Meurthe-et-Moselle) par la société Sky Aircraft, filiale de Geci International. L’appareil a notamment pour qualité d’opérer sur des distances très courtes, à savoir 600 mètres au décollage et 250 mètres à l’atterrissage. D’allure et de conception rustique, capable de transporter 19 passagers ou près de trois tonnes de fret, ce bi-turbopropulseur a été rebaptisé « le Logan des airs ».

Développement du Skylander SK-105 en Lorraine dans Actualité Skylander-SK-105

Les Russes semblent très intéressés par le Skylander (Crédits photo : Geci International)

La Région Lorraine a consenties plusieurs avances remboursables à l’avionneur : neuf millions d’euros, puis sept et cinq en trésorerie. Au départ, la Région souhaitait entrer au capital de Sky-Aircraft à hauteur de sept millions d’euros, sur la base de la demande d’un hypothétique soutien complémentaire de 24 millions d’euros de la Direction Générale de l’Armement (DGA). Une prise de participation suffisamment exceptionnelle de la part d’une collectivité dans une entreprise privée pour que le Conseil d’Etat soit sollicité. L’Etat français avait auparavant apporté 2,5 millions d’euros de prime d’aménagement du territoire au lancement de ce programme de 215 millions d’euros qui prévoit la création de 313 emplois directs et de 700 emplois indirects. Depuis, Paris a également décidé d’investir soixante millions d’euros. Trente millions d’euros proviendraient du grand emprunt, les autres venant d’une prise de participation du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI), le bras armé public en matière d’acquisition. Un tel renfort s’avère très appréciable pour un groupe, dont la faible trésorerie, qui résulte des montants importants engagés avant de rentrer de l’argent, expose à un rachat à bas prix de concurrents étrangers potentiels. Des partenaires privés à identifier apporteraient quarante autres millions d’euros.

A ce jour, 212 personnes travaillent au développement de l’avion à Chambley. 411 accords commerciaux auraient été trouvés. Ils comprennent quatorze avions en commande ferme avec acomptes, incluant 4 options, 397 avions avec lettres d’intentions incluant 303 options, ainsi qu’un Memorandum of Unterstanding signé avec la société fantôme russe Aviamost portant sur quarante avions et 260 options. Ce dernier contrat représente une commande potentielle de 260 millions d’euros, voire de deux milliards d’euros à un prix hors option de 6,5 millions d’euros l’unité. De quoi atteindre une partie importante de l’objectif de 1 500 ventes d’ici 2030 fixé par la société.

La date du premier vol du Skylander est fixée à septembre 2013, soit un an de retard sur le calendrier initial en raison du report dans le cadencement des financements. La certification est quant à elle attendue pour septembre 2014.

L’aboutissement de ce programme permettrait enfin de créer un centre de formation aux métiers de l’aéronautique structuré autour du cluster lorrain Aériades composé de 24 entreprises, dont l’équipementier Leach, à Sarralbe. Cette filière pourrait également bénéficier de l’implantation à Commercy d’une usine du groupe Safran, leader mondial dans la fabrication de moteurs d’avion Boeing 737, Airbus A320, Rafale, avec à la clé 400 emplois à l’horizon 2020.

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13 Commentaires

  1. bloggerslorrainsengages

    9 février, 2012 à 0:18

    Le hall d’assemblage des prototypes du futur Skylander SK-105 a été inauguré fin 2011 par Sky Aircraft, filiale de Geci International. Les premiers exemplaires prototypes de l’avion léger lorrain y seront assemblés au cours du premier semestre 2012.

    Cet immense hangar avait initialement été construit par la Région Lorraine pour le dirigeable de Jean-Louis Etienne, avant d’être reconverti en site industriel pour assembler les quatre prototypes du Skylander, en attendant la maîtrise d’ouvrage de la future usine d’assemblage des avions de série. Le permis de construire de cette dernière a été déposé. L’usine de 15 000 mètres carrés, de 19 mètres de hauteur et de 66 mètres de portée sans pilier pourrait voir sortir ses premiers SK-105 de série fin 2013.

  2. bloggerslorrainsengages

    9 février, 2012 à 0:33

    Le directeur général de la mystérieuse société russe Avianost est Viktor Alexandrovitch Medvedev. Il est venu avec une délégation en octobre 2011 à Chambley pour évaluer le Skylander.

    Pour Sky Aircraft, le contrat avec Aviamost constituerait une clé d’entrée essentielle sur le marché russe. La demande y est très importante tant pour le transport passager que le fret. En effet, les infrastructures russes sont plutôt manquantes, si bien qu’un avion rustique de ce type pourrait désenclaver des villes et des villages.

    Une version de Skylander équipé de skis pour l’atterrissage sur la neige serait à l’étude.

  3. bloggerslorrainsengages

    15 février, 2012 à 22:15

    La société Aviamost, qui a signé un protocole pour 40 avions Skylander et une option pour 260 autres, ne dispose pas encore des financements nécessaires pour conclure cette opération. La compagnie espère résoudre cette question en mars. Son projet pourrait en effet être inclus dans le programme de l’Etat russe portant sur le développement de l’aviation régionale. Ce dernier, face à la vétusté des appareils petits porteurs en Russie, a annoncé le lancement d’un plan pour financer l’achat d’avions destinés à équiper les compagnies régionales russes. Aviamost compte notamment sur le fait que les autorités russes ont émis, fin janvier, un décret prévoyant que Moscou subventionnera à hauteur de 30 % l’acquisition d’avions de moins de 20 places. Le Skylander est en concurrence avec l’avion canadien de Viking air, le Twin Otter, et des appareils américains.

  4. dgemalo

    19 février, 2012 à 14:17

    http://hvylya.org/news/exclusive/18954-nesuschestvujuschij-frantsuzskij-samolet-vysosal-iz-rossii-2-mlrd-evro.html
    Traduction de l’article ci-dessus :
    L’avion français inexistant doit pomper 2 Milliard d’Euros** à la Russie
    « Nouvelles Exclusives » 02/06/2012 11:55 l’Auteur : « Khvilya »

    Le constructeur aéronautique français a utilisé le Programme de « Développement de l’Aviation Régionale », décidés par les autorités russes, pour résoudre leurs propres problèmes financiers. Le groupe GECI a déclaré qu’un grand investisseur Russe avait acheté leurs avions. Le Prix de la commande est presque 2 milliards d’Euros**. Les experts russes soupçonnent une « transaction fantôme » avec une société russe inexistante pour faire grimper les cotations en Bourse de la Société Geci.

    Mercredi au cours de la conférence concernant la région de Magadan, le premier vice-premier ministre Igor Shuvalov a révélé la décision d’allouer un budget supplémentaire en 2012 qui consiste en des subventions à taux d’intérêt privilégiés et d’autres mesures « en vue de l’acquisition d’avions spécifiques » type petits transporteurs aériens. Selon les mots de Shuvalov, environ 2,5 milliards de roubles sont alloués (approximativement 62,5 millions d’Euros**).

    GECI Aviation est la société de construction réunissant deux filiales :

    - Reims Aviation Industries, une usine créée en 1933 en charge aujourd’hui du projet F406.
    - Sky Aircraft qui développe le Skylander SK-105.

    Trois lignes de publicité de « Direct Advert »

    Un des premiers à répondre est le constructeur aéronautique français. Le groupe GECI a déclaré qu’à la demande de la société russe, il construira 300 avions pour un montant de presque 2 milliards d’Euros**.

    C’est un nouveau développement de turbopropulseur léger, le Skylander SK-105 de 19 passagers. La première machine de vol n’apparaîtra pas avant 2014.

    Le 1 décembre 2011, GECI International a déclaré la signature d’un protocole d’accord pour l’achat de 40 avions Skylander SK-105. Dans son communiqué de presse, Serge Bitboul déclare : « C’est un nouveau succès commercial et nous sommes d’autant plus heureux que notre avion a été choisi dans des conditions de dure concurrence et que les premiers contacts avec cette société (Société russe non désignée dans l’article du journal « gazeta. Ru « ) ont eu lieu au dernier salon du Bourget en juin 2011. (Source Journal - »gazeta. Ru « ) ».

    Le projet Skylander a été présenté au Salon Aéronautique de Séoul en octobre 2001. Le premier vol du prototype était planifié en mai 2005, mais le projet a été abandonné à cause d’un financement impossible. En 2008 un Groupe de Compagnies Aériennes Cargo Turque relance un protocole d’accord pour 15 avions livrables dans la période 2011-2021. L’accord a été cassé. Enfin en décembre dernier, l’assemblage des quatre prototypes a commencé, deux pour essais statiques et deux pour des essais en vol. La société a déclaré que l’assemblage des avions de série commencera début 2013, la certification de type étant prévu au deuxième semestre 2013 afin d’effectuer les premières livraisons en 2014.

    L’information diffusée par la presse spécialisée déclare que l’accord signé avec GECI le 24 janvier 2012, mentionne le nom d’un acheteur russe. Elle précise : « la société anonyme « Aviamost », aspire à devenir un des acteurs majeurs dans le réseau de livraison d’avions régionaux aux compagnies aériennes de la Russie en vue du développement du transport aérien local, régional, de passagers et de fret en Russie, en Sibérie et sur l’Extrême-Orient et annonce la signature d’un mémorandum de compréhension mutuelle pour l’acquisition de 300 Skylander SK-105″.

    La signature du contrat d’achat-vente de 40 machines est déjà prévue pour le premier trimestre de 2012. Selon « Aviamost », « les Livraisons commenceront en 2014″. Le nom du Directeur Général*** de la société n’est pas cité dans le texte.

    Le prix de l’avion déclaré par le fabricant est de 6,5 millions d’Euros**. Donc si le mémorandum se réalise, le coût total sera de 1,95 milliards d’Euros**.

    GECI confirme les informations « publiées par son partenaire russe » ainsi que l’augmentation de production pour arriver jusqu’à 1500 appareils dans la période de 2013 à 2030″.
    Ces nouvelles sur la transaction avec la société russe, ont fait grimper l’action GECI à la Bourse de Paris à 2,07 Euros, soit une augmentation de 38 %. À cause de cette croissance extrêmement rapide la cotation a été suspendue.

    Le Gouvernement Français est prêt à investir 60 millions d’euros dans le développement du projet Skylander, (30 millions provenant du Grand Emprunt et 30 millions du Fond Stratégique d’Investissements). Selon le journal « Gazeta.Ru » l’usine est localisée en Lorraine. « Quelles garanties reçoivent les contribuables lorrain ?  » a réagi Nadine Morano, Présidente de la section UMP du Conseil Régional de la Lorraine. Les difficultés à boucler le financement du programme mettent en évidence un manque de confiance et mettent en doute les chances de survie de la société GECI ».

    Le rapport d’activité de la société pendant les six premier mois d’exercice 2011 publié tard dans la soirée le 1ier février, confirme les doutes : le chiffre d’affaire du Groupe a diminué de 14,5 % et l’activité Aviation a baissé de 55,5 %. La perte opérationnelle a été de 3,9 millions d’Euros en comparaison de la perte de 1,9 millions d’Euros dans la période précédente.
    La perte d’activité de GECI Aviation est de 4 millions d’Euros en comparaison avec la perte de 2,5 millions d’Euros de la dernière période.

    L’assistance de l’Etat et l’énorme commande de la Russie devraient redresser la société, aux dires des analystes financiers français. Mais les experts russes soulèvent des doutes sur cette commande. Roman Gusarov, rédacteur en chef de « avia.ru », considère que « de telles transactions peuvent difficilement exister dans la « Petite Aviation », particulièrement en Russie où elles ne sont pas réalistes ».
    Selon le journal: « l’Avion n’est pas trop mal dans son ensemble, quoique très spécifique. De tels avions ne sont pas achetés par centaines. Leurs opérateurs, en règle générale, travaillent sur des contrats avec des administrations locales ».

    « Gazeta.Ru » dans l’impossibilité de trouver la société « Aviamost » n’a pas obtenu de commentaires de leurs représentants.
    En Russie, quelques Société anonyme « Aviamost » sont enregistrées mais aucune en programmes d’investissement sur le marché aérien.
    « Aviamost » n’est pas non plus enregistrée dans d’autres types de Société en Russie. Dans les années 1990 il y avait une telle compagnie aérienne, mais en 2001 elle a cessé d’exister à cause de problèmes financiers. Dans la base de données SPARK, sept Sociétés non anonymes « Aviamost » existent (quatre à Moscou, deux à Pétersbourg et une à Nizhnevartovsk), mais certaines d’entre elles sont déjà officiellement fermées et en s’adressant aux autres le correspondant du journal « Gazeta.Ru » a eu la confirmation qu’aucune d’elles n’avait une telle activité.

    Des informations sur « Aviamost » ont été publiées sur deux sites : aviaport.ru et bizavnews.ru (le portail d’aviation d’affaires).

    Informés par le journal « Gazeta.Ru », les rédacteurs des deux sites ont déclaré que : « ils ne possèdent pas les contacts » d’Aviamost. Denis Lobastov de bizavnews.ru a expliqué qu’il a reçu des informations par courrier électronique, mais la lettre entrante a déjà été enlevé, ainsi que l’adresse de l’expéditeur, et que pour cette raison elle est inconnue. Oleg Panteleev d’aviaport.ru a informé qu’il n’avait aucun contact chez « Aviamost ».

    Le Directeur Commercial de Reims Aviation Industrie (entrée dans le groupe GECI International, mais travaillant sur d’autres projets) Loran Mesmin à informé le journal « Gazeta.Ru » qu’il ne connaît rien de la transaction avec la société russe. Le porte-parole de presse de GECI, Debora Khamon a refusé de répondre par téléphone aux questions concernant leur partenaire russe, et elle n’a pas réagi à une lettre d’enquête pas plus qu’elle n’a répondu ultérieurement à d’autres appels téléphoniques. Le journaliste de l’édition française du Point, s’est heurté à la même difficulté et suppose que « Aviamost » est une société fantôme russe.

    Les experts du journal « Gazeta.Ru » considèrent qu’il s’agit d’une transaction fantôme.

    Un protocole d’accord n’est pas un contrat de vente obligatoire, mais il peut être utilisé par la société Geci pour renforcer ses positions tant à la Bourse que dans des relations avec des créanciers et des investisseurs potentiels. Roman Gusarov dit : « Si des acheteurs allemands commande 40 avions, personne en France ne le croira, mais si une Organisation russe achète juste 140 avions alors les questions ne surgiront pas ».

    **Le doute subsiste entre Euros et US Dollar car il semble que les prix devraient être exprimés en US Dollar et non en Euros.

    ***Geci a révélé depuis cet article le nom et le visage du PDG d’Aviamost, il s’agit de Viktor Medvedev.

  5. dgemalo

    19 février, 2012 à 14:23

    Qui pourrait encore croire une histoire pareille ?
    Annonce fracassante déjà vécue avec le Rafale, 300 avions SK105 seraient sur le point d’être vendus à la Russie. Voir ci-dessus la traduction de l’article paru dans le journal russe « gazetta.ru ».
    Mais que faut-il attendre de la société russe « Aviamost », futur client intermédiaire de Sky Aircraft, qui prétend « commander » le Skylander, un avion :
    - Inexistant (ou qui est encore loin d’exister, car il faudra d’abord le fabriquer, l’essayer, le mettre au point, le modifier, l’essayer à nouveau et si tout fonctionne le certifier).
    - Développé par une société qui n’a jamais rien fabriqué pas même sa « mobylette indonésienne », ni jamais posé un rivet.
    - Financé par une société, Geci, qui n’en a toujours pas les moyens, le budget étant passé de 100 à 220M€, ce qui laisse encore présager de futures dérives.
    - Etudié par un bureau d’étude qui n’a toujours aucun agrément de conception, qui a dénigré puis dénaturé son ravissant projet initial approuvé par le Gouvernement.
    - Fabriqué par des sous-traitants du Sud Ouest de la France pour leur non-réactivé de non-proximité aux dépens de la Lorraine. (Initialement argument inverse de Serge Bitboul pour flatter JP Masseret et justifier des créations d’emplois de sous-traitance, utopiques en Lorraine)
    - Assemblé dans une usine sans aucun agrément de Fabrication, de Méthodes, d’Essais et de Qualité
    - Vendu à une société qui n’a pas d’argent pour l’acheter, qui ne les utilisera pas et qui devra les revendre à des sociétés inconnues à ce jour.

    Après douze années de déclarations plus invraisemblables les unes que les autres (pour ne jamais s’être vérifiées) dans une affaire qui va en totale dispersion de rebondissement en rebondissement, quelle compagnie aérienne sérieuse irait créditer, dans un engagement quelconque, un tel scénario ?
    Aviamost devrait signer un accord avec Sky Aircraft avant fin Mars 2012, mais quel est le type d’accord possible dans un tel irréalisme ?

  6. bloggerslorrainsengages

    19 février, 2012 à 18:07

    Serait-ce donc vous le particulier qui a demandé une enquête de la commission européenne pour faire capoter le projet ?

  7. dgemalo

    20 février, 2012 à 18:57

    Sans avoir connaissance de l’engagement politique du « bloggerslorrainengages » et/ou de son indépendance médiatique en laquelle je crois puisque vous m’avez publié, je prendrai votre réponse au second degré et considèrerai le « donc » de votre question comme une conclusion, logique pour vous, mais humoristique pour moi bien qu’elle apparaisse à première vue tendancieuse pour tous.
    Pour trouver une explication rationnelle à votre réaction « instinctive » empreinte de la pensée supérieurement culpabilisatrice de JP Masseret, je ne vous reproche rien mais je vous conseille de consulter le blog de raphaelvuitton et de prendre connaissance de l’article qui a pour titre : « Skylander : GECI dans le viseur de la Commission européenne ». Voir le lien :
    http://raphaelvuitton.wordpress.com/2012/02/13/skylander-geci-dans-le-viseur-de-la-commission-europeenne/
    En temps que simple ingénieur, je n’ai malheureusement pas, au regard du droit européen, le niveau de compétence que vous semblez m’attribuer. Cependant j’adhère, sans en être l’auteur, à la totalité du contenu de cet essai sur les dérives morales de nos politiques industrielles et financières, trop intimement liées entre elles pour la synergie qu’engendrent leurs retombées réciproques.
    L’introduction de ce texte sur la Commission européenne en est aussi la conclusion :

    « A l’heure où la réindustrialisation des territoires est un objectif partagé par l’ensemble des responsables politiques, l’ambition de créer – ex nihilo – un pôle aérospatial en Lorraine ne peut, a priori, que susciter un certain intérêt, chacun souhaitant le succès de l’initiative lancée par Jean-Pierre Masseret. Pour y parvenir, les autorités publiques ont un rôle prépondérant à jouer afin d’établir les conditions favorables à l’implantation des industriels** et d’épauler le démarrage de leurs activités. Toutefois, ce soutien, s’il est accordé de manière inconsidérée et non transparente à des projets mal ficelés, peut être assimilé à un dangereux et coûteux caprice.

    C’est à l’évidence le cas des aides apportées au projet Skylander… »

    Tant que faire se peut, j’interviens ou suis intervenu auprès des politiques et des médias depuis 2010 quand il m’est clairement apparu que le dernier épisode chambleysien de cette aventure, était systématiquement pris en défaut pour n’avoir jamais assumé :
    - Son « Plan de Développement » qui engageait la responsabilité de Geci et des Pouvoirs Publics dans la définition et le suivi du Programme et de son planning, des études techniques, industrielles, financières, commerciales et des analyse de marché.
    - Ses déclarations médiatiques en tous genres. Geci a inondé la presse régionale, nationale et mondiale à tel point que « ce programme aura fait couler plus d’encre dans les média qu’il ne fera jamais couler de sueur dans les futures usines », usines sous-traitantes de l’aérostructure dont aucune n’est lorraine. C’est là le point capital de l’arnaque aux emplois lorrains et de feu « la réactivité de la sous-traitance de proximité » chère à Monsieur Bitboul. « Très chère » avant, quand Baccarat Précision a fabriqué la première pièce le 27 avril 2010 (bientôt deux ans d’âge le premier « coup de bluff ») et « trop chère » après pour être allé en Espagne fabriquer la 2ième. Cette énorme pièce « espagnole et non lorraine » a été honteusement présentée à Chambley pour l’inauguration du hangar le 13 décembre 2011. Après 8 mois, elle aurait dû logiquement être assemblée sur une voilure. Elle n’avait aucune raison de venir prendre le frais à Chambley pour en plus narguer les Lorrains.
    Mes mises en garde n’ont eu aucun effet pour que la viabilité du programme Skylander soit finalement démontrée. Pourtant les doutes rédhibitoires exprimés par le gouvernement portugais*** en 2008 aurait dû inciter à la prudence. A l’inverse en 2009, Serge Bitboul lui-même a purement et simplement dénigré puis flingué son 2ième Bébé, celui de Le Corre et tout le travail accompli durant 8 années en Roumanie + une année à Chambley. Personne ne s’est alors posé une seule question et encore moins offusqué pour ce manquement à la parole donnée.
    J’insiste particulièrement sur le fait que dans notre Système anarchique de distribution des subventions, il n’y a pas un responsable de nos pouvoirs publics (sorte de coordinateur-contrôleur) chargé de la surveillance du bon déroulement de chaque programme que nous finançons. Comble de l’efficacité germanique, in fine, le coordinateur serait responsable**** d’un possible échec s’il n’avait pas su remettre à temps le programme dans le droit chemin ou l’arrêter avant le classique chantage à l’emploi. En cas d’un audit à venir sur ce programme, ce qui est impensable dans les circonstances actuelles pré électorales, le coordinateur en serait aussi le responsable. Ce serait un moyen de diminuer le taux de dilution des responsabilités auquel se croient tenus les dirigeants de notre pays. Qui aujourd’hui serait responsable d’un échec du Skylander ? Ma réponse est : Personne.
    Autrement avec son argent Monsieur Bitboul peut faire tout ce qu’il veut, mais pas avec le nôtre et, plus particulièrement, pas avec celui des lorrains déjà abusés dans cette galère.
    - les conditions favorables à l’implantation des industriels** : Que faut-il penser de l’intégration de la zone d’activité de Chambley qui se voudrait européenne alors qu’elle devra pâtir de réseaux de communication aériens, ferroviaires et routiers immatures et risibles par leurs interconnections irréfléchies.
    - gouvernement portugais*** : La région d’Evora est aujourd’hui récompensée par la sous-traitance qu’elle développe avec Embraer, société brésilienne en pleine expansion. L’avenir nous dira s’ils ont fait le bon choix. La Lorraine aurait dû commencer par là : fabriquer des tronçons d’avion sans faire tout ce tapage pour quelques retombées boursières si faiblement industrielles.
    - responsable **** : Le mot « RESPONSABILITE » est galvaudé dans des discours aromatisé d’un autre chapelet : Le Peuple, par le Peuple, pour le Peuple… Peuple de France, à l’heure du « produire en France », on se moque de nous.

  8. bloggerslorrainsengages

    22 février, 2012 à 20:54

    Certaines personnes peuvent penser qu’il aurait été plus judicieux d’implanter l’usine du futur Skylander près de l’aéroport Metz Nancy Lorraine plutôt qu’à Chambley. Car avec un hiver rude et des conditions d’accès pas toujours faciles depuis Metz et Nancy, l’hypothèse de travailler au cœur du sillon lorrain plutôt qu’à Chambley, la complémentarité naturelle avec l’aéroport régional où tout serait prêt, une plus grande facilité d’accueillir des sous-traitants …

  9. dgemalo

    24 février, 2012 à 10:22

    Votre commentaire sur les raisons du « mauvais » choix du site de Chambley pour le développement du Skylander est évident. Mais il s’applique plus encore aux prétentions européennes de la zone d’activité de 500 hectares de l’ancienne base de l’Otan, voulue par JP Masseret.
    Aucune infrastructure n’y a été réfléchie et encore moins réalisée pour desservir la zone de Chambley et garantir le succès de son développement. Pourtant l’idée de créer une synergie forte dans le rapprochement transversal de Nancy et de Metz, encore impossible il y a une bonne cinquantaine d’années, est à présent devenue séduisante. Aurait-il fallu y penser plus tôt afin d’éviter l’incohérence qui existe entre les différents réseaux ferroviaires, routiers et aériens et plus encore à l’intérieur de chacun d’eux entre les services nationaux et régionaux.
    Les 800000€ des 500 hectares de Chambley seront à la zone d’activité de Metz-Nancy-Lorraine ce que le hangar de Jean-Louis Etienne a été au Skylander, de simples opportunités mais qui « en voulant profiter de l’immédiat, ont toutes les chances de condamner l’avenir ».
    La façon dont ces volontés politiques s’intègreront en toute harmonie et parfaite économie pour notre pays, n’a finalement que peu d’importance.
    L’hypothèse émise aujourd’hui par « certaines personnes » était l’une des difficultés que présentait le recrutement de personnels qualifiés pour le BE de Sky Aircraft en 2008. Si la question a encore son importance, elle n’est pas rédhibitoire surtout dans la situation actuelle où rien n’est produit ni assemblé sur le site lorrain.
    Il faudrait pourtant se poser les bonnes questions sur l’avenir de ce programme indépendamment de sa situation financière difficile, de son immobilisme technique et productif actuel ainsi que des derniers revirements politiques vitaux pour son avenir proche :
    - Pourquoi le gouvernement français n’a pas soutenu et validé le programme Skylander, pour son développement souhaité par Nantes ou Tarbes entre 2003 et 2004 ? Pourtant deux régions de culture aéronautique beaucoup plus favorable au succès d’un tel projet. Notez que l’appui de l’Etat est indispensable à l’engagement des régions. Pourquoi a-t-il été si tardivement décrété ?
    - Pourquoi depuis 2001 des pays comme la Corée du Sud, la Turquie, et surtout le Portugal n’ont pas voulu finalement s’engager dans cette affaire ? Pourtant ces trois pays ont depuis développé des programmes aéronautiques.
    - Pourquoi le gouvernement portugais n’a pas reçu de la part de Geci la démonstration de la viabilité du projet ?
    - Pourquoi JL Borloo l’aurait-il reçu à la même époque ?
    - Pourquoi la flotte de ce type d’avion diminue en moyenne depuis 15 ans à un rythme de 5% par an, alors que les prévisions de Geci voudraient une augmentation de plus de 2% par an ?
    - Comment, toujours d’après Geci, cette flotte en augmentation de plus de 2% pourrait-être vieillissante ? Alors que tout simplement elle disparait ?
    - Pourquoi le peu d’avions de ce type qui reste en service, ne sont pas rentables et sont largement subventionnés par les collectivités locales ?
    - Pourquoi ne s’est-il vendu en 2011 qu’une vingtaine d’avions concurrents alors que le marché de 108 SK105 par an en 2016, soit 30% du marché mondial revendiqué par Geci, équivaudrait à 360 appareils par an soit 18 fois plus qu’actuellement ?
    - Pourquoi seulement 5 avions An-28 (18 Pax) sont encore exploités en Russie par Vostok Airline et pourquoi Aeroflot s’est séparée de tous ses An-28 équivalents du SK105 ?
    - Pourquoi le Skytruck polonais (dérivé et amélioré de l’An-28 en 1993) produit à 36 exemplaires (chiffre de 2006) n’a pas été acheté par les compagnies russes ?
    - Pourquoi sur 191 An-28 construits depuis 1986, il n’en reste que 68 en service dans le monde alors qu’avec des durées de vie d’au moins 30 ans ils devraient en rester 186, 5 avions ayant été détruits dont 3 par la seule Blue Wing Air Line (sur la liste noire). Donc pourquoi 62% de la flotte mondiale de l’An-28 a étrangement disparue en 25 années. La production russe de ce type d’avions a été totalement arrêtée.
    - Pourquoi l’échec plus récent de l’An-38 (27 Pax) issu de l’An-28 et pourtant plus séduisant. 11 avions ont été construits depuis 2000, il en reste 6 en service.
    - Et surtout, pourquoi une société russe, qui n’utilise pas d’avion, irait en acheter un qui n’existe pas encore (mais qu’il faut d’abord certifié en France puis modifier et re-certifier pour la Russie) à une société qui n’a toujours pas l’agrément de conception en France et encore moins en Russie, qui n’en a jamais fabriqué un seul par le passé et qui aura pris d’ici le premier vol 3 années de retard en 5 ans, si tout se passe bien.
    - Ne serait-ce pas vouloir un peu trop vite « vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué » pour l’une de ces deux sociétés et « revendre la peau de l’ours avant de l’avoir achetée » pour l’autre ?
    Il est fort possible que dans la conjoncture électoraliste actuelle et face aux risques que présenterait un échec de cet exemple de « produire en France » à quelque 36 km de Gandrange, nous assistions actuellement à une remise en cause politique de ce programme. L’infâme dénonciation d’un particulier auprès de Bruxelles clamé par JM Masseret n’est peut-être pas si particulière que cela…

  10. ADIC.GECI

    17 mars, 2012 à 15:53

    Bonjour,

    Je tombe sur ce post très intéressant, et les commentaires qui suivent également.

    Comme toujours depuis le démarrage de ce programme Skylander éjecté de Tarbes, Evora et j’en passe, rien n’a été respecté.

    Dérapage des couts et des délais, point mort qui devrait mécaniquement exploser à la hausse, concurrents modernisés qui sont arrivés sur le marché (Twin Otter 400 version 2007 par exemple) avec de meilleures performances en termes de STOL…

    Bref, des contribuables se sont mobilisés pour que cesse la perfusion d’argent public au profit de Geci International qui doit maintenant se tourner vers les marchés privés auxquels elle est censée s’adresser puisque le projet est coté 2 fois en bourse (ALRAI et GECP)

    Il faut arrêter tout ce « flan », le projet est mort-né. On aura déjà perdu beaucoup d’argent sans rien demander. Aux actionnaires de prendre en charge le reste de l’addition.

    Cordialement.

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