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Valoriser et pérenniser le tourisme de mémoire en Lorraine

Après le décès du Britannique Claude Choules, disparu à l’âge de 110 ans le 4 mai dernier à Perth en Australie, il ne reste désormais plus aucun survivant de la guerre de 1914-1918 dans le monde. Les champs de bataille, les forts et les musées constituent maintenant les seuls témoins de cette effroyable tuerie. Autrefois lieux de pèlerinage, ils sont devenus aujourd’hui des sites touristiques dont l’intérêt économique est capital.

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Dans l’enfer de Verdun (Crédits photo : Verdun Tourisme)

Les sites meusiens de la Grande Guerre présentent ainsi des fréquentations qui les placent largement en tête du palmarès des sites militaires lorrains. En 2010, l’Ossuaire de Douaumont (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/12/premiere-renovation-depuis-1932-pour-lossuaire/) a reçu 197 000 visiteurs, le Mémorial de Verdun 105 000 et le fort de Douaumont 99 600. Mais avant d’accueillir les touristes, ces sites furent jusqu’à la fin des années 1950 des lieux de souvenir et de pèlerinage, comme c’est encore par exemple le cas du cimetière militaire américain de Saint-Avold (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/03/18/une-visite-au-sommet-a-saint-avold/) qui accueille 23 600 visiteurs par an, dont une forte proportion d’Américains, ou encore du cimetière mémorial américain de Dinozé, près d’Epinal, où l’on compte 10 000 passages par an.

Les sites de la Seconde Guerre Mondiale sont encore dans le temps de la mémoire, un stade qui s’accompagne de la transmission du message à la nouvelle génération (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/11/19/un-sentier-de-la-deportation-en-projet/ et http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/09/14/bataille-de-la-moselle-un-sentier-de-la-memoire-a-corny/). Néanmoins, la plupart des ouvrages fortifiés de la Ligne Maginot (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/05/le-long-de-la-ligne-maginot-dans-le-nord-lorrain/) sont déjà passés au tourisme militaire, à l’image des forts du Simserhof (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/01/24/le-simserhof-modernise/), dans le Bitcherland, et du Hackenberg (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2008/10/20/le-hackenberg-geant-de-la-ligne-maginot/), à Veckring, fréquentés respectivement en 2010 par 42 000 et 33 000 curieux. Comme aux forts de Vaux et de Douaumont, les visiteurs y viennent avant tout pour découvrir des témoignages de l’architecture militaire et de la stratégie.

Les champs de bataille de la guerre de 1870 sont quant à eux entrés depuis longtemps dans le temps de l’histoire, stade que découvrent maintenant ceux de la Grande Guerre. Pourtant, cela fait 15 ans que Gravelotte attend son musée militaire qui devrait enfin voir le jour (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/07/20/presentation-du-projet-retenu-pour-le-musee-militaire-de-gravelotte/). Des développements touristiques sont en revanche à venir pour d’autres champs de batailles, notamment ceux de la Première Guerre Mondiale au Grand-Couronné, près de Nancy, au Saillant de Saint-Mihiel, mais aussi sur certains escarpements vosgiens.  

A Verdun, chacun est convaincu que le centenaire de la guerre de 1914-1918 se traduira par un afflux de touristes sans précédent. Mais l’enjeu se situe avant tout dans la durée, car il est essentiel pour l’économie locale que le soufflé ne retombe pas après 2018. C’est pourquoi certains sites sont modernisés, comme le Mémorial de Verdun ou les forts de Douaumont et de Vaux. L’objectif est bien entendu de pérenniser l’attrait touristique de ces sites historiques au-delà du centenaire de la Grande Guerre.

C’est pourquoi l’Association des Sites et Paysages de la Grande Guerre, qui réuni 13 départements du Pas-de-Calais jusqu’au Bas-Rhin, a pour ambition d’obtenir le classement au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO des champs de bataille de 1914-1918, des Flandres jusqu’à la Roumanie, voire la Turquie, en passant par l’Isonzo, considéré par les historiens comme le « Verdun italien ».

La Lorraine conserve des positions presque intactes que seuls arpentent pour le moment des initiés. La valorisation intelligente de cet héritage, dans la perspective du centenaire de la Grande Guerre, appelle une politique concertée mais déterminée (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/02/16/ouvrir-verdun-et-la-meuse-au-tourisme/).

17 novembre, 2011 à 20:01


Un commentaire pour “Valoriser et pérenniser le tourisme de mémoire en Lorraine”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    700 000 visiteurs se rendent chaque année en Lorraine pour le tourisme militaire. Ce chiffre pourrait être multiplié par deux ou par trois. Beaucoup reste encore à accomplir pour faire de cette offre touristique une destination internationale.


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