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Et la cloche de Thiaucourt sonna 33 fois

Le village de Thiaucourt-Régniéville (54) a une particularité. La cloche de son église sonne en effet 33 coups chaque soir, vers 22 heures 15. Mais pourquoi 33 ?

Autrefois, la coutume voulait que les cloches retentissent chaque soir pour sonner le « coupe-feu », c’est-à-dire pour rappeler aux habitants qu’il était temps de « couvrir le feu », autrement dit d’éteindre l’âtre et les chandelles, afin d’éviter les incendies. Vers 1730, une jeune femme du village nommée Marie Wuara, fille d’une famille de notables pieuse et respectée, s’égara dans la forêt voisine. Alors même qu’elle se pensait perdue, offerte aux loups et aux brigands, elle entendit sonner le « coupe-feu » de Thiaucourt. Guidée par le son des cloches, elle parvint à retrouver son chemin. En signe de reconnaissance, elle fit don à la commune de la plus grande partie de son domaine des bois de Beney-en-Woëvre, d’une superficie de 480 hectares, mais à condition que chaque soir et jusqu’à la fin des temps, la cloche de l’église sonne pour permettre aux égarés de retrouver leur route. Si bien qu’aujourd’hui encore, même à Pâques, alors que toutes les autres cloches sont parties à Rome, la cloche de Thiaucourt sonne 33 coups, le soir, peu après 22 heures 15.

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Thiaucourt-Régniéville (Crédits photo : André Tignon)

Certains avancent que Marie Wuara avait 33 ans lors de sa mésaventure, d’où les 33 coups. Cette hypothèse est possible mais peu probable, car, compte-tenu de l’espérance de vie de l’époque, la jeune femme ne se serait pas si jeune. Par conséquent, d’autres font appel à la numérologie. A défaut d’être une science exacte, cette discipline, qui tente de trouver une signification aux nombres, s’inspire des théories de Pythagore. En effet, bien que les nombres permettent de compter ou de mesurer, ils permettent aussi d’exprimer des idées. Chacun d’eux est porteur d’un symbolisme qui lui est propre. La numérologie prend en compte les chiffres de 1 à 9. Par exemple, le 1 symbolise souvent un commencement, le 9 une fin ou la mort. Mais la numérologie s’intéresse également aux « maîtres nombres », c’est-à-dire aux 11, 22, 33, etc. Le 11 symbolise la « maîtrise sur le plan matériel », le 22 « sur le plan mental » et le 33 « sur le plan spirituel ». Multiple de 11, dont les deux unités antagonistes se sont élevés à l’harmonie en se développant chacune en un ternaire, éloignant par conséquent le danger de la tentation, le 33 ne revêtirait jamais d’exception défavorable. Il serait en quelque sorte le maître des maîtres nombres. Certains textes mentionnent aussi que le 33 serait le nombre du guide et de la compassion. Enfin, le Christ est, selon les écrits, mort à 33 ans. 

Les 33 coups de cloches de l’église de Thiaucourt ne sont donc pas anodins. Ils recèlent une signification particulière, mystique.

2 novembre, 2011 à 23:30


2 Commentaires pour “Et la cloche de Thiaucourt sonna 33 fois”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’appel de la cloche est connu dans le monde entier. On sonne les cloches pour annoncer un mariage, un enterrement, la fin du travail, l’appel à la prière et aussi pour dire : A table ! On sonnait aussi, à une époque, pour annoncer la folie ou la peste.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    La plus ancienne cloche de Lorraine est installée à la cathédrale de Metz. Elle date de 1398. La plus récente a été mise en place dans la chapelle de Morlange, à Fameck, édifice qui remonte pourtant au XIIème siècle. Elle a été coulée en septembre 2009. Un très bel objet de 280 kg né d’un mélange de feu, de bronze en fusion, de silence et de recueillement. 

    Rappelons qu’au cours de la révolution française et lors des derniers conflits, nombre de cloches ont été fondues pour être transformées en canons. Elles rejoignirent les champs de bataille, non plus pour chanter des Te Deum, mais pour cracher des obus.


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