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Du temps de la sidérurgie

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L’histoire de la sidérurgie est indissociable de celle de la Lorraine. Pendant longtemps, elle a fait vivre la vallée de la Fensch et bien au-delà. Depuis longtemps les usines ferment les unes après les autres. La fameuse « métropole du fer » n’existe plus. D’ailleurs, cela fait belle lurette que la statue a été déboulonnée à Thionville.

U4 Uckange

Le haut-fourneau U4 à Uckange (Crédits photo : Joseph ADAMO pour le Groupe BLE Lorraine)

Les activités s’arrêtent et les hommes perdent leur emploi. Il y a eu Uckange en 1991, puis d’autres, jusqu’à la fermeture définitive de l’aciérie de Gandrange en 2009, laissant 571 personnes sur le carreau. C’était pareil à l’époque même si personne ne voulait croire et voir venir les choses. Cela paraissait tellement impensable. Pourtant, il y avait des signes. Il y avait des fermetures puis des reprises de hauts-fourneaux. Jusqu’au jour où ça n’a pas repris.

De même, le spectre d’un fameux plan industriel qui devait sauver Gandrange hante encore tous les esprits. A ce moment-là, nous étions au plus fort de la crise économique mondiale. Nicolas Sarkozy était venu après ses noces coiffé d’un casque de chantier. Ses promesses ont depuis été enterrées dans le champ des illusions perdues. Certains avaient alors demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la situation de la sidérurgie en France et à l’international. La demande avait été reboutée par l’Assemblée Nationale. Sous l’effet d’un lobby ?

Car le tout puissant industriel Mittal agit en financier plutôt qu’en industriel. Il préfère centraliser la production sur les sites les moins coûteux, plutôt que de répartir les commandes sur les différents sites. Il y a ainsi une véritable contradiction entre la stratégie financière d’ArcelorMittal sur le court terme et la stratégie à long terme pour le Projet ULCOS. D’autres affirment que la société raréfie le produit pour faire augmenter les prix et se sert de Florange pour ajuster et pour fixer la politique de prix. Si bien que les salariés du site lorraine sont devenus de véritables « intermittents de l’industrie ». Autant d’employés qui ne vivent plus, qui tentent juste de survivre alors qu’ArcelorMittal a fait plus de 2,5 milliards de bénéfices nets rien qu’au premier semestre 2011.

Enfin, dans la mesure où une campagne présidentielle se prépare, on imagine mal le gouvernement français refuser l’allocation chômage aux ouvriers concernés par l’arrêt du P6. Cela, Lakshmi Mittal le sait.

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4 Commentaires

  1. bloggerslorrainsengages

    19 novembre, 2011 à 0:41

    Le problème est que les régions françaises ne voient la Lorraine qu’à travers le prisme de la vieille industrie et que les Lorrains la regardent de la même façon. Il faut maintenant cesser de se lamenter sur la fin des mono-industries. La Lorraine est encore industrielle, elle en a la culture. Elle peut s’appuyer sur des savoir-faire reconnus, notamment dans les nouvelles technologies comme l’aéronautique.

  2. bloggerslorrainsengages

    22 janvier, 2012 à 22:32

    Lors du démantèlement de la sidérurgie lorraine, dans les années 1970-1980, une partie importante des actifs est parti en Chine. Aujourd’hui, le peu qu’il reste va partir en Inde pour faire tourner la méga usine Mittal. Imaginez le formidable retour sur investissement : une infrastructure payée à bas coût avec des outils européens déjà amortis pour y fabriquer un acier aux tarifs artificiellement élevés et qui sera, bien entendu, vendu pour partie en Europe. En fait, en pur financier, le clan Mittal cherche comment investir un minimum pour lui rapporter un maximum.

    La nationalisation des équipements productifs constitue une alternative. Le tout est de savoir qui a prêté l’argent à Mittal. Car si on le fait couler, sa dette abyssale ne sera évidemment pas remboursée. Par conséquent, les banques nous feront payer le trou, si toutefois les banques sont européennes. C’est la triple peine, plus d’outils, plus d’emplois et en plus il faut payer.

    Le Droit Local représente une autre alternative, dans la mesure où il permet de récupérer l’ensemble des actifs d’un groupe industriel peu scrupuleux. Cependant, en raison de l’envergure des politiciens lorrains incapables d’imaginer quoi que ce soit, ils sont tout simplement bons à rien et mauvais à tout, cette solution semble compromise. Pourtant, Jean Kiffer, décédé depuis, avait déjà préjugé que toutes les installations sidérurgiques lorraines n’appartenaient pas à ArcelorMittal. Mais à qui ? Le secret est bien gardé.

  3. bloggerslorrainsengages

    22 janvier, 2012 à 22:46

    2 ans après les promesses de Nicolas Sarkozy et 30 ans après celles de François Mitterrand, la Lorraine attend toujours sa reconversion et son renouveau.

    A Gandrange, le péché originel de Sacilor a été le rôle de poubelle sociale que la société a assumé depuis 1969. Cette aciérie bâtie pour fonctionner avec 2 300 personnes en a eu plus de 5 000. Tous les virages technologiques ont été manqués. Toute la vallée, hormis Amnéville-les-Thermes qui a pris une direction différente (tourisme), a été sacrifiée. Il apparaît avec le recul que la Lorraine a été traitée comme une colonie.

  4. bloggerslorrainsengages

    29 janvier, 2012 à 22:32

    La Lorraine symbolise une fois de plus la faillite de la politique industrielle française. La sidérurgie lorraine souffre d’un sous investissement d’environ 30 % depuis les années 1970 par rapport à la moyenne de la sidérurgie européenne. Elle a perdu depuis 2002 plus de 42 000 postes, soit plus de 25 % des emplois industriels locaux. Si la situation d’arrêt des installations des usines à Chaud et de la filière Packaging devait se prolonger au-delà du premier semestre, cela entraînerait la mise en œuvre d’un plan de suppression de fabrications et de milliers d’emplois direct et indirect.

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