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Pour la pérennisation du loup en Lorraine

Le loup est un super-prédateur qui n’en est pas moins une espèce protégée. La préservation de sa présence dans les Vosges devra être conciliée avec celle des intérêts économiques d’une profession qui s’estime en danger.

Pourtant, les Vosges ne font pas partie des grandes régions pastorales. Le secteur de La Bresse, de Cornimont et du Ventron ne compte que cinq éleveurs, pour un cheptel évalué à environ 3 000 têtes. Mais cette activité effectue un travail d’entretien du paysage unanimement apprécié dans le massif, qui pourrait faire défaut si aucune solution n’était trouvée.

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Le loup a toute sa place en Lorraine (Crédits photo : environnement.ecole.free.fr)

Ailleurs, il existe plusieurs moyens de protection, comme l’installation de clôtures électrifiées autour de parcs de regroupements des animaux pour la nuit, l’embauche d’aide-bergers ou encore l’achat de chiens Patou.

Le loup est revenu naturellement en Lorraine. Selon les spécialistes du monde animal, l’espèce a tout pour s’épanouir dans les Vosges. Il y a en effet un potentiel de proies important dans leurs forêts profondes avec de nombreux ongulés et sangliers. Notre massif montagneux peut accueillir une meute de cinq ou six loups. C’est pour cela que le Groupe BLE Lorraine est favorable à l’installation durable du loup dans les Vosges.

C’est une énorme chance pour la biodiversité. C’est paradoxal mais « le meilleur ami » de la proie, c’est son prédateur, car il tue les plus faibles et les plus malades. Les populations sont alors beaucoup plus saines. Cette espèce protégée a un rôle dans les chaînes alimentaires et écologiques.

Son image d’animal sanguinaire est ancrée à tort dans les mentalités. Le loup est au contraire une espèce craintive. Il n’y a aucun problème avec les randonneurs. La principale difficulté dans notre massif est qu’il y a un passif rocambolesque avec l’histoire de la Bête des Vosges. De même, les spécialistes affirment qu’il n’y aura jamais une surpopulation de loups à long terme.

Enfin, avec le loup, nos forêts ont une âme supplémentaire, une touche plus romantique.  

9 septembre, 2011 à 23:48


4 Commentaires pour “Pour la pérennisation du loup en Lorraine”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    33 attaques ont été imputées au loup dans les Vosges. 88 ovins ont été tués. Le préfet a donc dernièrement autorisé les tirs d’effarouchement. Cette mesure vise à effrayer l’animal, afin de l’éloigner des troupeaux.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    Le bilan du retour du loup dans les Vosges est de 45 attaques reconnues et de 133 ovins tués. Le prédateur a chassé au Ventron, à Cornimont, à La Bresse, à Thiéfosse, au Thillot, à Saulxures-sur-Moselotte et plus au Sud à Fresse-sur-Moselle, à une quinzaine de kilomètres de Remiremont. Un vaste périmètre.

    Selon la préfecture des Vosges, il n’y aurait qu’un seul loup dans le massif montagneux lorrain. Pourtant, certains spécialistes en doutent. Dans le Doubs, il n’y a qu’un seul animal qui a occupé 15 000 hectares et prélevé 5,5 moutons par mois chez trois éleveurs, dont un particulièrement touché. Dans les Vosges, la surface est de 55 000 hectares et de 18 moutons prélevés par mois. Par ailleurs, une meute dans les Abruzzes occupe une surface moyenne de 15 à 17 000 hectares, dans les Alpes, c’est 20 à 25 000 hectares. Nous sommes donc en droit de nous poser des questions. D’autant plus que les trois photos qui ont circulé semblent montrer des loups différents.

    Compte tenu de son écosystème, la Lorraine possède une capacité d’accueil de 600 loups. Il y a 900 000 hectares de forêts et les ongulés pullulent. Il y en aurait entre 250 et 300 000. Si on tient compte des tableaux de chasse qui ne sont jamais atteints, il y a un déficit de 15 à 17 % par an, alors qu’un loup prélève entre 25 et 30 bêtes chaque année.

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    Les mythes et les légendes entourent le loup depuis la nuit des temps. Celui-ci n’est pourtant ni un mangeur d’homme, sauf après les grandes batailles quand les cadavres pourrissaient sur place, ni de petits enfants, sauf les bébés de sexe féminin dont on voulait se débarrasser aux temps les plus reculés de l’humanité.

    Aujourd’hui, nous avons affaire à un retour européen du loup. Les populations d’Europe de l’Est poussent vers l’Allemagne et celle d’Italie remontent vers le Jura et les Vosges.

    Durant l’hiver, les loups de nos montagnes se nourrissent de faons et de jeunes chevreuils.

  4. bloggerslorrainsengages écrit:

    La confrontation entre pourfendeurs et défenseurs du loup a bien lieu dans les Vosges depuis la publication de l’arrêté préfectoral autorisant un éleveur de La Bresse à pratiquer des tirs de défense sur certaines de ses parcelles.

    Au niveau européen, le loup est strictement protégé par la Directive habitat et par la Convention de Berne. La France s’est engagée à assurer sa protection intégrale. Les tirs autorisés récemment dans les Vosges et les Cévennes, sous la pression de certains lobbies, ne sont pas acceptables. On impute au loup des massacres parfois commis par des chiens errants. Dans le Mercantour, la plupart des éleveurs considèrent la présence du loup avec sérénité et ne comprennent pas le battage politico-médiatique que cela entraîne. Seule une minorité s’insurge contre le prédateur, mais c’est toujours celle-là qu’on montre. Il faut dire qu’elle est soutenue par de puissantes organisations agricoles qui trouvent là prétexte à fédérer une profession en proie à des difficultés économiques qui ne sont pas dues aux loups. Autrement dit, le loup serait un bouc émissaire pour masquer les causes véritables de la crise que traverse la filière ovine.

    Rappelons que le loup cohabite harmonieusement avec l’homme en Italie, en Espagne et dans bien d’autres pays européens. Dans les Vosges, les mesures de protection ont en partie porté leurs fruits. Il suffirait de les intensifier ou de mieux les cibler pour parvenir à une cohabitation acceptable.


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