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Metz : des mineurs pour préserver les vestiges de l’amphithéâtre

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Deux mineurs sont à l’œuvre au fond d’un boyau de 40 mètres de long et de 1,50 mètre de hauteur. Plié en deux et avec de l’eau jusqu’aux chevilles, l’un d’eux est armé d’un marteau-piqueur et attaque le front de taille. Dans la poussière, quelques blocs de pierre et un peu de terre lourde tombent sur un tapis roulant qui transporte les déblais jusqu’à un wagonnet installé un mètre derrière. Les deux hommes ont chaud malgré le système de ventilation. Ils ne resteront pas plus d’une heure dans l’étroit tunnel et seront bientôt relayés par deux autres mineurs. 

Ce chantier s’effectue à 5 mètres de profondeur, sous l’avenue de l’Amphithéâtre, à hauteur du Centre Pompidou-Metz. Il vise à remplacer un égout ovoïde sous-dimensionné, datant de 1925, par une canalisation plus importante. Les eaux usées du quartier du Sablon et d’une partie de Montigny-lès-Metz passent par cet égout pour rejoindre la station d’épuration Haganis, près du port de Metz. Il s’agit d’un égout unitaire qui collecte également les eaux de pluie. En cas de grosses averses, le trop-plein se déverse dans la Seille. Depuis le début du siècle dernier, l’urbanisation s’est développée et la canalisation est devenue trop petite. 

Pour détruire et remplacer le vieil égout, il faut creuser tout le long de l’avenue de l’Amphithéâtre, depuis le carrefour Louis-le-Débonnaire jusqu’au parking souterrain du centre d’art contemporain, soit 450 mètres. Le chantier doit préserver les vestiges de l’amphithéâtre gallo-romain (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/08/des-vestiges-gallo-romains-sous-les-paves-de-metz/) qui reposent sous le carrefour faisant face au Centre Pompidou. Le sous-sol est à cet endroit également truffé de matériaux liés à la construction de la gare, notamment des traverses de chemin de fer, du béton armé ou encore des gravats, autant de matériaux qui pourraient détériorer des foreuses. C’est pour cela que pour cette portion de 155 mètres de long, il n’y a pas d’autre solution que de creuser le tunnel à la main. Les mineurs avancent à raison de trois mètres par jour. Au fur et à mesure, le vieil égout en pierre de taille maçonné est cassé, un tunnel plus large est creusé et la nouvelle canalisation est poussée à l’intérieur par des vérins. 

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Un commentaire

  1. Crapaudvert57

    23 août, 2011 à 22:49

    Bonjour,

    Un ovoide maçonné de 1925 à relativement faible profondeur : il a sans doute été réalisé depuis la surface, et donc sans préserver quoi que ce soit de l’amphithéatre au dessus et autour de lui.
    Permettez donc une interrogation sur le choix d’une méthode de réalisation aussi couteuse (et « socialement » pas très performante, vous l’indiquez) que le foncage dans des conditions de présence d’eau (de qualité sanitaire douteuse, faut il le préciser ?).
    Une intervention depuis la surface et à l’abri d’un soutenement perdu finement positionné de part et d’autre de l’ovoide existant n’aurait pas été destructeur pour ce qu’il reste de l’amphithéate, pourvu d’adopter une largeur extérieure de l’ouvrage équivalente à la section actuelle.

    Cordialement.

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