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De l’horreur du camp de transit du Ban-Saint-Jean

De 1941 à 1944, le Ban-Saint-Jean, près de Boulay-Moselle et de Creutzwald, a été un camp de transit nazi pour prisonniers soviétiques. Il a été reconnu comme le lieu d’extermination le plus important de France.

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Vue aérienne du camp du Ban-Saint-Jean (Crédits photo : Pan Doktor)

En effet, plus de 23 000 corps y ont été enterrés dans 204 fosses communes. Selon le gouvernement français, il y aurait eu 2 879 victimes exhumées. Les autorités allemandes ont quant à elle avancée le chiffre de 28 000 morts sur les 300 000 prisonniers qui y ont transités. 

Aujourd’hui, on sait que les corps ont été recouverts de chaux et de chlore. Les anciens des villages environnants parlent eux de l’existence d’un four crématoire.  Cela dit, le Ban-Saint-Jean était un camp de transit, non de concentration et d’extermination. Sa gestion a néanmoins suivi les idéaux nazis. Les dirigeants du Troisième Reich faisaient en effet d’une pierre de coups, puisque les prisonniers soviétiques constituaient une main d’œuvre gratuite et surabondante pour leur industrie. Par ailleurs, avec les maladies, la malnutrition et la mort, cela faisait autant de Slaves en moins. 

A noter que cette zone de 115 hectares appartient de nos jours à l’Etat français et fait office de camp militaire. Son accès est interdit. En raison des atrocités qui s’y sont déroulées au cours de la Seconde Guerre Mondiale, le Groupe BLE Lorraine estime qu’elle mériterait d’être aménagée en lieu de mémoire, de recueillement et de souvenir, afin de sensibiliser les nouvelles générations à cette Histoire et de permettre aux experts de poursuivre leurs travaux de recherche sur ces sinistres évènements. Car le lieu est désormais inconnu du grand public, alors qu’il pourrait constituer une étape d’un sentier mémorial sur les horreurs perpétrés par les Nazis en Lorraine, tout comme l’ancienne usine à V2 de Wittring par exemple

3 juillet, 2011 à 22:32


3 Commentaires pour “De l’horreur du camp de transit du Ban-Saint-Jean”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Une stèle a dernièrement été aménagée sur le site du Ban Saint-Jean, à Denting, à l’endroit même où se trouvait l’ancien charnier. Des aménagements paysagers et une plaque commémorative doivent être ajoutés à l’ensemble, afin d’en faire un lieu de recueillement digne de ce nom. Son inauguration est prévue pour juin 2012.

    Cette stèle représente 10 ans de démarches, de tractations et d’interpellations d’officiels entre Boulay-Moselle, Metz, Paris, Strasbourg et l’Ukraine.

    Rappelons que des dizaines de milliers de prisonniers ont transité dans cet ancien camp de sûreté de la Ligne Maginot, transformé par les Allemands en camp de détention pour les prisonniers soviétiques, en majorité ukrainiens, entre l’automne 1941 et la fin 1944, avant d’être orientés vers les mines de fer et de charbon de Lorraine. Les plus chanceux ont pu travailler quelque temps dans les fermes des alentours. Mais sur place, la cruelle absence de nourriture et les épidémies auraient fait plus de 20 000 victimes.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    Aménagée en lisière en forêt, à l’endroit même où se trouvait l’ancien charnier, la stèle commémorative du Ban Saint-Jean a été inaugurée.

    Le camp du Ban Saint-Jean a été construit entre 1934 et 1936. Il a d’abord servi de camp de sûreté pour les soldats français de la Ligne Maginot (voir : http://blewebtv.e-monsite.com/pages/videos/ligne-maginot.html). Il est ensuite devenu un camp d’internement pour prisonniers français, puis soviétiques, majoritairement ukrainiens, entre l’automne 1941 et l’automne 1944. Le Ban Saint-Jean a vu transité près de 300 000 prisonniers. Déjà très éprouvés par un voyage interminable dans des conditions précaires, ils se sont trouvés sans nourriture au camp et exposés aux épidémies.

    En 1978, l’URSS a demandé l’exhumation des corps qui ont été regroupés à la nécropole soviétique de Noyers-Saint-Martin, dans l’Oise. 2 879 corps ont été retrouvés, répartis dans les 204 fosses communes. Mais ce nombre est toujours sujet à polémique. Dans ses articles de 1945, la presse locale est en effet unanime pour évaluer à plus de 20 000 le nombre des victimes jetées dans les fosses communes du camp. Le chiffre fut peu ou prou corroboré par les exhumations qui eurent lieu plusieurs années plus tard, avec pour main-d’œuvre des prisonniers allemands. Certains témoignages recueillis attestent de l’existence d’un four crématoire sur le site. Ce qui pourrait expliquer la différence avec les chiffres officiels.

  3. Fournies.. Alain écrit:

    Tout à été caché comme tout le reste de listoire de France tout faut


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