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Télémédecine en Lorraine

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Préconisé dans le cadre du Plan AVC 2010-2014, le déploiement de la télémédecine, qui permettrait d’offrir les mêmes chances à tous les patients, est déjà mis en œuvre en Lorraine. 

Une première expérience est en effet menée par le service de neurologie du CHU de Nancy avec l’hôpital de Bar-le-Duc. Depuis octobre 2010, 20 téléconsultations ont été réalisées. Elles ont conduit à dix thrombolyses réalisées sur place. La thrombolyse consiste à injecter un produit destiné à dissoudre le caillot bouchant un vaisseau sanguin. Concrètement, le patient pris en charge à Bar-le-Duc est installé dans une salle des urgences équipée d’une webcam. L’examen clinique se déroule en direct, sous les yeux d’un neurologue du CHU de Nancy qui peut orienter cet examen en ayant à sa disposition et en temps réel toutes les données concernant le patient. Il a également accès aux IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) réalisées sur place. C’est d’ailleurs en fonction de cet examen clinique et de l’imagerie que sera donné ou non le feu vert pour une thrombolyse. Une telle décision permet de gagner le temps de transport sur Nancy. 

Malgré cette avancée technologique, le télédiagnostic ne saurait faire oublier l’importance de la formation médicale et paramédicale de l’équipe meusienne. 

A noter enfin que la Lorraine est le territoire où le nombre d’AVC (Accident Vasculaire Cérébral) est le plus élevé. Paradoxalement, notre province se classe en avant-dernière position en termes de démographie médicale dans la discipline. 

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3 Commentaires

  1. bloggerslorrainsengages

    24 juin, 2011 à 23:40

  2. Groupe BLE Lorraine

    2 octobre, 2013 à 22:29

    En Lorraine, l’aventure de la médecine numérique a commencé en 1992 au CHU de Nancy, lorsque le Professeur Picard, neuroradiologue, a relié par des liaisons spécialisées toutes les consoles de l’établissement avec les hôpitaux de Verdun, Neufchâteau, Sarreguemines et Saint-Avold. Ce n’est donc pas un hasard si notre belle province est aujourd’hui pilote en téléradiologie. 5 millions d’euros ont été débloqués depuis 2008 pour mettre en place des téléconsultations.

    Vingt-cinq établissements lorrains utilisent la téléradiologie. 600 actes et 7 000 transferts d’images sont effectués chaque mois. Une centaine de télédiagnostics d’AVC (Accident Vasculaire Cérébral) sont également réalisés. Il faut dire que la télémédecine permet de gagner une heure dans la prise en charge de l’AVC. Ce gain de temps est énorme lorsqu’on sait que les médecins ne disposent que de 4h30 pour optimiser la récupération du patient en phase aiguë. Les hôpitaux de Bar-le-Duc, Verdun et Epinal sont reliés au CHU de Nancy. De nouveaux partenariats dans ce domaine avec les établissements de Neufchâteau et de Saint-Dié-des-Vosges, ainsi qu’avec des hôpitaux de Moselle qui ne disposent pas de neurologues sont en projet. Concrètement, les patients sont conduits dans ces centres de soins de proximité. Le temps de transport vers Nancy est ainsi économisé. Des urgentistes ou des médecins de services cliniques, formés à la télésanté et titulaires d’un Diplôme Universitaire neurovasculaire, les prennent alors en charge. Par écran interposé, un neurologue nancéien livre son diagnostic. Plus tôt le patient est pris en charge, plus il évitera les complications et récupérera. Par conséquent, patient et Assurance-Maladie s’y retrouvent.

    Outre la neurologie et la radiologie, les principales disciplines concernées par la télémédecine sont la dermatologie, les consultations avant anesthésie et la néphrologie. D’autres pourraient suivre à l’image des consultations psychiatriques, cardiologiques et de prévention bucco-dentaire. Une meilleure prise en compte des problèmes d’addiction est également envisageable. Des possibilités restent de même encore à explorer avec les maisons de retraite. En attendant, les besoins sont clairement identifiés en milieu carcéral. Les unités sanitaires des centres pénitentiaires de Nancy-Maxéville et de Metz-Queuleu sont équipées de matériel de téléconsultation. Les consultations avant anesthésie et celles de dermatologie sont désormais devenues courantes. Metz-Queuleu aimerait à présent ouvrir le champ de la cardiologie. La prévention bucco-dentaire est aussi à l’étude. Avant l’arrivée de la télémédecine dans leur établissement, les détenus de Metz-Queuleu devaient être escortés jusqu’à l’hôpital Beauregard à Thionville, où ils patientaient menottes aux poignets. Aujourd’hui, ces mêmes patients restent au centre sanitaire de la prison. Un médecin présente le détenu. Une caméra parcourt son corps à la recherche des lésions et des plaies. Malgré la distance, cela reste assez humain. L’intimité des détenus est respectée. L’administration pénitentiaire y économise également 800 euros par déplacement et par détenu, coût pour une consultation spécialisée. Auparavant, les rendez-vous se limitaient donc au strict minimum et les files d’attente s’allongeaient. Certes, caméras et ordinateurs ne remplaceront jamais une vraie consultation. Les spécialistes ne peuvent pas toucher les lésions, ni voir les reliefs, mais le médecin de la prison peut aider à la description. En cas de doute ou si un geste médical doit être effectué, un déplacement est alors demandé. Mais un premier tri aura été effectué.

  3. Groupe BLE Lorraine

    2 octobre, 2013 à 22:35

    Les réticences envers la télémédecine sont petit à petit tombées au fil des utilisations, notamment en néphrologie avec des consultations à distance via des centres de dialyse de proximité. Une unité d’auto-dialyse a par exemple été ouverte à Bar-le-Duc, avec possibilité de téléconsultations. Les patients évitent ainsi de longs et récurrents déplacements. Certains d’entre eux devaient auparavant se déplacer jusqu’à trois fois par semaine à Nancy. La télémédecine a donc changé leur vie. L’Assurance-Maladie économise également 85 euros à chaque séance.

    Face à un écran, casque et micro en place, l’intimité des patients est préservée. Comme dans une consultation ordinaire, le spécialiste dispose du dossier médical et a toutes les données cliniques sous les yeux. A côté du patient, un médecin ou un personnel soignant est présent. Le spécialiste peut à son tour l’interroger, lui demander de compléter l’examen. L’hôpital de proximité, relié aux spécialistes, n’est ainsi plus seul. Il s’enrichit de ces contacts réguliers. La télémédecine constitue une opportunité de gommer les inégalités d’offre de santé. Treize sites lorrains sont au total concernés par ce processus rodé.

    Il reste cela dit encore des points à éclaircir. Par exemple, qui est responsable du patient, le personnel soignant à côté du malade ou le spécialiste derrière l’ordinateur ? Un nouveau modèle de tarification doit de même être trouvé pour le personnel médical des deux côtés de l’écran. Si à l’heure actuelle, cela ne pose pas trop de problème puisqu’il s’agit essentiellement de prestations interambulatoires en milieu hospitalier, la question doit être rapidement tranchée pour pouvoir étendre plus massivement l’expérience. Or l’Etat français ne donne pas vraiment l’impression d’avoir pris la mesure des enjeux.

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