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215 emplois supprimés à la centrale Emile-Huchet

L’énergéticien E.ON France a dernièrement et malheureusement confirmé la suppression de 535 emplois à partir de 2013 dans ses cinq tranches charbon implantées dans l’hexagone, dont 215 rien qu’à la centrale Emile-Huchet à Saint-Avold, où travaillent encore 347 personnes, avec l’arrêt des groupes 4 et 5. Des raisons économiques et environnementales sont invoquées.

La direction réfute néanmoins la formule brutale de 535 suppressions d’emplois. Elle annonce ainsi qu’elle « tiendra compte des nombreux salariés qui pourront faire valoir leur droit à la retraite, des possibilités de reclassement interne et du transfert de compétence vers les plus jeunes ».

E.ON. se justifie par ailleurs en affirmant que ses 5 tranches, qui ont toutes plus de 40 ans, sont techniquement en fin de vie. A Saint-Avold, la tranche 5 de 330 MW, opérationnelle depuis le début des années 1970, aurait, selon l’énergéticien, de toute façon cessé sa production en 2015 en raison de la règlementation européenne. Sur la centrale lorraine, seul le groupe 6 de 600 MW au charbon avait été mis aux normes par l’ancien propriétaire, à savoir  l’espagnol Endesa. C’est pour cela qu’il est préservé. Le groupe 4, qui fonctionne avec une chaudière LFC (Lit Fluidisé Circulant), brûle avant tout des schlamms issus des anciennes carrières et bassins de décantation des Houillères du Bassin de Lorraine. Mais contrairement au LFC de Gardanne en Provence, il ne sera pas transformé en chaudière biomasse, alors que de nombreux essais ont été effectués pour y brûler des boues de station d’épuration. Si bien qu’en 2013, la centrale Emile-Huchet n’aura plus que trois groupes encore en activité, le 6 de 600 MW au charbon qui pourrait également utiliser un peu de schlamms, et les deux derniers, 7 et 8, à cycle combiné-gaz opérationnels depuis cette année. Rappelons qu’une unité au charbon emploie une centaine de personnes avec la maintenance, alors qu’une tranche au gaz nécessite une quarantaine d’employés.

Ce nouveau coup dur démontre que la plateforme de Carling Saint-Avold n’en finit plus de trinquer. En effet, en quelques années, avec les restructurations chez Total Petrochimicals (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/09/26/une-industrie-qui-fond-comme-neige-au-soleil/), les Cokes de Carling (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/10/16/limmense-gachis-de-la-cokerie-de-carling/) et maintenant la centrale, c’est plus d’un millier d’emplois qui a disparu sur cette zone industrielle historique. 

18 juin, 2011 à 15:51


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