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Pour une réelle politique d’aménagement du territoire en Lorraine

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La Lorraine, vue de Paris, demeure une région grise et monotone jalonnée d’usines désaffectées et de chômeurs de longue durée (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/04/12/lorraine-la-bataille-de-limage/). Mais c’est oublier un peu vite que ce territoire au passé industriel si riche et diversifié peut compter sur plusieurs atouts qui peuvent lui permettre de surnager en cette période économique difficile (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/03/09/economie-la-bataille-de-lorraine-nest-pas-gagnee-davance/).

En effet, sa position géographique privilégiée, bordée de régions dynamiques telles que le Luxembourg et l’Allemagne, sa main d’œuvre industrielle qualifiée et souvent bilingue, ou en tout cas à l’aise avec les langues germaniques, ainsi que son réseau de transports dense constituent autant d’avantages compétitifs.

Mais la Lorraine stagne, en partie à cause de décisions politiques qui tardent à venir. Si la venue du Centre Pompidou-Metz ou encore les grands travaux engagés à Metz et Nancy agissent en trompe-l’œil, la situation économique lorraine demeure instable.

A l’heure où la décentralisation agi depuis 1982 parallèlement à un délitement de la planification économique et des politiques d’aménagement du territoire dirigées depuis Paris, il est navrant de constater qu’aucune structure politique ou administrative ne fait de prospective économique. 

En effet, le mille-feuille administratif et la multiplication des échelons locaux, dispositif nécessaire à une réappropriation des territoires par leurs habitants, a provoqué une dilution des compétences, des aides publiques et des initiatives. En témoignent la baisse de la participation aux élections locales et une certaine méconnaissance des structures politico-administratives locales. Tout ceci est dommageable pour le bon fonctionnement de la démocratie.

De même, les structures publiques créées après la seconde guerre mondiale pour engager de grands travaux dirigés par le gouvernement telles que l’administration du plan ou plus récemment la DATAR (Délégation interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale) ont désormais moins d’emprises financières, politiques et techniques sur les projets régionaux. La libre-administration des collectivités territoriales, maintenant inscrite dans le marbre constitutionnel, a elle aussi ses écueils.

L’échelon local et l’échelon national étant passés en revue, qu’en est-il de l’échelon supranational ?

Premier laboratoire de coopération internationale au milieu des années 1990, la Lorraine a eu l’opportunité de se voir confier l’implantation du premier cluster transnational, dont l’objet fut une ambitieuse coopération politique et économique. Aujourd’hui, le Pôle Européen de Développement (PED) n’est plus qu’une communauté de villes, liées par des intérêts matériels de gestion courantes, c’est-à-dire loin des projets structurants initiaux.   

Espace géographique composite, l’Eurorégion SARLORLUX souffre pour sa part d’un déficit de notoriété démocratique couplé à une véritable absence de poids politiques et de compétences propres.

Alors que beaucoup de collectivités, derrière quoi se cachent des élus, prêchent pour leurs paroisses et veulent « leur » tram, « leur » médiathèque multiculturelle, ou encore « leur » centre sportif, et dépensent un argent public que beaucoup n’ont pas, force est de reconnaître que la prospection territoriale, l’anticipation et le réel soutien à l’économie locale ne paraissent pas des plus performants.

Le calendrier électoral impose ainsi sa loi à l’action publique locale au détriment d’un centralisme administratif et parfois technocratique battu en brèche au nom de l’autonomie des territoires. 

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