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Développer, renforcer et structurer la filière bois en Lorraine

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Depuis plusieurs années, l’activité forestière lorraine connaît une décroissance, du fait de l’ouverture des frontières à la concurrence et d’une mauvaise structuration de la filière.

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Par ailleurs, la politique annuelle de l’Office National des Forêts (ONF) est devenue inadaptée en termes d’exploitation forestière. Si bien qu’une réforme est aujourd’hui nécessaire pour mener à bien des projets d’exploitation industriels sur cinq à dix ans.

La gestion des domaines se heurte également à quelques difficultés. Si la forêt publique domaniale est majoritaire à 60 %, les 40 % restant de parcelles privées sont extrêmement morcelés. 29 % des unités de propriétés sont inférieures à quatre hectares, ce qui les dispense des aménagements obligatoires et les rend difficilement rentables. Les particuliers qui possèdent des forêts considèrent en effet leurs parcelles comme un placement patrimonial à long terme. Cette approche peut pourtant se concilier avec une activité économique. Il faut donc inciter les propriétaires à se regrouper et à confier la gestion de leur domaine forestier à des organismes appropriés.

En outre, la faible dimension des entreprises qui interviennent dans la récolte du bois ne leur permet pas, faute de moyens, de se situer dans un contexte international de concurrence et de réaliser les investissements nécessaires à la fabrication de poutres normalisées répondant à un cahier des charges strict. En effet, 247 scieries couvrent la totalité du territoire lorrain. Par conséquent, il convient de regrouper ces entreprises de sciage, afin qu’elles acquièrent une dimension qui leur permette d’investir et d’accéder aux marchés mondiaux.

De même, les activités de seconde transformation, c’est-à-dire la fabrication de produits finis comme les meubles ou les charpentes, sont quasiment absentes en Lorraine. Or, elles pourraient apporter de la valeur ajoutée.

La prédominance des feuillus en Lorraine dessert également la filière de bois de construction. Le remplacement des feuillus par des résineux lors du renouvellement de la forêt pourrait alors être envisagé. En effet, les conifères sont les essences par excellence du bois d’œuvre.

Enfin, les petites branches appelées « second bois » ne sont pas suffisamment exploitées. Elles pourraient pourtant ouvrir des perspectives nouvelles et servir à faire de la pâte à papier ou des briquettes de bois en vue de la production d’énergie.

En conclusion, il est possible, à l’heure actuelle, d’augmenter de 20 à 30 % l’exploitation du bois en Lorraine sans mettre en péril le renouvellement des parcelles. Les Lorrains n’exploitent pas raisonnablement tout ce que la forêt peut leur apporter. En développant les filières bois d’œuvre, bois d’industrie et les applications chimiques, 4 000 à 5 000 emplois supplémentaires pourraient voir le jour en Lorraine. Notre belle province pourrait ainsi concilier l’intensification de la demande en bois-construction et en bois-énergie avec la préservation de ses ressources. 

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10 Commentaires

  1. bloggerslorrainsengages

    27 avril, 2011 à 22:52

    La forêt occupe environ 900 000 hectares en Lorraine. Avec un taux de boisement de 35,5 %, notre belle province se classe au 5ème rang français en la matière. Mais ce taux recouvre des disparités importantes entre les quatre territoires lorrains. Les Vosges sont ainsi les plus boisées avec 280 000 hectares de forêt de production, soit près de la moitié de la superficie départementale et près du tiers de la surface boisée lorraine. C’est le troisième département le plus boisé de France après les Landes et le Var.

  2. bloggerslorrainsengages

    1 mai, 2011 à 21:36

    Avec 900 000 hectares de forêts, la Lorraine est la seconde province forestière de France en termes de superficie.

  3. bloggerslorrainsengages

    6 mai, 2011 à 21:19

    130 500 propriétaires privés de forêt sont recensés en Lorraine. 29 % d’entre eux disposent de moins de 4 hectares. Avec 69 % des surfaces boisées relevant du régime forestier (26 % en forêts domaniales et 43 % en forêts communales), la forêt publique lorraine est très largement majoritaire. C’est une particularité du Nord-Est, où l’ONF gère 59 % de la forêt, contre 26 % en moyenne en France.

  4. bloggerslorrainsengages

    8 mai, 2011 à 11:33

    19 340 emplois étaient induits par la filière bois en Lorraine en 2008, un chiffre en baisse de 30 % par rapport à 1998.

    Près de 2 300 de ces emplois concernent des exploitants forestiers, bûcherons, débardeurs et exploitants, qui récoltent chaque année 3,2 millions de mètres cube. La première transformation, à savoir les activités de sciage, rabotage, imprégnation de bois et fabrication de panneaux pour l’industrie et la construction, emploie plus de 2 600 salariés.

    C’est dans les activités de seconde transformation, à savoir la fourniture de produits semi-finis, tels que charpentes et menuiseries, emballages en bois, papier et carton et meubles, que se concentre le gros des effectifs avec 14 200 salariés.

    Enfin, 280 intermédiaires du commerce en bois et commerce de gros et produits dérivés fournissent les industriels de la filière.

  5. bloggerslorrainsengages

    13 mai, 2011 à 22:02

    Les forêts lorraines peuvent fournir près de 500 000 tonnes de bois par an.

  6. bloggerslorrainsengages

    23 juin, 2011 à 0:07

    Le hêtre est de loin l’essence la plus commune en Lorraine et couvre 26,4 % de notre territoire. Les essences feuillues dominent largement en Meuse avec un taux de 85 %, et en Moselle avec un taux de 74 %. Elles couvrent 50 % du territoire dans les Vosges.

  7. bloggerslorrainsengages

    20 novembre, 2011 à 23:32

    La Lorraine compte 300 000 petits propriétaires qui se désintéressent, pour la plupart, de la gestion de leurs parcelles. 40 % de la forêt privée est composée d’unités de moins de 4 hectares.

    Par exemple, les Hagis, dans les Vosges, sont d’anciennes terres agricoles plantées en épicéas, il y a 50 ans, et laissées aujourd’hui en friches à hauteur de 76 %.

    De manière générale, les propriétaires privés pensent en termes de rentabilité à court terme en privilégiant des plantations de résineux à courte révolution comme des épicéas ou des pins qui sont mauvais pour les sols et pour la biodiversité. Du bois bon marché plutôt que du bois noble. Faudrait presqu’inventer le concept de développement précaire pour la Lorraine, par opposition au développement durable.

    L’ONF gère quant à lui à plus long terme et utilise des espèces en adéquation avec les stations (sol, étage, …). En effet, l’organisme peut se permettre de planter pour les générations futures. Un chêne sessile est exploité à 120-140 ans. Un hêtre vers 120 ans.

  8. bloggerslorrainsengages

    29 août, 2012 à 14:44

    Malgré la fragilisation des petites entreprises (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t1726-la-fin-de-la-scierie-dhaselbourg), la filière bois reste une composante forte de l’économie lorraine. Avec plus de 22 800 emplois dans 3 700 entreprises, elle rassemble une large panoplie d’activités, de la sylviculture aux industries de transformation comme la papeterie (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/11/19/le-papier-est-roi-en-lorraine/) et l’ameublement (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/04/13/faillite-industrielle-la-plaine-vosgienne-a-l%E2%80%99agonie/). Cette présence historique et vivace résulte bien évidemment de l’importance de la forêt en Lorraine. Avec 841 000 hectares de forêt, principalement dans le massif vosgien, notre belle province atteint en effet un taux de boisement de 36 %, supérieur au taux français de 29 %. De quoi assurer une production annuelle d’environ 2,7 millions de mètres cubes, qui place la Lorraine au second rang territorial derrière l’Aquitaine.

    Au total, la filière bois assure un peu plus de 2,5 % de l’emploi en Lorraine. Avec un intérêt social particulier, puisque 31 % de ses salariés sont des ouvriers non-qualifiés, travaillant pour l’essentiel dans les secteurs de la sylviculture et du sciage du bois. Ces activités d’exploitation forestière sont d’ailleurs constituées de très petites entreprises, voire d’entreprises sans salarié, dont le propriétaire, exploitant agricole, bûcheron ou négociant, travaille seul.

    En revanche, les industries du papier et du carton sont vitales pour leur bassin d’emploi, à l’image des papeteries d’Etival-Clairefontaine (650 salariés), de Delipapier à Frouard (450 salariés) ou d’Ahlstrom-Labelpack à Stenay (200 salariés). A un degré moindre, l’ameublement suit la même tendance puisque six salariés sur dix travaillent dans une entreprise qui emploie plus de 50 personnes.

    La construction en bois représente quant à elle un quart des emplois de la filière. Le secteur bénéficie de l’élan impulsé par les politiques publiques, notamment dans le domaine de la régulation thermique. La Lorraine dispose d’une offre d’entreprises importante. Notre province reste en pointe dans ce domaine avec près de 1 300 logements à structure bois construits chaque année (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t959-salon-habitat-et-bois-a-epinal). Les entreprises lorraines souffrent néanmoins d’un retard technologique qui maintient une forte pénétration des produits et composants bois d’importation sur le marché régional.

    Rappelons enfin que si la forêt peut être source de revenus, elle contribue également, en jouant le rôle de puits de carbone, à une amélioration notable du bilan de CO2 de la Lorraine, avec plus de 8 millions de tonnes absorbées chaque année.

  9. bloggerslorrainsengages

    2 janvier, 2013 à 19:08

    La Lorraine dispose de 840 000 hectares de forêts, soit un taux de boisement de 36 %, bien supérieur à la moyenne française de 29 %. La forêt lorraine représente 5,3 % de la surface forestière française. A lui seul, le département des Vosges concentre 282 000 hectares de forêts, soit 35 % de son territoire et un taux de boisement de 49 %. Il se situe au second rang français en la matière, juste derrière les Landes. Avec un taux de boisement de 29,2 %, la Moselle est le département lorrain le moins boisé.

    La répartition par essence s’opère en fonction des sols. Les feuillus (chênes, hêtres et charmes) dominent les plateaux calcaires, plaines et plateaux argileux tandis que les résineux (sapins, épicéas et pins) occupent la montagne vosgienne.

    Le couvert végétal lorrain se découpe en trois parts inégales : 26 % de forêts domaniales, 42 % de forêts des collectivités et 32 % de forêts privées. Avec deux tiers de forêts publiques l’ONF gère plus de 200 forêts domaniales et près de 2 000 forêts communales (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/13/onf-et-gestion-de-la-foret-en-lorraine/).

    Plus de 98 % de la ressource est destinée à la production de bois d’œuvre, de bois d’industrie et de bois pour l’énergie. La filière bois régionale pèse 27 000 emplois. La Lorraine est notamment le premier producteur français de sciages de feuillus et le second pour les résineux.

  10. bloggerslorrainsengages

    5 juillet, 2013 à 11:30

    On recense 4 070 établissements dans la filière forêt-bois en Lorraine, dont 955 entreprises de travaux forestiers (exploitation des bois et travaux sylvicoles) et 180 scieries. La filière emploie 23 000 salariés. Deux tiers d’entre eux travaillent dans des activités de seconde transformation. On compte par ailleurs près de 2 300 bûcherons, débardeurs et exploitants. Les industries lourdes sont aussi présentes comme les industries de panneaux qui consomment près de 800 000 tonnes de bois prélevés dans les forêts lorraines.

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