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Santé : le Bassin houiller à nouveau menacé

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Aujourd’hui, le Bassin houiller dispose de 980 lits répartis sur six sites de moyenne ou petite taille. A l’heure de la tarification à l’activité, cette organisation, qui creuse les déficits, n’est plus viable. C’est pourquoi, tous les acteurs de terrain planchent sur un nouveau schéma depuis plus de cinq ans. Un objectif a été fixé pour 2015 avec la construction d’un Plateau Technique Unique (PTU), un grand hôpital moderne regroupant plus de 400 lits (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/03/13/pour-la-realisation-du-ptu-du-bassin-houiller/) et tous les services lourds (médecine, chirurgie, obstétrique …). L’Etat français a promis une enveloppe de 80 millions d’euros (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/01/31/818-millions-deuros-pour-le-ptu-du-bassin-houiller/) et un site a été choisi sur le ban de la commune de Betting (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/06/22/amenagement-du-site-du-futur-plateau-unique-hospitalier-de-moselle-est/), près de Freyming-Merlebach. 

Ce projet recueille une quasi-unanimité, surtout au sein de la communauté médicale. Mais Paris, via son bras armé en Lorraine, à savoir la sinistre Agence Régionale de Santé (ARS), déjà au cœur d’une polémique avec la fermeture du service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Bonsecours de Metz (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/22/pole-lorrain-de-chirurgie-cardiovasculaire-et-si-les-des-etaient-pipes/), a fixé une condition : le retour à l’équilibre financier des établissements hospitaliers existants. Or, cette condition est impossible à remplir en si peu de temps. D’autant plus que certaines structures, comme Hospitalor, connaissent des déficits abyssaux allant jusqu’à 20 millions d’euros.   

Pour faire des économies, un plan de réorganisation intermédiaire, qui doit être déployé avant la construction du PTU, a donc été imaginé par les directions des hôpitaux. L’ARS a validé ce projet intermédiaire, mais il s’agit là d’un massacre de l’offre de santé du Bassin houiller. Le chiffre de 400 emplois supprimés a été avancé. Lemire Saint-Avold, par exemple, devrait perdre trois services de médecine spécialisée. Des transferts de services sont proposés en dépit de toute cohérence de l’offre de soins et du service à rendre aux patients. La disparition des établissements Hospitalor à Forbach et de la maternité Hospitalor de Saint-Avold est vécue comme une véritable hérésie qui va créer une fuite encore plus dramatique des patients. 

En raison de toutes ces restructurations intermédiaires, plus personne ne croit vraiment à la réalisation du PTU parmi les personnels de santé. Ces derniers pensent ainsi que la période intermédiaire va servir de prétexte pour amoindrir l’offre de soins et à rayer le Bassin houiller de la carte sanitaire, alors qu’il possède un nombre d’habitants équivalent au secteur proche de Metz.  

L’enjeu est effectivement de taille pour le Bassin houiller. En effet, la population, vieillissante et touchée par un taux de mortalité évitable supérieur à la moyenne, a plus que jamais besoin d’une offre de proximité. Mais le PTU est aussi une affaire d’aménagement du territoire. Rudement ébranlé par les crises successives, le bassin peine à se relever. Depuis la fin de l’exploitation minière, les hôpitaux constituent le plus gros employeur du secteur. S’ils se réduisent comme peau de chagrin, la Moselle-Est devra endurer une nouvelle catastrophe économique, sociale et humaine. 

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2 Commentaires

  1. bloggerslorrainsengages

    18 mars, 2011 à 18:08

    La restructuration de l’offre de soins du le Bassin houiller fait craindre aux 2 500 personnels travaillant dans ce secteur des fermetures de lits et des transferts de services. Pour dire non à cette nouvelle saignée, plus de 700 personnes ont dernièrement manifesté dans les rues de Forbach.

  2. bloggerslorrainsengages

    17 décembre, 2012 à 0:12

    Le Groupe BLE Lorraine demande que le projet de Plateau Technique Unique (PTU) soit relancé par l’Etat français. Il est en effet inadmissible que les 300 000 habitants de Moselle-Est n’en bénéficient pas.

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