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Metz : au chevet de Notre-Dame

L’église Notre-Dame fait depuis quelques temps l’objet d’un vaste programme de restauration. Des façades aux charpentes en passant par les couvertures, la campagne de rénovation s’attache tout particulièrement aux vitraux.

Située rue de la Chèvre en plein cœur de ville, Notre-Dame est la plus ancienne église baroque de Metz. Erigée par les Jésuites à partir de 1665 sur l’emplacement du temple réformé, elle est considérée comme l’église des artistes. Celle aussi de Laurent-Charles Maréchal, artiste messin qui compta parmi les plus importants peintres-verriers de son temps. L’ensemble des 21 verrières de Maréchal constitue un témoignage de l’évolution des techniques dites mécaniques de fabrication du XIXème siècle qui reprennent un savoir-faire du Moyen-âge et le perfectionnent. La campagne de restauration concerne particulièrement ces vitraux. Les travaux devraient s’achever au cours du premier semestre 2013. 

22 février, 2011 à 11:50


Un commentaire pour “Metz : au chevet de Notre-Dame”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Les restaurations réservent souvent des surprises. Une boîte en plomb avait été découverte sur le chantier de restauration de l’église Saint-Martin de Metz. Elle contenait un manuscrit faisant état de donations réalisées pour la campagne de travaux sur le clocher de 1886 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/22/decouverte-dun-coffre-a-metz/).

    Cette fois, les travaux de l’église Notre-Dame, entamés depuis novembre 2010, ont permis de retrouver une caisse en bois contenant d’anciens panneaux de vitraux. Après expertise, il s’agit d’une Annonciation réalisée par Laurent-Charles Maréchal. C’est dans la pièce annexe de la chapelle que la caisse a été découverte par hasard. Les panneaux de verre y étaient entassés les uns sur les autres. En les inventoriant photo par photo grâce à un logiciel, la verrière a pu être complètement recomposée. On y retrouve les fonds damassés si particuliers aux techniques de peinture de ce maître-verrier messin avec ses pièces de fonds d’architecture présentant des doubles jeux de jaune d’argent. Ce très beau jaune est obtenu avec du chlorure d’argent vitrifié qui donne cette jolie teinte après cuisson.

    Cette verrière de 15 mètres carrés du XIXème siècle est très endommagée. 280 pièces sont à refaire. Les parties manquantes vont être restituées de façon illusionniste d’après les techniques employées par le verrier. De loin, on ne verra pas que ce sont des pièces neuves. En raison de la superposition des techniques employées, les pièces de Laurent-Charles Maréchal sont souvent plus fragiles. A cela s’ajoute encore l’humidité, la pollution et la prolifération d’algues microscopiques qui les endommagent. La restauration se fait pièce par pièce au microscope ou à la loupe binoculaire pour enlever les dépôts organiques comme la suie des cierges. Une fois restauré, le vitrail retrouvera sa place d’origine, dans le transept Sud, à la place de la Nativité. Replacé in situ, il sera protégé par une double verrière qui assurera l’étanchéité et le rendra moins perméable aux agressions atmosphériques.

    Après le chevet et le transept Nord, les travaux de rénovation s’attèleront aux trois verrières de la nef Nord début 2014.

    Rappelons que la spécificité de l’église Notre-Dame, seule église jésuite subsistant à Metz, réside dans le fait que tous ses vitraux ont été réalisés par Laurent-Charles Maréchal. Les premiers datent de 1841 dans le chœur, les derniers de 1860 dans la nef. On y retrouve par conséquent un ensemble cohérent de toute la panoplie des techniques de cet artiste.


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