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Fantastic’arts ou la révolution des jonquilles

C’est le réalisateur italien Dario Argento qui préside la 18ème édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer. Un rendez-vous très apprécié des cinéphiles. La programmation très riche de cette année devrait une nouvelle fois attirer entre 30 000 et 40 000 festivaliers dans les salles obscurs de la « Perles des Vosges ».

D’un point de vue cinématographique, depuis son transfert d’Avoriaz à Gérardmer, l’écran fantastique s’est considérablement noirci. Reflet d’une triste époque ou non, le gore croque à pleines dents une programmation où la violence le dispute à l’horreur. L’addiction du jeune public est à ce prix. 

D’un point de vue touristique, l’arrivée des premières stars constitue un véritable rituel qui conduit année après année les fans à faire l’assaut du Grand Hôtel. Pour le maire de la cité, la séance d’autographes donne généralement le départ de l’édition. Le festival représente en effet, avec le lac et les sports d’hiver, l’une des marques de Gérardmer. Les touristes séjournant ici ont souvent connu la Perles des Vosges durant leur jeunesse grâce aux nombreuses colonies de vacances qui y étaient implantées. C’est moins vrai aujourd’hui. C’est pourquoi la ville doit sans cesse renouveler ses moyens pour séduire les jeunes. 

D’un point de vue événementiel, pour qu’un festival vive, il doit être reconnu. Seule la crédibilité de son palmarès peut lui offrir cette pérennité, d’où la nécessité de composer des jurys avec des gens de métier. Cette volonté d’excellence et de qualité s’est par exemple matérialisée avec des films comme Scream, Saw ou Rec qui ont tous été primés. 

D’un point de vue économique et politique, le maire de Gérardmer célèbre cette année le festival « comme la 18ème victoire remportée sur l’adversité », puisque chaque saison constitue un défi financier à relever. Mais la défection de plusieurs sponsors, depuis 2008, a fait douter les organisateurs de ce rendez-vous au parfum si particulier. Ce qui rend l’événement d’autant plus poignant. Car si le budget de 800 000 euros est stable, il n’en reste pas moins à l’étiage depuis plusieurs années. Le président de l’association Fantastic’arts avoue qu’il est désormais impossible de descendre sous ce seuil. Malheureusement, pour d’obscurs conflits d’intérêts et de sombres calculs politiciens, les organisateurs se sont résignés à faire une croix sur le soutien du département des Vosges. Selon le maire de Gérardmer, « on est les moutons noirs de Poncelet ». Alors que l’aide du conseil général aux communes n’a représenté en 2010 pour les Géromois que 0,66 euros par habitant, la moyenne départementale s’établissait à 80 euros. Rappelons pourtant que le festival rapporte à la ville de la notoriété, donc au département et donc à la Lorraine. Ne pas aider financièrement le festival revient à scier comme un bûcheron la branche sur laquelle on est assis. C’est également faire injure à la promotion, ainsi qu’au développement touristique et économique de tout un territoire. 

Après des décennies sous le règne de Mister Poncelet, le bilan vosgien est triste, sombre et implacable : tous les indicateurs socio-économiques, ou presque, sont au rouge : déficit démocratique, essoufflement démographique, pertes et destructions industrielles … Comment voulez-vous qu’un papy de 83 ans soit encore dans le coup ? Le potentiel vosgien est pourtant énorme, rien que pour l’essor des activités touristiques, qui sont non délocalisables, avec le thermalisme et les sports de montagnes. Autant de secteurs sous-développés dans le département. L’avenir des Vosges appartient aux Vosgiens. Il est grand temps qu’ils ouvrent enfin les yeux. Le règne de Poncelet n’a que trop durer. La révolution des jonquilles doit commencer.

30 janvier, 2011 à 0:50


5 Commentaires pour “Fantastic’arts ou la révolution des jonquilles”


  1. messin écrit:

    Sinon a part sa voila le palmares : http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18601272.html

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    Bonjour,

    Merci pour ce lien qui résume bien le Festival et les récompenses attribuées.

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    Un temps menacé par des soucis financiers, le 19ème Festival international du film fantastique de Gérardmer se déroulera finalement du mercredi 25 au dimanche 29 janvier 2012.

    Le jury longs-métrages sera présidé par le dessinateur Enki Bilal, par ailleurs réalisateur de Bunker Palace Hôtel, Tykho Moon et Immortel. Il succède à une longue lignée de célébrités hollywoodiennes dont John Carpenter (1995), John Landis (1999), Norman Jewison (2002), Barry Levinson (2005), Irwin Kershner (2007) ou encore John McTiernan (2010). L’auteur des Phalanges de l’Ordre Noir, La foire aux immortels et La femme piège sera secondé par son collègue dessinateur et cinéaste Joann Sfar, les acteurs Vincent Desagnat, Jalil Lespert, Dominique Pinon et Tomer Sisley, ainsi que les réalisatrices Tonie Marshall et Agnès Merlet.

    Un hommage sera également rendu à l’acteur américain Ron Perlman, qui a accédé à la célébrité avec son rôle de super-héros atypique dans Hellboy, dont un troisième volet est à l’étude. Sa récompense lui sera remise par Jean-Jacques Annaud, qui l’a dirigé dans La guerre du feu, Le nom de la rose et Stalingrad.

    Twixt de Francis Ford Coppola avec Val Kilmer, Bruce Dern, Elle Fanning et Ben Chaplin, dont la sortie est prévue le 11 avril sur les écrans, fera l’ouverture du Festival.

    Enfin, une nouvelle section, baptisée Extrême, garantit d’ores et déjà de jolis frissons aux fidèles de la manifestation.

  4. bloggerslorrainsengages écrit:

    Entre frissons, rêves et mystères, le Festival du Film fantastique de Gérardmer propose pour sa 20ème édition une sélection de 50 films, dont 95 % en avant-première. Le public pourra assister à 110 projections au cours des quatre jours de la manifestation, du 30 janvier au 3 février 2013.

    Fréquenté par plus de 35 000 personnes venant de toute France mais aussi de l’étranger, ce festival attire les mordus du fantastique et de l’étrange. A noter qu’un salon littéraire dédié au fantastique réunissant une quarantaine d’auteurs se déroule parallèlement aux projections.

    Doté d’un budget de 800 000 euros, le festival permet de faire parler de la région. Ses retombées économiques et touristiques ne sont pas négligeables pour les hôteliers et les entreprises de la vallée. D’autant plus que les pistes de ski sont immédiatement accessibles depuis le centre-ville (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/12/15/tourisme-et-neige-les-vosges-seduisent-toujours/).

  5. bloggerslorrainsengages écrit:

    Au moins 50 % de la programmation sort en salle, soit 6 longs métrages sur les 9 de la sélection officielle. Gérardmer pèse un vrai poids au niveau des distributeurs. Le festival doit néanmoins composer avec les évolutions d’un secteur en pleine diversification et où la diffusion en salle ne constitue plus l’unique débouché. C’est en tout cas ce que confirme le public plutôt fervent des nouvelles technologies. Le participant type est en effet un homme de 34 ans.


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