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Le sol fouillé à Chaillon

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Un important chantier de fouilles est actuellement mené à Chaillon, dans le centre de la Meuse. Ce dernier a permis de mettre au jour un site médiéval d’un type rare en Lorraine. 

Le site se trouve à peine à 500 mètres de la nécropole gauloise révélée lors du chantier du TGV-Est, non loin de Vigneulles-les-Hattonchâtel. Il faut dire que la trouée dans les côtes de Meuse constituait à l’époque l’unique point de passage pour rejoindre la vallée de la Moselle. Cette topographie particulière explique par conséquent la nature du quartier médiéval exhumé depuis le mois d’août. Ponctué d’empierrements et de tranchées, le terrain de 3 000 mètres carrés présente les traces d’un site très ancien constitué de plusieurs habitations. La grande quantité de fragments de céramiques retrouvés atteste de la vocation de stockage et de commerce du lieu. Au moins trois bâtiments construits entre le XIIIème et le XVème siècle surplombent le village actuel et localisent l’implantation médiévale de la population. 

La lise au jour du squelette d’une vielle femme constitue l’une des nombreuses énigmes à résoudre, dans la mesure où sa présence est largement postérieure à la création du site. A cette époque plus récente, les corps étaient inhumés dans les cimetières communaux. Pourquoi celui-ci a-t-il donc été enterré à l’écart ? Etait-ce une sorcière ou s’agit-il d’un meurtre ? Rien de permet pour le moment d’élucider ce mystère. 

La découverte encore plus surprenante de sépultures de chevaux de la guerre 1914-1918 constitue un témoignage saisissant de la violence des combats. Des soldats allemands étaient positionnés à Chaillon au début de la guerre. Un hôpital militaire se trouvait même dans le village. Le site, comme le reste de la ligne de front, fut le théâtre de fréquents échanges avec l’artillerie française. Formellement identifiés grâce à leurs fers à crampons caractéristiques de la Première Guerre Mondiale, les chevaux ont été enterrés dans des fosses après avoir été probablement tués par des obus. L’un d’eux, décapité, comporte en outre plusieurs traces de découpes volontaires, peut-être pour faciliter son ensevelissement ou pour récupérer la peau pour en faire du cuir… 

Le chantier devrait prochainement laissé la place à la construction d’un lotissement. 

(Source : presse régionale) 

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