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Feu vert pour Fare !

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Nous connaissons enfin l’épilogue du projet Grand Fare. La commune de Farébersviller aura ainsi la zone commerciale qu’elle réclame depuis deux ans, avec à la clé 725 emplois directs. 

Refusé l’an dernier par la Commission Nationale d’Aménagement Commerciale (CNAC), le projet de zone commerciale a cette fois obtenu son aval. Un nouvel espace comprenant une soixantaine d’enseignes devrait donc voir le jour en Moselle-Est. Le début des travaux est programmé pour 2012. 

Par rapport au projet initial, le futur pôle commercial a fondu de 7 000 mètres carrés, passant ainsi de 36 000 à 29 000 mètres carrés. Son nom également, puisqu’il a été raccourci à son plus simple élément : « Fare ». La zone de trente hectares s’articulera autour d’un hypermarché Carrefour de 8 000 mètres carrés. On y trouvera une galerie commerçante accueillant quatorze moyennes surfaces, quarante-huit boutiques, sept restaurants, 500 mètres carrés d’espaces de services, une garderie, ainsi que des activités de loisirs en partenariat avec Walygator. L’ensemble a également été repeint en vert. Les bâtiments seront à la pointe du développement durable et devraient permettre de réaliser des économies d’énergie de l’ordre de 50 % par rapport à un équipement classique. Par ailleurs, 55 % de l’emprise foncière, soit dix-huit hectares, seront consacrés à des espaces verts avec des îlots de végétation, près de 1 100 arbres et des jardins potagers. 

La concrétisation de ce projet constitue une énorme bouffée d’oxygène pour la ville de Farébersviller, dont le taux de chômage frise les 30 %. L’ensemble devrait également permettre d’endiguer la fuite des consommateurs vers Sarrebruck. 

Le Groupe BLE Lorraine, qui a dès le départ soutenu ce projet, ne peut que se réjouir de cette issue favorable.

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17 Commentaires

  1. Anthony Koenig

    10 octobre, 2010 à 0:19

    Poursuite de la destruction des paysages de Lorraine. Déclin intellectuel et économique confirmé par ce type de projet contraire à l’urbanisme comme au développement durable. On ne risque pas de restructurer un territoire avec comme modèle de développement la consommation d’espaces sans réflexion comme dans les années 1960-70, on en est encore aux zonages… Quelle tristesse, quelle absence de réflexion profonde sur le modèle de développement global qui alimente ces non sens de l’aménagement.

    Alors allons-y, lotissements hideux sans fin avec des boîtes à chaussures pour habiter et des boîtes en fer sur zones pour consommer, seul plaisir sacralisé dirait-on. Entre ces magasins et ces logements on pourra aussi prendre son 4X4 pour que tout soit parfait avant de passer une soirée dans un multiplexe… Culture où es-tu?

    La modernité oui mais la vraie, celle du respect de l’environnement et de l’humain. On ne peut pas continuer à aller dans le mur au nom de l’emploi avec des chiffres dont personnes n’est réellement capable d’évaluer les destructions d’emplois non asservis pas un grand groupe de distribution. D’ailleurs personne ne fait jamais le point au bout de 5 ans… Saluons aussi les futures locaux vides supplémentaires dans les centres-ville. Enfin il y aurait tant à dire sur ce type de projet qui semble partir d’un bon sentiment mais qui est la caricature de ce qu’il ne faut plus faire, en Lorraine comme ailleurs.

    Tout ceci est triste, profondément triste. Mais bon, il faut continuer à sensibiliser pour tenter de changer des mentalités d’un autre âge, celui qui nous a mené à un contre-modèle de développement humain et urbain.
    La route est encore longue!

  2. bloggerslorrainsengages

    11 octobre, 2010 à 13:49

    Peut-être devriez-vous aller parler de ces “chiffres” au 30 % de chômeurs de Farébersviller ? Non ? La vérité est que la situation économique et sociale de la Lorraine est pire que jamais.

  3. Anthony Koenig

    11 octobre, 2010 à 23:09

    La situation économique de la Lorraine n’est pas la meilleure qui soit mais plusieurs choses sont à préciser.
    Tout n’est pas négatif dans la région et se lamenter n’amène pas de projet et surtout ne justifie pas d’en faire de mauvais parce qu’il faut en faire.
    Ensuite chacun sait la situation socio-économique de Farébersviller et là n’est pas la question de mon propos. Bien sûr qu’il faut créer de l’emploi de manière importante (encore que cela ne dit pas la nature des emplois ni que cela ne puisse suffire car les problèmes de cette commune sont plus larges) à Farébersviller mais il faut le faire de manière intelligente et large.
    Les grandes et moyennes surfaces défigurent nos villes et détruisent nos centres-ville, notre cadre de vie, notre environnement, notre vie sociale… depuis autant de temps que la crise est arrivée (années 1970) et malheureusement, même le sacrifice d’un développement harmonieux au nom de l’emploi n’a pas permis de compenser ces emplois.

    Sur le principe le raisonnement de l’emploi comme seul argument n’a donc pas de sens car il faut créer d’autres types d’emplois. Non seulement ceux annoncés ne sont pas forcément ceux qui sont à privilégier à long terme mais surtout leur localisation comme leur structuration posent des problèmes urbains majeurs que ce billet ne suffirait à détailler mais consommation de l’espace, tout automobile (le coup des lignes de bus est un peu faible pour ne pas dire plus) ou défiguration du paysage et destructions des centres-villes sont de lourds tribus à payer. Farébersviller est un exemple en soi mais ce n’est pas lui en particulier que je vise. Je pense qu’il faut arrêter avec ce développement sans aucun sens en termes d’aménagement du territoire.

    On peut aussi se poser la question de la place de la culture et de la vie sociale dans nos sociétés quand on voit la sacralisation d’un centre commercial aux yeux de tous. Mais essaye-t-on de se grandir et d’élever l’ensemble de la population vers d’autres modèles de développement économique et sociétal ? Oui, ce projet est prétexte à repenser notre modèle car Actisud, Linkling ou Nancy Sud sont autant de problèmes pour nos agglomérations. Et pourtant d’autres solutions existent.

    Je lance donc plutôt un appel à l’innovation plutôt qu’à la reproduction dans l’urgence d’un modèle connu dont on connait les méfaits mais dont on sait qu’à court terme il apportera de l’emploi. On peut toujours continuer de faire des zones commerciales au nom de l’emploi il faut accepter que ce modèle est en tout point de vue un nom sens et que de le condamner n’est pas une condamnation des habitants au chômage mais une ouverture vers d’autres emplois. Encore faut-il s’en donner les moyens et pour cela prendre conscience du problème, l’accepter et oser le surmonter.

    Merci de m’avoir laisser exprimer mon opinion qui n’est peut-être pas encore majoritaire mais qui a peut-être la possibilité de faire évoluer les mentalités à l’instar de ceux qui ont combattu pour sauver les centres historiques dans les années 1960-70…

  4. Emmanuel

    13 octobre, 2010 à 9:40

    Je rejoins totalement l’opinion d’Anthony. Je pense qu’implanter un centre commercial dans un territoire sinistré ne résoudra aucunement son problème d’emploi. Une réflexion intéressante aurait du porté sur l’implantation d’industries, par exemple avec la création d’une filière éolienne ou gestion des réseaux électriques.

    Dans la configuration actuelle, les 750 emplois créés, bien que salutaires ne permettront de réduire les taux de chômage de Far que d’une épaisseur de trait … Un bien faible impact pour un tel prix écologique, environnemental et patrimonial.

  5. messin

    13 octobre, 2010 à 10:02

    Anthony merci beaucoup pour ses précisions très pertinente,et vrai quand ont fouille un peu sur le sujet et effectivement « c’est deja sa de pris mais a quel prix ? ! » ;)

    Bonne journée

  6. bloggerslorrainsengages

    13 octobre, 2010 à 11:52

    Merci pour vos commentaires et vos remarques pertinentes. Cela dit, ce ne sont pas des parcs éoliens qui vont endiguer la fuite des consommateurs, et donc de richesses, vers Sarrebruck. Qui plus est, cette énergie ne peut peut-être qu’une énergie d’appoint qui doit être couplée la plupart du temps avec des centrales électriques. Par ailleurs, que penser de l’impact esthétique et environnemental de ces nouveaux moulins a vent ? Notamment sur les crêtes des Vosges ? D’autres voies de développement durable méritent davantage notre attention, comme la biomasse ou la géothermie.

    De même, pour revenir à grand Fare, le nouveau projet intègre pas mal de notions environnementales, c’est l à une des satisfactions de l’opposition des commerçants qui a permis d’améliorer la qualité architecturale de l’ensemble. Cependant, que l’on veuille ou non, nous sommes dans une économie de marché dans laquelle la concurrence doit être prise en compte. Par conséquent, si les commerces de centre-ville sont de qualité, ils survivront car ils attireront toujours des consommateurs, sinon, ils devront s’adapter ou disparaitre selon la loi du marché.

  7. Emmanuel

    14 octobre, 2010 à 12:51

    Je n’évoquais pas la création un parc d’éolienne mais celui d’une usine de production, ensuite rappelons que c’est « grâce » aux grandes surface qu’on prive les petits producteurs agricoles locaux de débouchés contribuant ainsi à aseptisé nos campagnes avec les impacts que l’on imagine sur les paysages, l’économie locale et la vie rurale.

    Autre élément de contestation, à moins de 10 km de Far nous pourrons trouver les zones commerciales de Saint-Avold, Forbach et Freyming, alors que Sarrebrück est à une vingtaine de km. Où est donc la concurrence si les commerces existants ne rivalisent pas en terme de prix avec le Sarrland ?

    Enfin, la création du Fare amènera nécessairement la disparition des derniers commerçants du centre ville de Far qui amènera inéluctablement la municipalité à soliciter de nouvelles aides à la reconversion du C-V dans les années à venir … Et ce n’est que le début d’une nouvelle spirale de subvention pour cette commune qui a subi sans doute plus que les autres l’absence de préparation de la fin de la mine.

    Que dire alors de la fin prévu du pôle chimique de Carling qui lui aussi disparaîtra prochainement et pour lequel on peut constaté la même légèreté dans la reconversion territoriale …

  8. Emmanuel

    14 octobre, 2010 à 12:58

    Dernière chose : Quelle est la cohérence d’une politique de sauvegarde de l’emploi par l’implantation à outrance de centres commerciaux ?
    Rappelons que la population lorraine et spécifiquement de Moselle Est ne dispose plus des revenus de leur travail, mais de de façon de plus en plus importante de la solidarité nationale par l’aide sociale …

    Il me semble que le problème est vraiment pris à l’envers …
    Revitalisons les communes rurales et développons une vraie politique de réindustrialisation !

  9. Anthony Koenig

    20 octobre, 2010 à 8:55

    Complètement d’accord, ce projet n’intègre aucune réflexion à long terme.

    Et si l’on veut vraiment appliquer la loi du marché (ce qui n’a pas tout son sens en aménagement naturellement) et bien il faudrait déclarer ces territoires sinistrés puisque plus compétitifs. Alors on ne fait plus rien, on laisse faire?! Et bien la préservation du commerce de centre-ville c’est la même démarche.

    Côté écologie le bâtiment peut même être passif il reste un consommateur outrancier d’espace (tout sur un niveau… et le reste!) et les clients viendront majoritairement en voiture. C’est comme ces maisons écologiques où les gens viennent et reviennent en voiture, entre courses, écoles, travail… ça n’a pas d’intérêt ou si peu.

    La réflexion urbaine doit intégrer ces dimensions et bien avant la mode durable on avait compris que ces hypers étaient un non sens. Enfin apparemment tout le monde ne comprend pas alors on persiste et signe dans la précipitation et l’absence d’ambitions réelles.
    Si le centre-ville de Sarrebrück est si attractif c’est peut-être parce que la ville concentre moins de vastes zones périphériques au regard de sa taille alors que du côté français ces zones sont surdimensionnées et les centres-ville meurent.

    Une véritable analyse prospective s’impose et les retours d’expériences existent.

  10. bloggerslorrainsengages

    28 octobre, 2010 à 23:42

    OK, prenons un cas concret :

    disons que vous êtes maire d’une petite/moyenne ville de Moselle-Est, bassin déclinant depuis la fin de l’aventure du charbon, de la sidérurgie et des mines … autant de tragédies socio-économiques qui ont laissé un tas de gens sur la carreau

    Votre commune, bien que cherchant à créer une zone artisanale, n’a que de faibles perspectives de croissance et de développement, tant sur le plan démographique qu’économique. Rappelons aussi que le taux de chômage parmi vos administrés frôle les 30 %. La misère sociale gagne chaque jour du terrain. Votre ville est également coincée entre deux autres communes plus importantes, l’une à l’Ouest, l’autre à l’Est, et que nombres de vos concitoyens vont faire leurs courses soit dans l’une de ces deux villes, soit de l’autre côté de la frontière, en Allemagne, peut-être aussi selon la nature des biens recherchés.

    Un beau jour, un promoteur, intéressé par votre projet de zone commerciale et artisanale, vous soumet une proposition de centre commercial qui devrait générer plusieurs centaines d’emplois. Il ne demande pas vraiment de contrepartie, juste l’autorisation de s’implanter sur votre ban communal. Vous pensez alors que la roue a peut-être commencée à tourner, que vous allez enfin apporter des emplois à des familles, des voisins, peut-être même des amis habitués au chômage de longue durée. Que cela va apporter au moins un temps un peu de bonheur et de richesses à la ville.

    Quelle décision prenez-vous ? Seriez-vous prêt à dire à votre interlocuteur puis d’expliquer à vos administrés qui crient famine, « ben non, écoutez c’est bien beau tout cela, mais non, je ne partage pas votre vision de l’aménagement du territoire. Allez donc construire votre centre un peu plus loin, en Allemagne… »

    Vous venez d’envoyer un message fort et des signaux au marché et aux investisseurs qui se disent maintenant au cours des salons et des foires commerciales : « ben tu vois, en Moselle, ils ne sont pas trop chauds et sont plutôt réfractaires à tous projets et à tout changement, c’est dommage car je comptais bien m’y installer pour développer mon activité … »

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