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2012 : année Jean Prouvé à Nancy

La cité ducale a dernièrement installé un comité scientifique Jean Prouvé. Ce dernier devra concrètement plancher sur des événements qui feront de l’année 2012 à Nancy une année Prouvé, après une année Renaissance (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/08/renaissance-2012-rayonnera-sur-toute-la-lorraine/). Un programme résolument chargé qui sera marqué par la création d’une galerie Jean Prouvé au Musée des Beaux-arts. Dans la mesure où la structure fermera ses portes en 2011 quelques temps pour des travaux de remises aux normes, les conservateurs en profiteront pour repenser les accrochages et la scénographie du musée. Si bien que Jean Prouvé y sera mis à l’honneur sur 300 mètres carrés d’exposition à l’entrée. Dans cette optique, la ville a déjà fait quelques acquisitions et travaille également avec le Centre Pompidou de Paris qui possède le plus grand fonds public des œuvres de l’artiste et le Vitra Museum de Bâle. Nancy dispose cela dit déjà d’un fonds de 40 000 documents déposés aux archives départementales. 

Fils de Victor, figure emblématique de l’Ecole de Nancy, Jean Prouvé (1901 – 1984) était un architecte et designer. Il était résolument avant-gardiste et avait une ingéniosité qui épatait ses semblables. C’est la raison pour laquelle il a été très tôt sollicité par des architectes comme le Corbusier, dont il avait la confiance. On lui doit notamment l’école de Vantoux, près de Metz, qui a gardé son mobilier d’origine, ou encore la station-service aujourd’hui délabrée d’Ars-sur-Moselle. Son coup de génie fut de proposer à la fin de la guerre des maisons de sinistrés, que les galeristes et les amateurs fortunés s’arrachent de nos jours. Jean Prouvé en a produit environ 300. Malheureusement, aucune n’est protégée en Lorraine (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/10/la-lorraine-perd-la-maison-prouve/). Modulables, confortables, celles-ci étaient adaptables à toutes les situations. Mais le designer n’a de son vivant pas vraiment rencontré son public, car il était trop en avance sur son temps. 

A noter enfin que, comme pour l’année de l’Ecole de Nancy en 1999, un parcours autour de Prouvé sera réalisé dans la ville et son agglomération. Celui-ci devrait emmener les curieux sur les traces de l’architecte dans une quinzaine d’endroits visitables : de sa maison, située sur les hauteurs du quartier de Boudonville, à son atelier, en passant par l’escalier « paquebot » du Flo-Excelsior et le Musée de l’histoire du fer à Jarville-la-Malgrange.

9 octobre, 2010 à 19:53


4 Commentaires pour “2012 : année Jean Prouvé à Nancy”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Pour 2012, Nancy a décidé de consacrer à Prouvé un formidable écrin de reconnaissance. Au total, quatre expositions lui seront dédiées dans la cité ducale. Elles retraceront le parcours éclectique et international du designer architecte autodidacte.

    Le Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) et le lycée Fabert de Metz apportent également leur contribution à la constitution de la collection lorraine en donnant du mobilier au Musée des Beaux-arts de Nancy. L’établissement messin a ainsi fait don de quinze chaises conçues et fabriquées en 1934. Autant de pièces rares qui seront, après restauration, exposées avec d’autres dans une galerie de 300 mètres carrés.

    A l’heure actuelle, le musée nancéien a récupéré près de 60 donations. La collecte est loin d’être achevée.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    Nancy organise avec éclat l’année Jean Prouvé. Pour cela, cinq expositions définissent le parcours consacré à l’artiste dans l’agglomération.

    Le côté ferronnier d’art est abordé au Musée de l’Ecole de Nancy et au Musée du fer de Jarville. Le Musée des Beaux-arts de Nancy, Place Stanislas, qui s’est offert un lifting (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/10/05/reamenagement-du-musee-des-beaux-arts-de-nancy/), présente désormais un espace permanent sur Jean Prouvé. L’œuvre et le design de celui-ci peuvent également être admirés aux Galeries Poirel, avec la fabuleuse collection d’Alexander Von Vegesak, où Jean Prouvé a toute sa place parmi entre Charles et Ray Eames et Alvar Aalto. Le Musée Lorrain aborde quant à lui la figure de l’humaniste et celle de l’homme engagé.

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’année Jean Prouvé est pour le moment un véritable succès à Nancy et dans son agglomération. Six lieux d’exposition, dont un parcours urbain de 12 stations, sont consacrés au designer et fils de Victor, autre artiste célèbre de l’Ecole de Nancy. Cinq musées montrent des facettes différentes de ce constructeur autodidacte, ferronnier de formation. 32 000 personnes ont visité les expositions depuis fin juin.

    Le Musée des Beaux-arts enregistre une augmentation de fréquentation de 140 %. Il faut dire qu’il vient de rouvrir après 9 mois de travaux et une muséographie totalement renouvelée (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/10/05/reamenagement-du-musee-des-beaux-arts-de-nancy/). La fréquentation des quatre autres musées progresse de 70 %.

    Les visiteurs viennent de très loin pour admirer la manifestation lorraine. Nancy possède en effet le plus grand fond public de créations de cet artiste fécond.

    La fin des expositions est programmée pour le 28 octobre 2012. L’Office de Tourisme de la cité ducale a mis au point une carte et un pass musées pour des visites en toute liberté.

  4. bloggerslorrainsengages écrit:

    Homme politique, résistant, humaniste, industriel, chef d’entreprise, constructeur, artiste, Jean Prouvé a eu de multiples visages. C’était aussi un homme pragmatique. Ses réalisations devaient être utiles, efficaces et solides. Il ne fallait ainsi que trois hommes et une journée pour mettre sur pied sa « maison des sinistrés ». Celle-ci a permis d’abriter 10 000 personnes à Saint-Dié-des-Vosges au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. En 1956, il mena un projet avec l’Abbé Pierre. Un prototype de sa « maison des jours meilleurs » fut construit sur les quais de la Seine. Jean Prouvé pensait que les maisons avaient une durée limitée. Victimes du temps qui passe, elles étaient amenées à disparaître. Quand il commença à réfléchir à sa maison coloniale, la même idée gouverna sa réflexion. Comme pour sa maison des sinistrés, il imagina une maison transportable, à monter sur place. Elle était destinée aux colonies. Il la dota par conséquent d’un système de climatisation naturelle.


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