Centre de ressources numériques sur la Lorraine

Quel avenir pour MNL ?

Qui veut de l’aéroport Metz-Nancy-Lorraine (MNL) ? Pas grand monde apparemment. Il faut dire que MNL et son déficit de 700 000 euros réalisé en 2009 ne font pas franchement rêver (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/08/01/les-bons-et-les-mauvais-resultats-de-laeroport-mnl/). Mais la question est loin d’être saugrenue et mérite amplement d’être posée car au 1 er novembre 2011, la gestion de cette structure sera vacante après l’arrêt du Groupement Interconsulaire de Gestion de l’Aéroport de Lorraine (Gigal). La plateforme pourrait donc revenir au groupe canadien SNC-Lavalin, le seul et unique à avoir fait part d’un quelconque intérêt, sous la forme d’une délégation de service public d’une durée de douze ans. Metz-Nancy-Lorraine pourrait devenir le 9ème aéroport à tomber dans l’escarcelle de cette entreprise aux reins solides après Malte, Tours-Val de Loire, Rouen-Vallée de Seine, Paris-Vatry, Tarbes-Lourdes-Pyrénées, Cherbourg, ainsi que les aérodromes de Vannes et de Chalon-sur-Saône qui desservent l’aviation d’affaires, de loisir et de tourisme. 

Rappelons que SNC-Lavalin est l’un des plus grands groupes mondiaux d’ingénierie et de construction. Fondé en 1911, il est actif sur la scène internationale depuis 40 ans. Il travaille actuellement dans une centaine de pays et possède des bureaux dans 36 d’entre eux. Depuis le début des années 1970, SNC-Lavalin a participé à un grand nombre de projets aéroportuaires, comme l’aménagement et la planification des aéroports de Vancouver, de Fort McMurray et de Montréal au Canada, de Chicago aux États-Unis, ou encore de Madrid, en Espagne. Des chantiers qui confèrent aujourd’hui à SNC-Lavalin un statut de chef de file du marché international du développement et du réaménagement aéroportuaires. 

En attendant un éventuel repreneur, qui ne va certainement pas tomber du ciel tout seul, le plan de vol édicté par la Région Lorraine laisse perplexe certains observateurs, puisqu’il ne prévoit pas uniquement de gérer l’aéroport, mais aussi la ZAC aéroportuaire qui pourrait voir le jour tout autour. Le nouveau concessionnaire devra tirer ses revenus de l’activité aéroportuaire et de la valorisation économique de la ZAC. Il aura par ailleurs la responsabilité principale du financement et de la mise en œuvre des investissements nécessaires. Les responsables misent sur une diversification des activités de l’aéroport et de la ZAC aéroportuaire. Cela pourrait passer en particulier par le développement du transport multimodal air-fer-route et des activités de logistique, dans l’optique de valoriser le potentiel foncier du site. Un tel pôle logistique multimodal lorrain s’appuierait donc sur l’aéroport et la gare TGV de Louvigny, qui serait reconvertie en gare de fret express (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/vandieres-louvigny/). C’est pourquoi la Lorraine a décidé d’adhérer à l’association Euro Carex qui porte le développement du fret ferroviaire à grande vitesse en Europe. L’ouverture d’une liaison Carex entre Paris et Strasbourg à un horizon 2015 serait selon certains « compatible avec la mise en service de la gare d’interconnexion TER-TGV de Vandières et la reconversion technique de la gare de Louvigny ». Le plan prévoit aussi de renforcer le développement commercial afin d’être plus attractif aux yeux des compagnies aériennes, de proposer plus de destinations aux Lorrains et de parvenir à séduire davantage de nos compatriotes qui partent aujourd’hui d’aéroports voisins. 

Cette décision apparaît comme un tournant dans la gestion d’un aéroport qui traverse de nombreuses zones de turbulences depuis l’arrivée du TGV Est et la crise économique actuelle (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/04/11/metz-nancy-lorraine-en-danger/). Sa fréquentation a en effet chuté entre 2005 et 2009 de 90 000 voyageurs, pour désormais s’établir à 263 000 passagers commerciaux (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/01/29/mnl-ne-decolle-toujours-pas/). Le fret est au point mort depuis que DHL a replié ses ailes en 2004. L’implantation d’une compagnie low-cost à destination de l’Italie a viré au flop au bout de quelques mois en 2007. La concurrence des aéroports voisins de Luxembourg, Sarrebruck, Zweibrucken, Francfort-Hahn, Reims-Vatry, Bâle-Mulhouse et Strasbourg se fait de même de plus en plus rude. Pendant ce temps, MNL souffre d’un manque d’ambition et donne l’impression de sombrer dans une léthargie inquiétante (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/05/29/redonner-des-ailes-a-mnl/). 

Afin de sortir l’aéroport de sa situation misérable et de pouvoir enfin exploiter tout son potentiel au sein d’un espace densément peuplé et articulé en plein cœur de la Grande Région, il convient maintenant de créer des synergies entre l’aéroport, la ligne ferroviaire à grande vitesse et l’A31. Voilà une stratégie de développement économique claire. 

14 juillet, 2010 à 23:18


Laisser un commentaire