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La Lorraine, terre d’aventures et d’aéronautique

De Pilâtre de Rozier, premier homme à avoir réalisé le rêve d’Icare, au spationaute Jean-François Clervoy, né à Longeville-lès-Metz et retenu dans les années 1990 pour trois missions à bord d’Atlantis et de Discovery, la Lorraine a apporté depuis plus de deux siècles sa contribution à l’histoire de la conquête des airs.

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Tout commença ainsi avec Jean-François Pilâtre de Rozier, né le 30 mars 1754 à Metz et décédé le 15 juin 1785 près de Boulogne-sur-Mer à l’occasion de son troisième vol qui aurait dû lui permettre de traverser la Manche, mais qui passa malheureusement à la postérité comme le premier accident aérien de l’Histoire. Depuis, la Lorraine a été associée à la plupart des étapes de l’aéronautique. La raison essentielle de ces pages glorieuses qui furent également écrites par le colonel Charles Renard, Marie Marvingt, René Dorme, René Fonck et quelques autres, est la proximité des frontières. L’aviation s’est en effet développée avec ou presque à cause de la guerre. Et la Lorraine, c’était le front. Si l’OTAN souhaita y installer durant seize ans plusieurs bases aériennes et des milliers de soldats US durant la Guerre froide, c’est parce que les bombardiers américains n’auraient pas pu rallier Moscou au départ de l’Angleterre en cas de nécessité impérieuse. 

Rappelons de même qu’au XIXème siècle, l’Ecole centrale de Pyrotechnie de Metz abrita le principal centre de recherches de l’armée dans le domaine des fusées militaires. Des milliers de roquettes y furent fabriquées pour les troupes françaises engagées en Crimée, avant que la guerre de 1870 n’entraîne le repli de ces activités stratégiques vers Bourges et Toulouse. Entre-temps, Metz avait vu naître la poste aérienne. Si l’on parle toujours du Neptune qui s’envola de Paris le 23 septembre 1870, on oublie souvent que le 6 septembre deux ballons gonflés à l’hydrogène avaient en effet quitté Metz avec du courrier à leur bord, grâce à l’initiative du Dr Jeannel acceptée par Bazaine. Quatorze autres suivront, dont la moitié échappa aux troupes du Reich. Ce fut ensuite au tour des soldats du Génie d’envoyer des ballons gonflés au gaz de ville, avant que l’expérience ne prenne fin le 3 octobre, c’est-à-dire trois semaines avant la capitulation de Bazaine devant l’armée prussienne. 

Aux ballons succédèrent les dirigeables. Le premier réellement manœuvrable fut construit en 1884 par deux officiers, le colonel Charles Renard, un Vosgien né à Damblain en 1847, et Arthur Krebs. Grâce aux progrès notables réalisés par les moteurs à explosion, les dirigeables envahirent rapidement le ciel, comme en témoignent de nombreuses cartes postales du XXème siècle. Des villes comme Toul, Verdun et Epinal accueillirent des dirigeables militaires chargés de surveiller les frontières, alors que le Reich en stationnait à Metz. Malgré les nombreuses missions réussies par les fameux Zeppelin allemands, la Première Guerre Mondiale porta néanmoins un coup sérieux à ces engins devenus des cibles bien trop faciles pour l’artillerie adverse, avant qu’une nouvelle ère ne fut ouverte par l’aviation. 

Ainsi, si l’on cite toujours Guynemer, mort au combat après avoir abattu 53 avions ennemis, le véritables « As des As » de la Première Guerre Mondiale fut René Fonck, fils d’ouvrier vosgien qui fut ensuite député. Lui et le Meusien René Dorme n’ont pas eu la reconnaissance qu’ils méritent. Né à Eix-Abaucourt en 1894, Dorme remporta ainsi pas moins de 63 victoires face à des appareils ennemis, dont 23 officiellement reconnues, avant d’être abattu le 25 mai 1917 près de Reims. Fonck, né la même année à Saulcy-sur-Meurthe, fit encore mieux, avec 75 victoires homologuées et 52 autres officieuses. Bien que née à Toulouse, Marie Marvingt suivit sa famille à Metz puis à Nancy. Cette pionnière à l’origine de l’aviation sanitaire participa même à des bombardements aériens au cours de la Première Guerre Mondiale. Par ailleurs, Thomas Bata fut sans doute l’un des premiers industriels à croire au transport aérien pour le développement de ses affaires. On dit qu’il aurait repéré le site de Moussey, où il édifia Bataville, lors d’un survol du Pays de Sarrebourg à bord de son avion personnel. 

Aujourd’hui, avec l’organisation depuis plusieurs décennies de la plus importante manifestation mondiale dédiée à l’aérostation sur la base de Chambley, la présence du pôle Aériades et la construction d’un nouvel appareil à partir de 2012 avec le Skylander, la Lorraine continue d’être au premier plan de l’aventure aéronautique. 

(Source : presse régionale)

17 juin, 2010 à 19:13


Un commentaire pour “La Lorraine, terre d’aventures et d’aéronautique”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Laurent Lajoye, Benoît Pelard et Benoît Peterlé ont dernièrement réédité l’exploit de Marie Marvingt, réalisé un siècle plus tôt. Cette pionnière de l’aviation avait en effet réussi à gagner l’Angleterre en ballon à gaz. Parti de la base d’Essey-lès-Nancy le jeudi 7 octobre au soir, le trio lorrain a atterri 17 heures plus tard en Angleterre, à Cranbrook, à une trentaine de kilomètres de la côte britannique et non loin de Folkestone. L’exploit est d’autant plus beau qu’une première tentative avait avorté le 5 septembre 2010 l’envol des Lorrains et de leur enveloppe de 1 000 mètres cube de gaz, en raison d’un problème technique au moment du gonflage.


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