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Une visite passionnante à la mine de Hussigny

700 personnes visitent chaque année les installations souterraines de la mine de Hussigny, dans le Pays-Haut. Ce sont souvent d’anciens mineurs, qui ont travaillé en ces lieux et qui ont même effectué pour certains la fermeture lors du dernier jour d’exploitation, qui font office de guide touristique. Comme si la mine n’avait jamais cessé son fonctionnement …

lampe mineur

L’association qui s’occupe du site a en effet décidé de laisser intactes les installations, afin d’expliquer ce qu’était le labeur de la mine et de son exploitation. Si bien que les visites proposées avec le matériel d’époque en état de marche sont uniques en Europe. D’une durée de deux heures, elles se font néanmoins uniquement sur réservation. Les curieux pénètrent alors au cœur des installations en empruntant une navette motorisée sur un parcours d’environ 10 minutes. Sur place, les engins et équipements permettent de restituer les différentes phases du travail mécanisé : forage, tir, chargement, transport du minerai, purge et boulonnage du toit de la mine. L’ensemble des machines évolue ainsi à quelques pas des visiteurs, de manière à ce qu’ils se rendent compte que les lieux sont restés en l’état, dans un univers rude et préservé. Le bruit, la poussière, l’obscurité et les fumées apportent les mêmes sensations que connaissaient les mineurs au quotidien. 

La mine de Hussigny a en outre vécu une histoire mouvementée. En effet, en 1944, les Nazis y avaient débuté la mise en place d’une usine souterraine de construction de fusées V1 destinées à réduire en cendre Paris. Après la Seconde Guerre Mondiale, la mine en galeries de Hussigny, qui est restée une mine à l’ancienne sans chargement mécanique, a condamné ses chantiers du fond en 1954. Le restant de la concession est alors repris à ciel ouvert et mécanisé de 1957 à 1967. Depuis 1955 et jusqu’à la fermeture en 1978, les trois mines de Tiercelet, de Godbrange et de Hussigny furent regroupées. 

(Source : presse régionale)

22 mai, 2010 à 11:46


3 Commentaires pour “Une visite passionnante à la mine de Hussigny”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Une association fait revivre l’époque de l’exploitation de la mine de fer d’Hussigny-Godbrange, dans le Pays-Haut, fermée le 31 décembre 1978. Une véritable descente en enfer dans le bruit, la poussière et la fureur des galeries de cet univers souterrain, où les hommes passaient une grande partie de leur journée dans le noir. L’effet est surprenant.

    Les curieux embarquent dans des vieilles camionnettes poussiéreuses pour atteindre les galeries qui se découvrent à pied. Sur trois kilomètres, ils empruntent les anciennes voies de roulage, là où les wagons vides entraient avant de sortir remplis de minerai.

    La visite de la mine est ponctuée de démonstrations d’engins que les bénévoles entretiennent toute l’année. Chargement des pierres, perçage manuel des parois, vissage de boulons pour assurer le maintien du plafond ou encore schéma de tirs se succèdent dans le froid et le vacarme. Cette atmosphère permet aux visiteurs d’imaginer le ballet des monstres d’acier qui circulaient dans les galeries. Et pour encore mieux appréhender les choses, un tir de mine fictif, précédé du bruit assourdissant de la sirène chargée de prévenir les hommes, est effectué. De quoi en laisser songeur plus d’un, car si le tir avait été réel, le groupe n’aurait eu que 15 secondes pour filer. A chaque fois 550 tonnes de pierre tombaient au sol.

    Ou quand l’homme exploitait les entrailles de la terre …

  2. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Fermées depuis le 31 décembre 1978, les mines du syndicat de Tiercelet, près de Longwy, n’ont pas fini de surprendre. En effet, à deux kilomètres de l’entrée de l’exploitation, côté Thil, les membres de l’Association d’Histoire Industrielle de Hussigny-Godbrange ont découvert une galerie murée depuis le milieu des années 1970 renfermant une impressionnante bétonneuse allemande. Celle-ci a été abandonnée là avant l’arrivée des Américains en septembre 1944. Datant de 1939 et venant de Duisbourg, comme l’indique la plaque du constructeur, cette machine évoluait sur rails. Ce monstre d’acier prouve que les Nazis n’ont pas eu le temps de mener à bien la construction d’une usine d’assemblage de fusées V1 dans les entrailles du Pays-Haut au cours de la Seconde Guerre mondiale. L’engin a en effet servi à couler les dalles des ateliers dans lesquels devaient être montées les bombes volantes du IIIème Reich. Mais il n’a pu aller au terme de sa mission puisque l’une des dalles demeure inachevée. Non de là, un stock de sacs de ciment non utilisés a d’ailleurs été également retrouvé.

    La bétonneuse devrait prochainement être extirpée de sa galerie pour être exposée dans le mémorial en cours d’aménagement à l’entrée de la mine.

  3. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Les bénévoles de l’Association d’Histoire Industrielle (AHI) de Hussigny-Godbrange s’attèlent à poser 600 mètres de voies ferrés jusqu’à l’entrée de la mine de Godbrange en respectant un écartement constant de 740 mm entre les rails. Une pose qui se fait l’ancienne, comme pouvaient le faire les Gueules Jaunes un siècle plus tôt. Le chantier, qui se déploie sur le carreau de la mine, devrait être terminé en 2020. L’idée est que les visiteurs du site puissent débuter leurs parcours dans des wagonnets tirés par une locomotive Deutz au benzol. L’engin, qui date de 1920 et qui n’aurait plus tourné depuis les années 1950 selon d’anciens mineurs lorrains, a été retrouvé à environ 70 mètres de profondeur dans la couche noire de la mine de Hussigny. Il est actuellement en cours de restauration. Afin d’acheminer les curieux, les wagonnets de transport de minerai de fer seront découpés pour pouvoir installer des banquettes. A noter enfin que l’écartement des rails était différent d’une mine à l’autre, surtout pour les exploitations voisines, pour éviter le vol de matériel.


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