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Témoins de la Ligne Siegfried en Moselle

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Si beaucoup de personnes connaissant la célèbre Ligne de Maginot, à savoir cette série d’ouvrages fortifiés, de trouées et de zones inondables dressée face à l’Allemagne, dont les plus beaux ouvrages peuvent se visiter en Moselle, du côté du Hackenberg à Veckring (plus gros ouvrage et fort le plus puissant de toute la ligne) ou encore du Simserhof dans le Bitscherland, peu de gens ont déjà entendu parler de la Ligne Siegfried, penchant de la Ligne Maginot côté allemand, dont quelques vestiges peuvent encore être observés en Lorraine à Spicheren et à proximité de Forbach. Revenons plus en détail sur la construction de cette fortification du XXème siècle.

Ligne Siegfried

Le blockhaus Wotan est le plus célèbres bunkers de la Ligne Siegfried en Moselle (Crédits photo : RL)

Alors que tout semblait figé dans cette « drôle de guerre », cette « Sitzkrieg », où l’on s’observait surtout de part et d’autre de la frontière, un linceul de neige recouvrait le paysage, ainsi que les villes et les villages abandonnés depuis l’exode des Mosellans en septembre 1939. Les provocations, l’intox et l’espionnite régnaient cela dit déjà avant la déclaration de guerre. La fuite forcée de la population fut d’ailleurs l’occasion pour l’armée française de procéder à des pillages, ce qui lui coûtera, comme nous allons le voir, des vies humaines. L’opération lancée le 6 décembre en direction de la Ligne Siegfried fut un désastre. Les forêts et les communes du massif du Warndt furent rapidement investies, mais au prix de sérieuses pertes, en raison des nombreux pièges et des mines déposées par les Allemands. Les soldats français entraient ainsi dans les maisons, voyaient un portrait d’Hitler, le retiraient et une mine sautait aussitôt. Table, cadavre de poule, tout était relié à des mines !  

Le 24 décembre fut choisi par le Führer pour venir une nouvelle fois visiter en personne les travaux de la Ligne Siegfried. Cette ceinture de fortifications avait été conçue selon les plans d’un nouveau système de défense imaginé par des membres de l’Etat-major à la suite de l’abandon par les troupes françaises de ce secteur frontalier au début de mois de novembre 1939. Ce nouveau dispositif prévoyait ainsi la construction de plus de 60 casemates et bunkers en Moselle, entre Spicheren et Grande-Rosselle en passant par Stiring-Wendel. La réalisation de cette ligne supplémentaire projetée devant Sarrebruck fut finalement donnée le 11 janvier 1940. 

Ces casemates, qui furent construites selon des règles et des modèles bien précis, jalonnent encore aujourd’hui et en grand nombre le haut et les flancs de la colline de Spicheren, de Forbach et du Kreuzberg. A Stiring et à Vielle Verrerie, certains de ces ouvrages militaires ont été incorporés dans des constructions ou des aménagements plus récents. Véritables témoins cette période de troubles, tout comme cette tombe de soldat sur la route de Spicheren, ils constituent autant des curiosités pour le visiteur qui sait y prêter attention.

(Source : presse régionale)

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