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Des chercheurs lorrains décryptent l’azote solaire

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Après 7 ans de persévérance, le brillant travail de Bernard Marty et de ses collègues du centre de recherches pétrographiques et géochimiques de Vandœuvre-lès-Nancy leur a permis d’être les premiers au monde à démontrer que l’azote solaire n’a rien à voir avec celui de la terre. Leurs calculs ont dernièrement été corroborés par une étude d’une équipe américaine de Californie. Retour sur cette formidable expérience… 

Tout commence en 2002, au moment où le laboratoire lorrain est retenu par la NASA pour analyser des échantillons de vents solaires capturés lors de la mission Genesis, une sonde spatiale mise en orbite quelques mois auparavant. Mais lorsqu’elle reçoit les fameux échantillons, l’équipe lorraine a déjà derrière elle près de trois ans de travaux préparatoires indispensables pour mettre au point son appareil scientifique de mesure. Pendant des mois, les chercheurs ont traqué la plus infime contamination en azote. Le problème, c’est que l’azote terrestre est présent partout. Et pour l’éliminer, il faut faire le vide. Les scientifiques lorrains ont donc pour cela mis au point au bout de deux ans une technique d’ultra vide unique au monde. Cette méthode les a fait reconnaître comme les spécialistes mondiaux de l’azote à très bas niveau. Les chercheurs ont ensuite mis un an pour réaliser une analyse complète de leur échantillon spatial et tout autant pour en refaire une seconde dans le but de confirmer leurs premiers calculs. Ils ont ainsi démontré que l’isotope 15 de l’azote du vent solaire est 40 % moins abondant que dans l’azote terrestre. La composition isotopique de l’azote solaire, comparable à une empreinte génétique, ne ressemble donc en rien à celle de la Terre. Deux interprétations ont alors été envisagées, à savoir que l’azote terrestre ne proviendrait pas du Soleil ou que pendant la formation de la Terre, un processus a changé la composition de l’azote. L’équipe lorraine penche plutôt pour la première hypothèse. Cette découverte conforte en tout cas d’autres données concernant le carbone et l’eau, composés élémentaires de la Terre qui n’auraient donc rien à voir non plus avec le Soleil. 

(Source : presse régionale) 

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