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Economie en Lorraine : 2009 année 0

La Lorraine fait parti des territoires les plus durement frappés par la crise économique et sociale en 2009.

Kleber à Toul, Johnson Controls et Continental à Sarreguemines, FM Logistic à Woippy, Arcelor Mittal à Gandrange et Florange, Total Petrochemicals et la cokerie à Carling,… la liste des entreprises ayant fermé leurs portes ou en grande difficulté en 2009 a tout d’un convoi funèbre. Mois après mois, celle-ci n’a ainsi cessé de s’allonger, en même temps que se développaient les mesures de chômage partiel. La Lorraine a traversé une année 2009 catastrophique sur le front de l’économie. En témoigne, l’augmentation de 24,2 % du nombre de demandeurs d’emploi entre novembre 2008 et novembre 2009. Cela dit, dans ce bal de chiffres à qui l’on peut faire dire tout et son contraire, certaines régions arrivent encore à faire pire, comme l’Alsace (+ 28,4 %), la Franche-Comté (+ 26,6 %) et les Pays de la Loire (25,1 %), toutes trois en position de « relégables ». Maigre consolation. La moyenne française étant à titre indicatif de + 22,1 %. La Lorraine serait-elle donc juste au-dessus de la ligne de flottaison ? Non. En effet, la barre symbolique des 100 000 chômeurs a été franchie en 2009, pour atteindre 102 220, soit 20 000 personnes de plus qu’en novembre 2008. Fortement industrialisée, la Moselle est le département lorrain qui paie le plus lourd tribut de la crise avec une augmentation de 27 % du nombre de demandeurs d’emploi, devant la Meurthe-et-Moselle (+ 25 %), la Meuse (+ 24,1 %) et les Vosges, nettement moins touchées (+ 15,9 %). Mais ces dernières ont encore et toujours bien du mal à se remettre de la quasi-disparition de l’industrie textile. Ce n’est donc pas un hasard si elles affichaient au troisième trimestre 2009 le plus fort taux de chômage en Lorraine avec 10,4 % de la population active, devant la Meuse (10,3 %), la Moselle (10,1 %) et la Meurthe-et-Moselle (9,2 %). Si bien qu’au total, le taux de chômage lorrain était de 9,9 %, soit bien au-dessus de la moyenne française (9,1 %). 

De même, fin novembre, 240 000 salariés lorrains étaient encore concernés par des mesures de chômage partiel. Comme précédemment et pour la même raison, la Moselle reste la plus touchée avec 51 % des heures autorisées, devant les Vosges (26 %), puis la Meurthe-et-Moselle (17 %) et la Meuse (6 %). A noter que 60 % des demandes émanaient d’entreprises de moins de 50 salariés. Devant l’ampleur des difficultés, le conseil régional a donc décidé de reconduire en 2010 le dispositif d’alternative au chômage partiel mis en place au début de cette année. Cette mesure offre aux entreprises la possibilité de remplacer les périodes de chômage partiel par des actions de formation des salariés, dont la rémunération est maintenue à 100 %.  Un an après la mise en place de ce dispositif, 1 359 salariés ont été formés ou sont actuellement en cours de formation et 91 entreprises lorraines y ont fait appel. 

Enfin, certains signes, comme l’augmentation de 9 % du nombre d’offres d’emploi par rapport à novembre 2008, peuvent laisser entrevoir le bout du tunnel. D’autres indicateurs, à l’image du nouvel accroissement du rythme de production observé dans l’industrie automobile, notamment chez les équipementiers, vont dans ce sens. De même, les volumes sont restés stables dans l’industrie agroalimentaire et, au sein des entreprises des biens d’équipement, le recul de courant d’affaires a été de moindre ampleur que le mois précédent. Le redressement s’est de même poursuivi dans le secteur des biens intermédiaires, notamment dans la métallurgie, la transformation des métiers et le bois. Mais le segment de la chimie-caoutchouc-plastique a une nouvelle fois marqué le pas. 

En conclusion et de manière réaliste, 2010 ne devrait pas une année de reprise forte, mais plutôt une année d’attente. Courage. 

(Source : presse régionale)

5 janvier, 2010 à 19:39


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