Centre de ressources numériques sur la Lorraine. Archives du Groupe BLE Lorraine.

Question de priorité

Le conseil régional de Lorraine dépense chaque année 600 000 euros afin d’aider des pays pauvres à se développer. Or, même si ce geste peut paraître louable, ce n’est en aucun cas aux collectivités locales de s’occuper de telles relations internationales. En effet, la vocation du conseil régional de Lorraine est d’agir au plus près de la vie des citoyens. Il ne s’agit absolument pas de ne pas être généreux, ni d’une quelconque forme de médisance, mais, déjà que le budget de la Lorraine n’arrive pas à couvrir l’ensemble de ses dépenses et que l’Etat français se désengage de plus en plus de ses domaines de compétence, sans pour autant allouer derrière les sommes nécessaires aux différentes collectivités locales, nous ne pouvons plus nous permettre d’octroyer de tels montants à des pays en voie de développement. Cela revient ainsi à se priver de ressources financières non négligeables, alors que la situation économique de la Lorraine est dramatique du fait de la crise économique. Il conviendrait donc plutôt d’investir en Lorraine et de soutenir des projets et des initiatives locales comme la mise en valeur du patrimoine historique, la restauration de monuments, l’aide à la reconstruction de villes et de châteaux détruits, le développement durable ou encore l’économie d’énergie. 

Pire, chaque mois des subventions à des pays qui n’appartiennent pas à la liste du dispositif « solidarité internationale », comme aujourd’hui la Colombie et Madagascar, sont votées, alors même que nombre de nos compatriotes souffrent. Un véritable non-sens. Il faut que nous soyons plus malins, rationnels et surtout plus pragmatiques. Il en va de l’intérêt de la Lorraine et des Lorrains. La Lorraine ne peut pas guérir toute la misère du monde ! 

Par ailleurs, certains projets financés n’ont rien à voir avec une aide directe et efficace aux populations étrangères défavorisées et n’ « intéressent » pas les Lorrains. Par exemple, les Vosgiens approuvent-ils la dépense de 4 900 euros à Xertigny afin de « sensibiliser la population locale aux pratiques culturelles venant d’ailleurs ? De la même manière, que pensent les Meurthe-et-Mosellans de l’attribution de 10 800 euros d’aides publiques pour des expositions et concerts de « sensibilisation à la culture du Mali » à Jarville-la-Malgrange ? Ces exemples font partie d’une liste de nombreux autres projets d’intégration de communautés étrangères. 

Dans un souci de bonne gestion des impôts, l’utilisation du budget social dans de telles proportions apparaît scandaleuse et tout à fait indécente au moment où la crise et la détresse sociale accablent de nombreux Lorrains. Il est temps de mettre fin au politiquement correct et à cette hypocrisie générale. 

22 décembre, 2009 à 14:48


Un commentaire pour “Question de priorité”


  1. Anthony Koenig écrit:

    Ces questions sont toujours très complexes. Aider ailleurs ou aider ici n’est pas une question simple à trancher, il faut probablement faire les deux.
    Ne connaissant pas la manière dont ces fonds sont gérés par la région je ne préjugerai en rien de leur bonne ou mauvaise utilisation.
    Par contre je sais que la région abonde assez souvent sur des projets de mise en valeur du petit patrimoine de proximité donc on ne pas dire que rien n’est fait ici.

    Après peut-être que les choses peuvent être mieux réalisées.
    Ainsi on pourrait imaginer que ces aides internationales se traduisent par l’accueil d’étudiants en provenance de ces pays dans nos universités lorraines. C’est notre région qui rayonne alors ailleurs dans le monde mais c’est aussi les habitants de Lorraine qui s’enrichissent intellectuellement et culturellement. De même on peut imaginer des projets de coopération économique internationale de long terme. Etc.

    Pour ce qui est du patrimoine, il faut aussi que nos collectivités impulsent beaucoup plus de chantiers internationaux où restauration du patrimoine rime avec formation, échange, enrichissement. On pourrait aussi imaginer ce type d’opération en direction de jeunes sans diplôme, issus ou non de quartiers en difficulté. Pour cela il faut que les lorrains, arrivés hier ou de la énième génération qu’importe, connaissent leur histoire (des romains au duché en passant par le XXème siècle) et qu’ils soient fiers et heureux d’habiter la Lorraine (sans tomber dans un chauvinisme imbécile bien entendu). Il y a là du travail aussi bien du côté des élus que des écoles.

    Aider n’est jamais un problème en soi je pense, tout dépend de la manière dont c’est fait. La Lorraine a sûrement à y gagner mais elle doit être toujours plus inventive, créative et se reposer aussi bien sur ses forces internes, externes et internationales. Un territoire rayonne toujours quand il sait associer le renforcement de ses particularités (la Lorraine n’est ni l’Alsace ni la Champagne-Ardenne, elle a une histoire propre faite de grands hommes et aussi de tant de mélanges qui nous enrichissent) tout en jouant la carte de l’ouverture humaine…


Laisser un commentaire