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Cela coince toujours dans les transports

A Saint-Ail, village de 340 âmes de Meurthe-et-Moselle, les parents doivent désormais se débrouiller par leurs propres moyens pour emmener leurs enfants scolarisés au collège de Sainte-Marie-aux-Chênes, en Moselle. En effet, la ligne de bus pour le ramassage scolaire a été supprimée par le conseil général de la Moselle. Ainsi, depuis la rentrée de septembre, il n’y a plus de ligne de bus entre leurs domiciles et le collège de Sainte-Marie-aux-Chênes, établissement scolaire se trouvant à moins de 3 km de chez eux. Le pire, c’est que le maire a appris cette décision quelques seulement avant la rentrée en demandant les nouveaux tarifs… Un magnifique exemple de communication ! Une fois de plus. 

Toujours est-il que même si la distance paraît proche, certains parents ne peuvent pas déposer et/ou récupérer leur enfant à cause de leur travail. Les élèves sont donc obligés de rentrer chez eux à pied ou à vélo. Or, la route n’est pas du tout sécurisée. Il n’y ainsi pas de trottoirs et une bonne partie de la route n’est pas éclairée. 

Il y a pourtant bien un bus qui s’arrête le matin dans la rue principale du village. C’est celui de la ligne régulière destinée à tous les usagers. Mais, même si le conducteur accepte par solidarité de prendre quelques enfants, il ne fait que l’aller, pas le retour. Qui plus est, il ne va pas jusqu’au collège. Par ailleurs, comme le bus passe peu après 7 heures du matin, les enfants doivent attendre trois quarts d’heure dehors avant de pouvoir entrer en classe. Une solution loin d’être idéale. Enfin, dans la mesure où cette ligne de bus est également utilisée par les autres usagers, les parents doivent prendre pour leurs enfants une carte d’abonnement qui s’élève à 115 euros l’année. Bon, certes, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, mais quand même. Par conséquent, les parents d’élèves ont décidé d’écrire aux conseils généraux de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle. Le premier leur a répondu qu’il faillait qu’ils s’adressent au second et le second a déclaré qu’il n’était en aucun cas concerné en raison de la « règle des trois kilomètres ». Bref, c’est du beau travail et du « démerden Sie sich ». Les joies de l’administration. 

La fameuse règle, tout-à-fait arbitraire, des « trois kilomètres » impose aux départements d’assurer, et donc de financer, le transport des collégiens dont le domicile se trouve à plus de 3 km de leur établissement. Et cela, peu importe que le collège soit situé à Sainte-Marie-aux-Chêne en Moselle et Saint-Ail en Meurthe-et-Moselle : l’établissement scolaire est à moins de 3 km. Vous remarquez tout de même au passage, que Meurthe-et-Moselle ou Moselle, on est en Lorraine. Certains doivent avoir du mal à le concevoir. Bref, il en résulte que c’est à la charge des familles de s’occuper du transport de leurs enfants. 

Cela dit, le conseil général de la Meurthe-et-Moselle reconnaît que Habonville, un hameau de Saint-Ail, est situé à plus de 3 km du collège de Sainte-Marie. Jusqu’en septembre 2008, il y avait encore des collégiens à prendre. Plus maintenant. Mais, s’il y avait à nouveau des collégiens à ramasser à Habonville, la collectivité estime qu’elle devra reconsidérer la question du transport scolaire. Les responsables du conseil général de la Moselle déclarent quant à eux que « le service de transport scolaire tel qu’il existait auparavant passait par Saint-Ail. Les parents bénéficiaient donc d’une tolérance ». Quelle générosité. Merci pour eux ! 

Afin de pallier ce profond écueil administratif, le maire avait pensé mettre à disposition un bus privé. Mais, même si la commune aurait participé financièrement à hauteur de 500 euros, les 500 euros restants étaient à la charge des parents. Ces derniers ont refusé. 

Pour terminer cet exposé, il se pourrait qu’à la rentrée 2010 le village de Saint-Ail ne soit plus rattaché au collège de Sainte-Marie-aux-Chênes, mais à ceux de Jarny. Ceci signifierait donc qu’il s’en trouverait à plus de 3 km. Le conseil général de la Meurthe-et-Moselle devrait alors assurer le transport des élèves. Une telle situation serait néanmoins complètement absurde, dans la mesure où les enfants perdraient au total près de 2 heures par jour dans les transports pour se rendre à Jarny, alors qu’il y a un autre collège juste à côté. Ca serait encore qui trinqueraient par conséquent ! Sans oublier le fait que ce sont les contribuables qui financent indirectement le transport scolaire via le conseil général. Autrement dit, un circuit en bus jusqu’à Jarny coûte évidemment bien plus cher qu’un parcours jusqu’à Sainte-Marie-aux-Chênes. Cependant, les collégiens de Saint-Ail pourraient bénéficier d’un bus gratuit s’ils allaient à Jarny… Enfin, à l’heure du développement durable et de la taxe carbone, une telle solution apparaîtrait vraiment inopportune. Pourquoi chercher simple quand on peut faire compliqué… 

28 novembre, 2009 à 11:24


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