Centre de ressources numériques sur la Lorraine

Traditions et légendes de Saint-Nicolas et de Noël en Lorraine

Faisons le tour de quelques unes des grandes traditions lorraines de cette fin d’année en essayant de mieux comprendre leur origine et leurs répercussions actuelles. 

Commençons par Saint-Nicolas, patron de la Lorraine, dont le culte est toujours célébré depuis le Moyen-âge à la somptueuse basilique de Saint-Nicolas-de-Port, près de Nancy (voir : http://blewebtv.e-monsite.com/rubrique,saint-nicolas-en-lorraine,471318.html), au terme d’un pèlerinage et d’une émouvante cérémonie au flambeau. C’est d’ailleurs ici qu’est précieusement conservée une phalange reliquaire de l’évêque de Myre. Saint-Nicolas est à l’origine un saint ayant réellement existé. Il s’inspire en effet de Nicolas de Myre, un évêque d’Asie Mineure du IIIème et du IVème siècle. Ce dernier naquit à Patara, une cité de Lycie, entre 250 et 270 après Jésus-Christ. Ses convictions chrétiennes le poussèrent à effectuer des pèlerinages en Egypte et en Palestine, mais l’Empereur romain Dioclétien le fit emprisonner par mépris pour cette religion. Il mourut le 6 décembre 343 ou 345 à Myre, victime des persécutions romaines. Depuis sa mort, le personnage alimente les légendes en souvenir de sa bonté. Saint patron des enfants, sa fête est célébrée en Lorraine et dans les pays septentrionaux le 6 décembre. Il distribue des cadeaux aux enfants méritant. A noter que la légende de Saint-Nicolas, des trois enfants et du boucher a été exportée aux Etats-Unis par les Hollandais et les Allemands au XVIIème siècle. 

 saintnicolasnancy.jpg

Dès le début du culte de Saint-Nicolas, un personnage ressemblant au Père Noël est présent comme valet dans les pays de tradition germanique. Il prend de nombreux noms, tels que Knecht Ruprecht dans le Nord de l’Allemagne ou Hans Trapp au Palatinat et en Lorraine, avant de devenir la célébrité que l’on connaît aujourd’hui. Cela dit, la première évocation du Père Noël date de 1823. Celui-ci apparaît dans un poème américain de Clément Clarke Moore. Cette fable permit d’uniformiser les différentes traditions en coexistence. Ce conte décrit un vieil homme à la barbe blanche, à l’allure joviale et débonnaire, conduit par un traîneau tiré par huit rennes. A noter que la mitre de Saint-Nicolas est remplacée par un bonnet et la crosse par un sucre d’orge. En 1866, l’écrivain américain George P. Webster décrivit les longs mois de l’été polaire, l’atelier et la maison du Père Noël enfouie sous les neiges du Pôle Nord. La représentation moderne du personnage apparaît pour la première fois en 1868 sur la couverture du « Harper’s Magazine » dessinée par Thomas Nast, originaire du Palatinat. Le Père Noël est ainsi vêtu d’un costume rouge garni de fourrure. Il fallut cependant attendre 1931 pour que son image devienne populaire.

imageprenol.jpg

De même, une croyance païenne fait référence au lutin de Noël. Il serait un défricheur dont la tâche essentielle consisterait à maintenir l’ordre à la ferme et aux champs. Il se montre de plus particulièrement coopératif si un bon repas lui est servi la veille de Noël. Dans de nombreuses fermes lorraines, un lit douillet lui était préparé pour la circonstance et la place d’honneur lui était réservée à table. Il est reconnaissable par son bonnet rouge et sa grande barbe blanche. Il est également équipé d’une épaisse fourrure de voyage pour se protéger des rigueurs hivernales. Cette histoire est en réalité une allégorie du Père Noël. Clément Clarke Moore, encore lui, fut le premier auteur à faire référence aux lutins dans un texte intitulé « A Visit From St Nicholas » (Une visite de Saint-Nicolas), paru dans le journal « Sentinel » de New York en 1823, en évoquant de petites créatures qui secondent Saint-Nicolas dans la distribution des cadeaux aux enfants.

lutinsnol.jpg

Enfin, le Père Fouettard est le sinistre personnage qui accompagne Saint-Nicolas dans ses déplacements, afin de punir les enfants qui n’ont pas été sages pendant l’année. Son histoire est encore profondément ancrée en Lorraine. Le mythe du Père Fouettard prend son origine dans différentes fables. On croit souvent qu’il serait une invention des pédagogues du XVIIIème siècle pour effrayer les garnements et les paresseux. En fait, le personnage naquît lors du siège de Metz par les troupes de Charles Quint au XVIème siècle. Les habitants de la ville assiégée décidèrent de tourner en dérision l’image de l’empereur en brûlant un mannequin à son effigie et en le surnommant « Père Fouettard ». L’influence de la presse américaine fit perdre progressivement les attributs moralisateurs de Saint-Nicolas avec l’abandon de ce personnage effrayant, mais les parents lorrains usent encore de cette légende pour menacer les petits garnements de ne pas recevoir de bonbons et de chocolat à la Saint-Nicolas, ainsi que de cadeaux le soir de Noël.

 prefouettard.bmp

 

(Source : association de Noël de Plombières-les-Bains, http://www.marchedenoel-plombieres.com/index.php

22 novembre, 2009 à 12:38


Laisser un commentaire