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Mémoire mosellane à Sarreguemines

Une journée dédiée à la mémoire mosellane s’est dernièrement déroulée à Sarreguemines. Elle visait cette année à commémorer l’évacuation forcée des populations de la « zone rouge », il y a 70 ans, en évoquant et présentant les conséquences singulières et bien souvent méconnues de la Seconde Guerre mondiale en Lorraine. En effet, le 1er septembre 1939, tous les habitants de la « zone rouge », une bande d’une dizaine de kilomètres de large située entre la frontière et la Ligne Maginot, sont contraints de partir en l’espace de quelques heures seulement. Ils n’ont le droit que d’emporter 30 kg chacun. Le reste est abandonné aux troupes françaises qui pillent les maisons. Cette histoire dans sa réalité complexe et tragique ne figure pas, pensez-vous, dans les manuels scolaires. L’objectif de l’organisation d’une telle journée est ainsi de préserver ce patrimoine de mémoire et d’en assurer la transmission aux nouvelles générations. Avec le déclenchement de la bataille de France après la période de « drôle de guerre », un second exode massif de population intervint le 10 mai 1940. Au total, ce sont plus de 300 000 des 650 000 Mosellans qui sont déplacés sur plusieurs mois, essentiellement vers la Charente-Maritime et la Vienne. Ce transfert de plusieurs jours s’effectua à pied, sur des chariots ou même … dans des wagons à bestiaux ! Tiens, ça ne vous évoque rien ? Rappelons que depuis le conflit de 1870, les populations locales ont subi deux annexions allemandes et cinq changements de nationalité. Ces bouleversements ont ainsi profondément marqué leur identité. A noter enfin que l’édition 2010 de la Journée de la mémoire mosellane, prévue à Château-Salins, portera sur l’épisode lui aussi douloureux des expulsions effectuées par les Allemands après septembre 1940.

(Source : presse régionale) 

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5 novembre, 2009 à 18:50


2 Commentaires pour “Mémoire mosellane à Sarreguemines”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Avec le développement des faïenceries, de nombreux ouvriers britanniques et alsaciens sont venus travailler à Sarreguemines. La première annexion à l’Allemagne a quant à elle drainé des fonctionnaires et des militaires prussiens. A tel point que vers 1890, 25 % de la population de la ville était protestante.

  2. Groupe BLE Lorraine écrit:

    En 1939, la France fit évacuer vers l’intérieur du pays les populations qui vivaient dans la zone rouge, c’est-à-dire le territoire compris entre la Ligne Maginot et la frontière allemande.

    En 1940, la Moselle fut annexée au IIIème Reich. Les Nazis expulsèrent des Mosellans jugés trop francophiles, difficilement germanisables ou patriotes avérés. Du 11 au 21 novembre 1940, 60 000 personnes (hommes, femmes, vieillards et enfants) furent ainsi chassées manu militari vers la zone libre. Les expulsés ne rentrèrent chez eux qu’après la libération.

    Certains se réfugièrent dans l’Aude. La plupart des Mosellans expulsés dans ce département arrivèrent en deux vagues : le 13 novembre 1940 pour les villages de l’Ouest messin (Châtel-Saint-Germain, Lessy, Lorry-lès-Metz, Moulins-lès-Metz, Plappeville, Rozérieulles, Sainte-Ruffine, Scy-Chazelles et Vaux) et le 19 novembre pour les villages du Saulnois (Fresnes, Grémecey, Jallaucourt, Lubécourt, Manhoué, Morville et Pévange). Il s’agissait de ruraux francophones qui furent remplacés dans leurs villages par des Siedler (colons) allemands, conformément au plan de colonisation nazi. Hitler avait ordonné au Gauleiter Burckel de transformer la Moselle en terre allemande en dix ans. En septembre 1941, l’Aude comptait 1 780 réfugiés alsaciens-mosellans, principalement des Mosellans expulsés qui travaillaient dans les vignes.


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