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Le trésor de Boucq sera mis en vente aux enchères

Il y a 12 ans, à côté de Boucq, dans le Toulois, plus de 200 pièces de monnaies anciennes avaient été découvertes par deux chasseurs de trésors septuagénaires. A une quinzaine de centimètres, ils avaient extrait un vase en argile qui contenait ces pièces pour un montant estimé à 600 000 francs de l’époque, soit 1,2 kg d’or. Parmi les pièces exhumées, certaines n’ont jamais circulé. On y dénombre une moitié de Louis XIII, des Louis XIV, des monnaies du Moyen-âge et des pièces espagnoles. Pour ces dernières, il s’agit vraisemblablement de l’or des Incas refondu, ramené par des galions et frappé sur les bateaux comme il était coutume de le faire. Mais de tout cela vient la question de savoir comment ce trésor a fini par atterrir en Lorraine. Après un long travail d’enquête historique et de déduction, certains supposent que les pièces seraient venues de la région d’Amiens, dans la mesure où elles sont marquées d’un petit «x» caractéristique de cette ville. Les pièces ont en outre probablement été acheminées par bateau, pour ce qui est en tout cas des monnaies espagnoles. Une des hypothèses les plus vraisemblables est qu’elles aient été transportées par des marchands qui se dirigeaient vers Metz. La cité était en ces temps une très importante place de change pour les devises. En outre, les pièces les plus récentes datent de 1673. A noter que la guerre avec la Hollande a débuté en 1672. Il est donc fort possible que des marchands aient été attaqués en cette période trouble par une bande de mercenaires. Ils auraient donc enterré leur magot à la hâte, du côté de Boucq, dans l’optique, peut-être un jour, de le récupérer. La mairie, qui en est maintenant le propriétaire, a décidé de le vendre aux enchères, afin de pouvoir envisager de nouveaux investissements. C’est ce qui sera chose faite début décembre à Nancy à Anticthermal. Une décision que nous trouvons lamentable, dans la mesure où ces pièces devraient être exposées dans un musée lorrain, pour le plus grand bonheur des visiteurs et non disséminées entre les mains de collectionneurs privés.   

25 octobre, 2009 à 23:09


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