Centre de ressources numériques sur la Lorraine

Des jeunes à attirer et surtout à conserver

Notre belle province est déficitaire dans ces échanges migratoires et voit s’en aller de plus en plus de jeunes actifs sous d’autres cieux réputés plus cléments. C’est en tout cas la triste,  terrible, mais lucide conclusion d’une étude de l’INSEE Lorraine. Ce sont même les couples ainsi que les jeunes actifs exerçant des fonctions intermédiaires ou supérieures qui quitteraient la Lorraine. C’est bien là le côté le plus alarmant. Car notre belle province est perçue comme peu attractive pour les jeunes actifs qualifiés. Le phénomène n’est cela dit pas nouveau. Ce qui rassure tout de même, c’est que le processus a diminué par rapport aux années 1990. De même, les zones périurbaines de Lorraine et/ou proches de la frontière luxembourgeoise gagnent chaque année des habitants. L’agglomération nancéienne profite pleinement de son attractivité pour accueillir des étudiants, + 10 200 en 5 ans. Le problème, c’est que malheureusement nombre d’entre eux partent à la fin de leurs études, alors que beaucoup auraient pu ensuite s’installer définitivement en Lorraine. Notre province forme, mais ne garde pas. Elle perd ses forces vives qualifiées, dans la mesure où le travail apparaît insuffisant. Autrement dit, la Lorraine ne créé donc pas suffisamment d’emplois. Autre fait grave, les migrants partent au moment de la fécondité des femmes, ce qui n’est pas sans avoir un impact sur la démographie locale. En 2008, 121 400 personnes ont quittée la Lorraine, soit 27 200 de plus que d’entrants. 

Ainsi, 70% du déficit migratoire lorrain touche une population âgée de moins de 40 ans. De plus, plus de 40% de ces migrants sont âgés de 25 à 39 ans, alors que les résidents de cette tranche d’âge représentent à peine 20% de la population lorraine. Notons un autre fait tout aussi important que révélateur. Les pertes migratoires de la Moselle, territoire lorrain le plus peuplé et de loin, influencent énormément les variations de l’ensemble de notre province. Mais, et c’est tout le paradoxe de ce département, d’après l’étude menée par l’INSEE, la population de la Moselle a augmenté dans le même temps. Alors que dans ses échanges migratoires le département a perdu 15 400 habitants [1], soit 56,6% du déficit lorrain (le reste se partageant à hauteur d’un quart pour la Meurthe-et-Moselle, le dernier quart se composant d’un tiers pour les Vosges et d’un tiers pour la Meuse), sa population s’est accrue de 13 300 personnes [2], ce qui représente 52,6% du gain total de population de la Lorraine. C’est la somme du solde naturel important de la Moselle, c’est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et de décès, et de l’immigration soutenue en provenance de l’étranger qui expliquerait le phénomène (égale ici à [1] + [2], soit 15 400 + 13 300, égale à 28 700). Le caractère frontalier de la Moselle, notamment sa proximité avec le Luxembourg qui constitue le seul pôle d’emploi local en fort développement, favoriserait en outre cet échange. En d’autres termes, le département résiste et compense son déficit migratoire grâce à une natalité dynamique et à l’afflux de résidents frontaliers. 

Enfin, ce n’est pas la crise et la conjoncture économique actuelle qui vont arranger les choses pour notre province, car la Lorraine est plus durement touchée que les autres, du fait de l’importance de son tissu industriel. Vous avez ainsi pu le remarquer avec nous ces derniers temps, notamment du côté de Carling Saint-Avold. Cela dit, le nombre de frontaliers avec le Luxembourg augmente toujours, la dépendance avec ce pays aussi. La Lorraine arrive ainsi à la quatrième place des provinces métropolitaines qui perdent le plus de résidents dans leurs échanges migratoires, avec un taux annuel moyen sur 5 ans de moins de 25 habitants pour 10 000. Un sens qu’il convient donc d’inverser en améliorant l’image et l’attractivité de notre province, car beaucoup de préjugés nous pourrissent encore trop la vie. Même si ce n’est pas l’unique mal. 

(Source : INSEE Lorraine et presse régionale) 

Retrouvez les résultats de cette étude sur BLE Fondation, rubrique Cercle de réflexion (http://blefondation.e-monsite.com/rubrique,cercle-de-reflexion,246864.html

13 octobre, 2009 à 18:56


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