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Le château de retour à la vie

Plus grand chantier de restauration en Europe, le château de Lunéville recouvre peu à peu son lustre d’antan, tel le Phoenix renaissant de ses cendres. L’incendie de 2003 aura, dans le malheur du prestigieux édifice, permis une prise de conscience digne de sa dimension patrimoniale.

Le 2 janvier 2003, un violent incendie avait ravagé l’aile Sud de ce magnifique château construit entre 1702 et 1720 par Léopold 1er de Lorraine sur les plans de Germain Boffrand, l’architecte de la place Vendôme à Paris. A l’époque de Stanislas, dernier Duc de Lorraine, le château de Lunéville était un véritable carrefour pour les érudits du brillant esprit des Lumières. Le rayonnement européen de Lunéville fut alors à son apogée. Puis, suivra un long déclin au cours duquel le château a littéralement sombré dans l’oubli. C’est dans cet état que le conseil général de Meurthe-et-Moselle l’a acheté en 1999. Aujourd’hui recouvert en partie par un parapluie métallique le mettant à l’abri des intempéries suite au dramatique incendie de 2003, il n’est plus que l’ombre de lui-même. La mobilisation qui suivit la catastrophe sonna enfin comme la renaissance de ce vénérable édifice. Plus d’1,2 millions d’euros ont ainsi été collecté à ce jour auprès de 4 000 donateurs. Une véritable prise de conscience collective, même si cette somme ne représente qu’1 % environ du budget global de restauration, à savoir 101 millions d’euros. Les travaux avancent bien et s’effectuent dans les règles de l’art. D’ici un an, la chapelle du château sera entièrement restaurée et pourra à nouveau accueillir des concerts baroques, alors que le début de la restauration des jardins devrait bientôt commencer. Des sondages archéologiques préfigureront la remise en l’état d’origine des bosquets, des pièces d’eau et de la statuaire de Guibal, dont les moules ont été retrouvés au château de Schwebsingen. Tandis qu’à l’intérieur, les 8 000 objets en réserve retrouveront leur rang. A noter enfin que le chantier se poursuivra au moins jusqu’en 2012, dans la mesure où le conseil général de Meurthe-et-Moselle ambitionne une rénovation complète de l’édifice. Et c’est tant mieux.

2 octobre, 2009 à 19:06


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