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A la rencontre des tortillards de Rémilly

Les tortillards, ces hêtres étranges et inquiétants ont de tout temps suscité la fascination et intrigué les gens. Nombres de vieilles légendes prennent racines à leur tronc tourmenté. Dans la Forêt des Six Cantons, à Rémilly, les faux, l’autre appellation des hêtres tortillards, servent de rendez-vous aux jeunes amoureux, cachés, à l’abri dans cette cabane naturelle, cet écran de lumière et de verdure.

hetres tortillards

De nombreuses légendes entourent les hêtres tortillards (Crédits photo : Tortuosa)

En effet, les faux ne sont très grands, ceux de Rémilly ne dépassent pas trois mètres. Mais leurs branches magiques, qui se tournent dans tous les sens, parfois à angle droit, se rassemblent dans des anastomoses, c’est-à-dire des fusions troublantes et intrigantes, ou touchent le sol. C’est cela qui les protège, du moins en partie. Car les jolis fous, comme on les surnomme affectueusement à Rémilly, sont à la fois rares, fragiles et se reproduisent mal. A Domrémy-la-Pucelle, dans les Vosges, l’arbre aux Dames (il s’agit en réalité de fées), un autre hêtre tortillard réputé pour sa beauté et ses pouvoirs magiques, faisait l’objet d’un culte au temps de Jeanne d’Arc. Une procession s’y rendait afin de chasser les mauvais esprits. Pour de nombreuses personnes, las faux trouvent leur origine dans les croyances et autres légendes. Pour les scientifiques, elle reste encore indéterminée, même si plusieurs hypothèses sont avancées. Tout d’abord, ces hêtres à l’apparence perturbée proviendraient d’une mutation génétique qui se serait reproduit lentement à travers le temps et à l’échelle de quelques individus. Le problème, c’est que le gène codant un tel caractère semble aléatoire. De même, les hêtres tortillards ont toutes les peines du monde à se reproduire. Ces derniers peuvent donner naissance à un arbre tout-à-fait normal, mais un hêtre classique ne pourra jamais donner un faux. La cause virale, c’est-à-dire due à un virus, est une seconde hypothèse faîte, tout comme le manque d’eau ou encore l’emplacement sur les lignes telluriques. En effet, les hêtres tortillards de Rémilly et leurs homologues plus connus de la forêt de Verzy en Champagne sont situés sur la même longitude. Hasard ou non ? Troublant. Mais toutes ces caractéristiques des faux les rendent très vulnérables, c’est pour cela qu’il convient de les protéger, ce qui n’est pas le cas pour l’un des deux jolis fous de la forêt des six Cantons, dont les alentours sont foulés par les curieux, ce qui empêche l’eau de s’infiltrer correctement vers les racines. Un haut grillage préserve le second situé sur le chemin forestier qui mène à Dain-en-Saulnois. Pour le premier, l’idéal serait d’installer une protection en bois, barrant ainsi l’accès au passage naturel qui permet de se glisser en dessous. Mais une nouvelle fois, l’argent manque… tout comme pour réaliser des panneaux d’information.   

(Source : presse régionale)

2 octobre, 2009 à 19:09


Un commentaire pour “A la rencontre des tortillards de Rémilly”


  1. Helene écrit:

    Bonjour, pouvez vous nous donner plus d’indications sur l’endroit exact où trouver ces tortillards à Rémilly svp ? Merci :)


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