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Carling : la cokerie sera fermée

N’ayant pas trouvé de repreneur avant la date fixée arbitrairement par l’entreprise allemande Rogesa, actionnaire majoritaire de la cokerie de Carling, le site lorrain fermera ses portes d’ici au 30 octobre. La date du 15 octobre aurait même été avancée. C’est en tout cas ce qu’a dernièrement annoncé le directeur de l’usine devant des salariés complètement médusés. Un nouveau drame humain et industriel pour notre Lorraine. Car la cokerie employait 400 personnes, sans compter les 300 employés de la sous-traitance présents en permanence sur le site. L’annonce de cette fermeture est ainsi venue donner un coup de massue supplémentaire à un secteur déjà largement affaibli du point de vue industriel par la crise que traverse la chimie de Moselle-Est depuis 2006. 

Rappelons que le sidérurgiste sarrois Rogesa avait repris la cokerie en 2004 aux Charbonnages de France, en promettant de maintenir l’activité pendant 5 ans. L’entreprise allemande a bien respecté sa parole, sans toutefois aller au-delà. Rogesa ne s’est ainsi pas fait prier pour annoncer son intention de fermer le site confronté à une perte de 200 euros par tonne de coke produit. Le coke, dérivé du charbon utilisé dans la sidérurgie, souffre en effet de la crise économique qui a entraîné une forte baisse de la demande des produits métallurgiques. Pourtant la cokerie de Carling, l’un des derniers vestiges du passé minier de Lorraine, dispose encore d’une capacité d’un million de tonnes par an. 

Le dernier repreneur en date n’ayant malheureusement pas obtenu de garanties bancaires suffisantes, un plan social a dernièrement été annoncé. Ce dernier concerne uniquement les 166 salariés qui ont été embauchés directement par Rogesa. 55 employés devraient ainsi être reclassés en interne. Les autres n’auront plus que leurs yeux pour pleurer dans un contexte plus que morose.   

Pourtant, sans vouloir donner de faux espoirs, certains veulent encore croire qu’il reste une flamme dans les fours de la cokerie. Alors que le conseil général de la Moselle vient tout juste d’inaugurer la nouvelle maison du département à Saint-Avold, ce dernier a par ailleurs annoncé que Rogeas avait refusé de discuter avec un groupe chinois candidat à la reprise de la cokerie de Carling et qui avait apparemment fait des offres. Le problème, c’est que l’entreprise allemande n’aurait même pas daigné répondre aux demandes de rendez-vous exprimées par ce contact de la dernière chance. Le département de la Moselle a également fait savoir qu’il serait plus que convenable de répondre à ce nouvel interlocuteur asiatique. Cependant, il faut néanmoins avouer que le dossier chinois présente un lourd handicap. Le repreneur éventuel souhaite ainsi louer pendant un an la cokerie. Il aviserait seulement après de la suite à donner à cette affaire. Rogesa a refusé ce principe, par mesure de précautions. 

(Source : presse régionale)

20 septembre, 2009 à 11:12


2 Commentaires pour “Carling : la cokerie sera fermée”


  1. maissi écrit:

    La France
    ne serait-elle pas destinée
    selon les voeux de la World Cie
    à n’être plus que le « bronze-cul »
    des prédateurs du monde ?

    Bon courage
    Amicalement

    Dernière publication sur J' OSE : Bonne fête MAMAN (s) !

  2. Une contribuable lorraine écrit:

    Quelle surprise inattendue…

    Pourtant, sur le blog du CG57 (http://economiecg57.over-blog.com/article-35132659.html) ne lit-on pas encore aujourd’hui :
    « Hier, dans la soirée, un repreneur asiatique a finalisé un accord de confidentialité relatif à la Cokerie de Carling. »
    [...]
    « Le résultat obtenu confirme la pertinence de la stratégie de prospection industrielle souhaitée par Philippe LEROY depuis 2006, qui vise à renforcer la présence de Moselle Développement sur les marchés asiatiques (Japon, Chine et Inde en particulier).  »

    C’est en effet une belle confirmation…

    Il faudrait que quelqu’un quelque part ait la clairvoyance, le courage et le pouvoir de stopper les agissements délirants et exorbitants de M. Leroy en matière économique.

    Les partenariats de prospection de proximité, intelligemment mutualisés depuis de nombreuses années avec le CG54, en Italie et en Espagne, ont été jetés aux orties en janvier, unilatéralement et sans préavis par la Moselle, qui a besoin d’économiser sur tous ses budgets d’intervention économique pour pouvoir financer sa folie asiatique.

    Comme eux, ayons la foi et ne doutons pas un seul instant que lorsque des industriels chinois souhaiteront investir le marché européen ils se frapperont le front du plat de la main en s’exclamant : « Mais, c’est bien sûr en Moselle qu’il faut créer des emplois ! »

    Et à nous contribuables le retour sur investissement.

    CQFD.


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