Centre de ressources numériques sur la Lorraine. Archives du Groupe BLE Lorraine.

La faïence et le cristal de Lorraine dans la tourmente

Le groupe Faïence et Cristal de France a récemment déposé une demande de placement en redressement judiciaire devant la chambre commerciale du Tribunal de Grande Instance de Metz. Pour les dirigeants du groupe, cette solution apparaît comme le seul moyen de préserver l’avenir et la pérennité de l’entreprise et ses savoir-faire, afin d’être en mesure de « relever la tête quand la conjoncture le permettra ». Certes, mais encore faudra t-il pour faire machine arrière. Ainsi, pour ces mêmes patrons, le maintient des deux sites de production de Niderviller et de Saint-Clément ne serait pas viable dans la conjoncture actuelle. C’est pour cela qu’ils ont dernièrement proposé de transférer la production industrielle de la faïence de Niderviller à Saint-Clément. Un nouvel ajustement des effectifs, avec une vague de licenciements, est à craindre. Le site de Niderviller sera prochainement mis en vente, mais cela ne signifie pas toutefois que l’entreprise l’abandonne. En effet, il s’agira de faire comme à Saint-Clément, où la communauté de communes a acheté les bâtiments historiques, apportant ainsi de l’argent. Un « petit siège historique » sera donc tout de même maintenu à Niderviller. Le maître modeleur devrait également y rester, car le groupe entend bien faire ressortir de ses réserves quand l’horizon s’éclaircira un véritable trésor : 2 000 moules datant du XVIIème siècle qui lui donnent les possibilités d’effectuer des rééditions de pièces anciennes. Selon les syndicats, la situation est actuellement dramatique pour l’entreprises, dans la mesure où depuis que le gouvernement français a décidé de lever les quotas, le marché a bien évidemment été inondé de produits venant de Chine et d’Europe de l’Est, engendrant ainsi une très forte baisse des commandes. L’objectif est désormais de pérenniser les sites industriels et commerciaux de faïence. Le cristal a quant à lui et heureusement réussi à tenir le coup grâce à une importante commande de … Dubaï. 10 000 verres en cristal pour un montant de plus de 400 000 euros. Toujours est-i que ces difficultés récurrentes résonnent comme un nouvel exemple de disparition de tout un pan de notre industrie qui plus est traditionnelle. Après la fuite des cerveaux et des capitaux, voilà la fuite des savoir-faire… 

(Source : presse régionale) 

18 septembre, 2009 à 17:45


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