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L’AOC pour les vins de Moselle !

Une véritable révolution. Les viticulteurs mosellans obtiendront dès la fin de cette année, au pire au début de 2010, le précieux et très convoité label AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) qu’ils revendiquent depuis 5 ans. Ils rejoindront ainsi leurs compatriotes du Toulois qui en bénéficient quant à eux depuis 11 ans. Un classement qui devenait de plus en plus urgent, dans la mesure où la réforme des appellations fera disparaitre dès 2011 la catégorie VDQS (Vins Délimités de Qualité Supérieure) auxquels les vins de Moselle appartenaient. La nouvelle aire géographique AOC Moselle recouvrira l’ensemble des vignes actuellement en production dans le département, soit plus de 50 hectares répartis entre les côtes de Moselle du Pays Messin et du Pays des Trois Frontières au niveau de Sierck-les-Bains et les domaines aux alentours de Vic-sur-Seille. Il reste cela dit encore à définir précisément les critères qui établissent la typicité des vins de Moselle, ainsi que les critères de production, à savoir la pente, le type de sol, l’ensoleillement,… qui permettront d’adapter la carte de l’AOC Moselle au fur et à mesure du développement du vignoble sur les 900 hectares potentiellement exploitables. Ce classement résonne comme une véritable récompense pour tous les efforts accomplis par les viticulteurs mosellans, qui ont donc réussi à obtenir l’AOC en 5 ans pendant que d’autres en ont mis 10 ou 15. Il s’agit aussi d’une reconnaissance pour le vignoble mosellan lui-même, qui fut l’un des plus importants de France au début du XXème siècle, avant d’être ravagé par une épidémie de phylloxera et par la guerre. Le fruit d’une incroyable motivation et mobilisation qui pourrait même aboutir à l’anoblissement de la cuvée 2009, puisque les viticulteurs mosellans se sont d’ores et déjà appliqués à respecter les normes de qualité de l’appellation d’origine contrôlée. Ils pourraient ainsi en bénéficier de manière rétroactive. Encore faudra-t-il le faire savoir aux Lorrains eux-mêmes et à la France entière… 

A noter de même que les viticulteurs des côtes de Meuse n’ont quant à eux malheureusement pas postulés à l’AOC dans le cadre de la réforme des appellations, alors qu’ils produisent depuis 1982 un « vin de pays ». Ils ont par contre choisi de prétendre au label européen IGP (Indication Géographique Protégée). Dans la Meuse, les exploitants ont énormément travaillé sur la qualité depuis qu’ils produisent du vin de pays. Ils peuvent donc assez facilement concourir à valoriser leurs efforts. 

D’un point de vue global, il y a actuellement 60 viticulteurs en Lorraine. Les Côtes de Toul en comptabilisent à elles seules presque la moitié avec 29 exploitants. Ce vignoble est en effet le plus réputé de notre belle province. Il a produit l’an dernier environ 4 200 hectolitres de vin, soit 560 000 bouteilles de pinot gris ou noir et de blanc, notamment de l’auxerrois. A noter que les deux tiers de sa production sont valorisés en « mousseux de qualité ». Vient ensuite le vignoble de Moselle composé de 26 exploitants (dont un à Pagny-sur-Moselle en Meurthe-et-Moselle hors du territoire de l’appellation VDQS). Ces derniers ont vinifiés 1 960 hectolitres, ce qui représente près de 260 000 bouteilles. A noter ici qu’une grande partie de la production est prévendue avant même la récolte, le plus souvent à des particuliers. Dans la Meuse, on dénombre 6 viticulteurs très actifs, dans la mesure où ils produisent presqu’autant que leurs confrères mosellans, pourtant quatre fois plus nombreux, avec plus de 1 600 hectolitres en 2008. Enfin, un exploitant est recensé dans le département des Vosges à Laneuveville-sous-Montfort, près de Vittel. 

Pour la cuvée 2009, dans l’ensemble des vignobles lorrains, les vignes ne sont pas trop chargées. Mais le raisin est paraît-il de très bonne qualité.    

(Source : presse régionale) 

3 septembre, 2009 à 11:27


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