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Commercy racketté par la SNCF

Mais qu’a donc fait la Lorraine pour qu’on lui en veuille autant. Ou plutôt que représente t-elle aux yeux de Paris et de ses sbires ? C’est toute la question. Ce refrain lancinant qui revient et qui se répète encore, toujours, devient usant. Voilà maintenant que la SNCF essaye de soutirer de l’argent à la petite ville de Commercy, dans la Meuse, déjà meurtrie par les menaces des restructurations militaires. Les mauvaises langues nous diront que ce qui se passe en Lorraine, l’est aussi en Bretagne ou ailleurs. Non. Une telle accumulation de méfaits avec une précision aussi chirurgicale ne peut être due au hasard. Improbable. Impossible. Commercy, ville fleurie de 7 000 âmes réputée pour son château Stanislas et surtout pour ses fameuses Madeleines (et oui au passage ce produit n’a pas été inventé mais récupéré par les Bretons), fait l’objet d’un véritable acharnement contre elle, comme ses voisines, lorraines aussi, à savoir Metz, Dieuze et les autres. L’Etat français veut lui retirer injustement ses militaires, la condamnant à mourir à petit feu, presque dans l’indifférence générale. La SNCF, téléguidée par on ne sait plus trop qui à vrai dire, Paris ou la rentabilité, en tout cas plus par la mission de service public, veut lui soutirer son arrêt TGV. Le TGV, dernier lien qui relie chaque jour Commercy à Paris. Le fameux TGV, celui-là même pour qui l’odieuse SNCF avait supprimé les 5 allers-retours Corail quotidiens entre les deux villes. Le TGV encore en guise de compensation. Mais avec certaines conditions, aussi iniques les unes que les autres. La première voulait que cet aller-retour en TGV ne soit qu’à titre expérimental. Mais qui pose les hypothèses et le protocole de cette expérience ? La SNCF évidemment. La seconde condition était que les collectivités locales reversent annuellement la modique somme de 350 000 euros pour cette compensation. Peut-on dès lors parler de compensation ? Voyez-vous, nous pensons que les termes de « procédés mafieux odieux» seraient plus appropriés. Enfin, le maintient de ce racket, pardon de cette « compensation », nécessitait l’atteinte d’un trafic moyen de 30 passagers par jour, considéré, de manière unilatéral bien entendu, comme étant le seuil de rentabilité minimum pour la SNCF. Faute de quoi, l’expérience ne serait plus prolongée. 

A l’heure actuelle, ce dernier est à peine de 15 passagers par jour. Mais comment en aurait-il pu en être autrement. C’est vrai après tout, l’hypothèse expérimentale de la SNCF a fixé le départ en gare de Commercy à 5h52. Un horaire bien matinal qui n’arrange personne, sauf la SNCF bien sûr. Cette dernière veut donc arrêter de desservir la petite ville meusienne en ayant biaisé délibérément sa propre expérience. Mais continuons, la suite est un véritable délice criminel. Tenez-vous bien, car dans son extrême générosité la SNFC est finalement prête à consentir, telle une prostituée, le maintient de l’aller-retour pour non plus 350 000 euros mais 440 000 euros ! L’augmentation des enchères viserait ainsi à compenser le manque à gagner estimé dû à la faiblesse du trafic. Mais au fait, pour qui devait être initialement la compensation ? C’est la prostituée qui baiserait son client maintenant ? 

Le maire de Commercy, qui a le mérite de rester encore courtois, a d’abord proposé à la SNCF de décaler l’horaire de départ, afin d’attirer plus de monde. Ensuite, il lui a même demandé d’ajouter à la ligne un arrêt à Toul. La SNCF n’a pas trouvé d’autre réponse que cette solution coûterait à la commune… 560 000 euros ! Mais n’y a-t-il donc que l’argent qui intéresse cette pieuvre aux yeux de dollars ? 

Voyez-vous messieurs dames, ceci n’est que le dramatique exposé d’une petite ville qui a vu son avenir s’assombrir du jour au lendemain, sous les coups de butoirs répétés de Paris et de la SNCF. Hier paisible, Commercy lutte désormais pour sa survie, contre un enclavement qui lui a été imposé injustement. Cette histoire n’est pas encore terminée. La ville et son bourreau doivent encore se rencontrer en septembre afin de trouver un accord ou… une date d’exécution. 

16 août, 2009 à 11:55


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