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Autant de trésors à mettre en valeur …

Metz, ville aux 3 000 ans d’Histoire, est l’une des cités les plus anciennes et les plus riches d’Europe en matière de patrimoine. Au point de ne plus savoir quoi faire de tous ses monuments ! Petit tour d’horizon de ces joyaux en déshérence à remettre an vie. Et, de la tour Camoufle à la Porte des Allemands, en passant par les greniers des Antonins et de Chèvremont, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du boulot … 

Alors que d’ici un an à peine, le fameux Centre Pompidou-Metz est appelé à devenir le véritable fer de lance du rayonnement culturel messin, nombre de fières bâtisses de la cité ne sont aujourd’hui plus que de belles coquilles vides. A tel point que dans le milieu de la culture, on se demande si au final, Pompidou ne mobiliserait et n’accaparerait pas tous les budgets.

Grenier Chèvremont Metz

Le Grenier de Chèvremont à Metz (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Commençons par le château d’eau de la gare, un des édifices majeurs du Quartier Impérial. Alors que son rez-de-chaussée sert de parking à des vélos de location, son sommet, qui offre pourtant une vue à 360° imprenable sur toute la ville, est malheureusement fermé aux visiteurs. Une antenne d’informations sur la Quartier Impérial pourrait très bien y prendre place, de même qu’une résidence pour artistes, ou tout simplement un belvédère … C’est justement ce qui manque le plus à Metz, l’exploitation des hauteurs de certains édifices, comme de certaines parties souterraines, qui offriraient ainsi des parcours et de visites originaux. Vestige des anciennes fortifications qui entouraient la ville, la tour Camoufle édifiée en 1437 et qui se dresse sur l’avenue Foch, a abrité un temps la cellule régulation et signalisation lumineuse avant d’être restaurée et désertée.  Afin de lui redonner vie, certains proposent qu’un comité de soutien à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO vienne s’y installer. Une exposition permanente inhérente à l’urbanisation du Quartier Impérial serait également la bienvenue dans ses murs. Continuons notre tour d’horizon avec le cas des greniers de Chèvremont et des Antonins. Ces deux immenses bâtisses méconnues sont pourtant exceptionnelles du fait de leur rareté. En effet, des trois greniers à grains d’Europe, après la destruction de celui de Nuremberg, il ne subsiste que ces deux-là, à Metz, et entièrement restaurés qui plus est. Le premier abrite en son rez-de-chaussée une infime partie des immenses collections des Musées de la Cour d’Or, alors qu’il pourrait leur offrir 4 niveaux d’une superficie totale de 1 600 mètres carrés. Le second est censé appeler à accueillir la DRAC (Direction Régionales des Affaires Culturelles). C’est en tout cas ce que signale désespérément la plaque apposée sur son fronton. Mais à l’heure actuelle, il n’y aurait plus de déménagement de prévu. De toute manière, même si c’était le cas, il faudrait trouver autre chose pour les bâtiments de la place Saint-Etienne. Arrêtons-nous maintenant au niveau du château-porte des Allemands. Datant du XIIème siècle, l’édifice est en effet l’un des derniers exemples du genre en Lorraine et dans toute la France. Une fierté, un véritable joyau qui pourrait encore plus profité au quartier Outre-Seille, par exemple en devenant une vitrine de maître d’art.  De même, non loin de là, mis à part son rez-de-chaussée, la Maison de Rabelais n’est en aucune mesure mis en valeur. Et ce pour des raisons de sécurité, paraît-il … Cependant, cette dernière referme une fenêtre géminée romane uniquement visible à l’intérieur du premier étage. Enfin, même s’ils ne sont pas visibles, les WC publics de la place Saint-Jacques existent bel et bien, dans la partie souterraine de la place. Fermés depuis des lustres bien que restaurés en l’état, ils s’étalent sur plus de 100 mètres carrés. Aussi insolite soit-il l’endroit est depuis désespérément inutile. Pourquoi ne pas alors en faire un refuge 5 étoiles pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle ? 

Notre visite des monuments oubliés par la municipalité messine est terminée, mais elle aurait très bien pu continuer du côté du palais abbatial et du jardin Saint-Arnould, de l’ancien Palais des rois d’Austrasie, de la basilique Saint-Vincent, des églises des Trinitaires, des Petites Carmes et de Saint-Livier, des chapelles de l’Ancienne Miséricorde, de Sainte-Constance et de Saint-Nicolas, de la plus petite maison de Metz située en Nexirue, du clocher du temple de Garnison, du fort de Belle-Isle, mais également du pavillon Blondel et des fossés du bastion royal de la citadelle … Bref, les monuments oubliés ne manquent pas à Metz pour ceux qui tentent actuellement d’en dresser l’inventaire. Il faudrait vraiment que certains agissent et se décident à leur trouver une nouvelle ambition. Qui a dit que le maire actuel s’intéressait au patrimoine ? Qu’il nous le prouve une fois pour toute !

16 août, 2009 à 11:55


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