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L’Open de Moselle : un tournoi à vendre

L’information n’est en effet plus confidentielle depuis quelques temps et l’annonce officielle de mise sur le marché par Sport-Five (Lagardère-Sport), propriétaire du désormais célèbre tournoi mosellan, né en 2003 et inscrit par l’Association Tennis Professionnelle (ATP) entre Tokyo, Munich, Washington et Barcelone. Si bien qu’il est légitime d’avoir quelques inquiétudes et de se demander si la Moselle gardera au-delà de 2009 et de la crise économique son bijou tant convoité. 

L’Open de Moselle cherche donc un repreneur et ne sera pas en tout cas 100% « fédéralisé », c’est-à-dire organisé et géré par la Fédération Française de Tennis (FFT) comme l’est Roland-Garros. En revanche, cette dernière se dit tout-à-fait prête à mettre la main au porte-monnaie pour conserver, non pas le rendez-vous messin, mais simplement la « semaine » inscrite au calendrier ATP. Car pour la FFT, peu importe que le tournoi soit finalement en Lorraine ou ailleurs, du moment qu’il reste en France.  En effet, de nos jours, être propriétaire d’un tournoi, cela signifie avant tout posséder un espace dans le calendrier. Ce qui s’avère pour le moins compliqué tant la concurrence mondiale est rude. Et encore plus aujourd’hui, car la crise économique qui touche notre belle province offre des opportunités aux uns et aux autres. Cela dit, on constate le même son de cloche à Lyon par exemple, qui vient dernièrement de perdre 2 de ses 4 sponsors principaux et qui a décidé de baisser ses prix de 200 000 euros. Si bien que tous les partenaires économiques et institutionnels sont logiquement prudents par les temps qui courent. Mercedes s’est ainsi retiré du circuit, occasionnant une perte sèche pour tous les tournois de la planète. Le budget de Metz dépasserait les deux millions. Mais c’est une telle somme qui fait la grandeur d’une manifestation enviée. La question est donc la suivante : si d’autres partenaires ne se lancent pas dans l’aventure, les acheteurs potentiels auront-ils les moyens suffisants pour assurer la pérennité de l’Open de Moselle ? Car le prix de l’Open 57 avoisinerait tout de même les 1,5 million d’euros. Or, outre l’étranger, une ville française est sur les rangs, à savoir  Orléans, qui a devancé tout le monde pour faire une offre. La ville du Loiret possède en effet un « challenger » dont la dotation en prix l’amènerait au sixième rang des tournois de l’Hexagone, juste derrière Metz. Et « ironie du sport », ce sont les dirigeants mosellans qui ont partagés leur savoir-faire pour lancer l’épreuve orléanaise voici quelques saisons ! Quelle gratitude et quel remerciement nous font donc là les maudits Orléanais. Mais à la base, ce sont tout de même les Mosellans qui ont commis une terrible erreur en aidant les gens du Loiret. Encore une fois le si lancinant refrain lorrain revient à la charge : Trop bons trop cons ! Qu’on retienne une fois pour toute la leçon dans la jungle terrible de la concurrence.

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En effet, l’Open de Moselle, le cinquième sur le circuit français après Roland-Garros, Bercy, Marseille et Lyon, a de quoi faire de nombreux envieux. Avec plus de 35 000 spectateurs pour une semaine de compétition et nécessitant plus de 300 personnes qui travaillent sur le site pendant 10 jours, le tournoi lorrain en a vu passer des sacrés clients : Djokovic (actuellement numéro 3 mondial et vainqueur de l’Open de Moselle en 2006), Murray, Gonzalez, Soderling (acteur principal et finaliste malheureux du dernier Roland-Garros), Safin, Corretja, Davydenko, Baghdatis, Stepanek, Canas, Philipoussis, Tursunov, Robredo et Ljubicic mais aussi les Français Simon, Tsonga, Monfils, Gasquet, Mathieu, Benneteau Santoro, Clément, Llodra er Chardy. Tous auront donné de plus en plus de prestige au tournoi mosellan, labellisé « meilleure organisation européenne » en 2004 par l’ATP. Les connaisseurs apprécieront. Et la septième édition de cette année s’annonce d’ores et déjà comme la plus grandiose de toutes. Du beau spectacle en perspectives au palais omnisport des Arènes de Metz ! Le rendez-vous messin est aujourd’hui le plus solide de tout le Grand Est et a su attirer les stars du circuit international, ainsi qu’un public fervent et assidu composé entre autres de connaisseurs et de jeunes prometteurs des écoles du secteur. 

C’est pour toutes ses raisons que nombre d’élus mosellans et le directeur du tournoi ont multiplié contacts et concertations ces derniers jours. Car depuis l’officialisation d’une concurrence éventuelle, une prise de conscience s’est enfin opérée chez les partenaires lorrains. Notamment chez les entreprises qui ont eu des réactions positives. En effet, l’Open de Moselle a un impact important pour le sport et l’économie locale, dans la mesure où le tournoi est devenu une zone d’échanges commerciaux, un véritable carrefour même. Car derrière la petite balle jaune qui fuse dans la salle enthousiaste, de nombreuses entreprises sont concernées. Certaines vivent même grâce à ce budget annuel, d’autres ont créé des emplois. Il faut savoir que sur les 2 millions de budget, les trois quarts sont directement ou indirectement injectés dans les entreprises locales !  Si bien que les gestionnaires actuels du rendez-vous messin, qui ne sont pas propriétaires, à savoir le conseil général de la Moselle, la Ville de Metz, Julien Boutter et ses amis, les entreprises locales et compagnie se sont mis en ordre de marche pour racheter le tournoi et l’implanter définitivement en Lorraine. Pour cela, ils se sont organisés en société anonyme, dont les rangs sont venus se garnir des nom de célèbres champions comme Fabrice Santoro et Fabrice Dumartin (cavalier), mais aussi de partenaires économiques influents comme par exemple Jacques Bungert (directeur de l’Evian Masters, la plus grande épreuve mondiale de golf féminin). L’offre lorraine apparait donc aussi solide que crédible et c’est tant mieux ! De plus, les Mosellans et leurs alliés compte bien développer encore plus le tournoi messin et le faire passer dans la catégorie supérieure. Néanmoins, l’achat de l’épreuve ne résoudrait pas complètement les difficultés. Car si réunir une somme suffisante pour s’approprier une compétition riche en finalistes de renom appartient au domaine du réalisable, assumer annuellement le coût de fonctionnement et d’organisation est une tout autre chose…

27 juin, 2009 à 1:28


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