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Bientôt la fin de la cokerie de Carling ?

Le site de Carling et ses 400 salariés encaissent de plein fouet la crise de la demande sur le marché de l’acier. En effet, le coke, matière indispensable pour alimenter les hauts fourneaux et produire de la fonte, ne se vend plus. A Carling, la montagne de stocks devient de plus en plus imposante et atteint actuellement les 400 000 tonnes. Au rythme de 60 000 t par mois, elle devrait avoisinait les 700 000 t en fin d’année, ce qui représente une immobilisation de 250 millions d’euros. Une somme considérable. Rappelons que la cokerie de Carling des Houillères du Bassin de Lorraine avait été reprise par la sidérurgie sarroise en avril 2004, via Rogesa, filiale des Aciéries de Dilling et de Saarstahl, avec un engagement de fonctionnement pour cinq années, qui a jusqu’à présent été parfaitement tenu. La cokerie mosellane permettait aux sidérurgistes sarrois, en période de haut de cycle de la demande, de sécuriser leur approvisionnement et de pallier la défection de leur propre cokerie ZKS à Dilling, en proie à des problèmes de maintenance de ses fours de haute taille. A l’époque, les Sarrois avaient été séduits par la mise aux normes environnementales, les compétences du personnel issu des HBL et par les critères de qualité des cokes livrés. Le site de Carling en fournissait ainsi parfois jusqu’à 800 000 tonnes pour les hauts fourneaux de Rogesa. Mais la crise a changé la donne, puisque Rogesa a arrêté un de ses hauts fourneaux et réduit sa production de fonte à Dilling. L’ultime espoir pour préserver les 400 emplois et les 350 de la sous-traitance serait de demander à Rogesa de ne pas lancer son projet d’une nouvelle tranche de fours à la cokerie ZKS programmée pour 2011, ou du moins de le différer, afin de permettre à Carling de tenir le coup. Quoiqu’encore, cela ne serait-il pas au final un sursis de plus ? Non, car il faut se battre pour préserver les 750 emplois que sous-tend la cokerie de Carling. Une autre solution serait également de chercher un repreneur, c’est ce à quoi s’active le directeur du site en établissant des contacts directs ici et là. Mais la mission paraît objectivement difficile, pour ne pas dire impossible, compte tenu du délai extrêmement serré, 3 mois, pour valider l’opération. Toujours est-il que le directeur entend aussi valoriser les gaz de cokerie qu’il fournissait auparavant à la centrale voisine de la Snet, en les vendant à un thermicien allemand. Le bon état de la cokerie lorraine, qui pourrait produire encore jusqu’en 2020 et fabriquer des cokes de haute qualité, plaiderait néanmoins en sa faveur. Dans le cas contraire, cela constituerait un énième gâchis pour l’industrie de notre province. 

22 juin, 2009 à 11:15


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