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Pipeline : au tour de l’étude de faisabilité

Une étude de faisabilité se penchera sur l’idée préconisée par François Loos qui consiste à raccorder la plateforme chimique de Carling à Ludwigshafen en Allemagne, joignant ainsi la pétrochimie lorraine au réseau européen. Celle-ci fait suite à la précédente étude d’opportunité, qui concluait à l’intérêt de principe d’un tel raccordement, que ce soit pour remplacer des installations appelées à disparaître ou pour livrer des quantités supplémentaires de matières premières aux industriels du secteur. L’avenir de la pétrochimie en Lorraine en dépend. En effet, il est sera nécessaire de continuer à alimenter l’industrie mosellane en éthylène et en propylène, alors que son unique fournisseur, l’avide Total Petrochemicals (TPF pour les intimes), se désengage de leur production.  Ainsi, si TPF se réjouir de la perspective d’un nouveau marché sur lequel il pourra écouler ses produits avec ce futur pipeline pétrochimique, le groupe risque de ne pas apprécier de se voir retirer le monopole dont il bénéficie actuellement. Mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. La réalisation du pipeline arrangerait en tout cas les sites Arkema de Carling et Ineos de Sarralbe, en Moselle. Elle leur permettrait de sécuriser leurs approvisionnements dans un contexte de restructuration chez leur unique fournisseur, TPF, implanté lui aussi à Carling. Cela dit la Lorraine redoute que l’apparition d’une source d’approvisionnement concurrente à celle de Total Petrochemicals France ne conduise le groupe à annoncer son retrait du site plus tôt que prévu. Enfin, pour ce qui est du tracé du futur gazoduc, François Loos défend un projet de 150 km à mettre en chantier d’ici à 2019 pour un investissement minimal de 75 millions d’euros. Parmi les 7 hypothèses de tracé reliant Carling et Sarralbe au site de production de BASF à Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat), il privilégie ainsi et à juste titre un itinéraire passant essentiellement par l’Allemagne sur 95 km, permettant d’éviter les parcs naturels régionaux de Lorraine, des Vosges du Nord et de la Forêt palatine. Ce tracé nous semble d’autant plus judicieux qu’il emprunte déjà le parcours du gazoduc actuel entre Ludwigshafen et la station d’arrivée en Lorraine, à Obergailbach, à 15 km de Sarreguemines. Ce pipeline est à nos yeux un élément structurant de l’avenir de la filière pétrochimique dans notre province et de son développement futur. Et comme toujours il n’y a plus de temps à perdre (pour sauver ce qui peut encore l’être) !

20 juin, 2009 à 10:56


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