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La Lorraine, une province en perpétuelle reconversion ?

Alors que http://pubs.lemonde.fr/5/BUSINESS-LEMONDE/articles_economie/exclu/206927122/Middle/OasDefault/lm_malakoff_pb04_pave600/malalmmm.html/35303764616333373439653561346230?&_RM_EMPTY_l’aciérie d’ArcelorMittal de Gandrange qui comptait 600 salariés s’est définitivement tue le 31 mars, un autre site mosellan du sidérurgiste, celui de Florange, fut foudroyé peu de temps après par l’annonce de l’arrêt provisoire d’une partie de sa production. Et là, ce sont près d’un millier de salariés qui vont subir des mesures de chômage partiel. Le sort de cette industrie continue donc de faire des ravages dans le tissu économique lorrain. Mais ces secousses ne sont pas comparables avec celles des années 1980. Car depuis, et selon certains, la Lorraine aurait effectué « une révolution économique et sociale ». Ainsi, les mines de fer et la sidérurgie employaient 98 000 personnes en 1968. A titre de comparaison, le secteur en compte à peine 6 000 aujourd’hui. De même, en 1975, 2 330 000 personnes vivaient en Lorraine. En 1990, notre province comptait 2 305 000 habitants. Cette perte démographique n’est toutefois pas énorme au regard de l’ampleur de la crise. Et depuis, notre province a bien rattrapé ce retard.

Néanmoins, dans les années 1980-1990, le principal problème résidait dans le fait que les qualifications des anciens sidérurgistes mis sur le marché du travail s’avéraient difficilement exploitables pour d’autres secteurs d’activités. Si bien que les politiques publiques ont donc essentiellement visé à attirer en Lorraine des activités à faible valeur ajoutée. On connaît cela dit ce qu’il est advenu des fameuses « usines tournevis » de Daewo, JVC et Scholtès, qui ont connu à leur tour fermetures et délocalisations, au fur et à mesure de la mondialisation. Aujourd’hui, le secteur de la chimie est également fortement secoué, à tel point que l’on se demande jusqu’à quand cette filière va pouvoir perdurer. 

Toujours en ce qui concerne les activités industrielles, la construction automobile s’est quant à elle fortement développée, jusqu’à presqu’occasionner à un moment donné une nouvelle forme de dépendance économique.  En effet, entre 1975 et 2008, le nombre des salariés du secteur a doublé, passant de 10 000 à 20 000. L’implantation du site de fabrication de la Smart à Hambach, en a d’ailleurs renforcé la vitalité. La petite citadine affichant même des résultats incroyablement bons en période de crise, alors que toute l’industrie automobile semble plongée dans le marasme. Un secteur tertiaire marchand dense s’est en outre développé, contribuant ainsi à la diversification de l’économie lorraine. Ce dernier représentait en 2007 310 000 des 880 000 emplois de notre province. Cependant, ce qui est vraiment regrettable et préjudiciable pour la Lorraine, c’est que le virage des services aux entreprises à haute valeur ajoutée n’a pas véritablement été bien négocié. Le développement des technos parcs et autres éco parcs ainsi que l’installation de GECI International pour ce qui est de la filière aéronautique semblent pourtant porteurs d’espoir et en mesure de changer la donne. 

Mais le principal amortisseur de la saignée industrielle a été la proximité du Luxembourg. Et là les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ainsi, au début des années 1990, il y avait 15 000 travailleurs frontaliers en Lorraine. Ils sont aujourd’hui 72 000. Des opportunités d’emplois qui ont fait revenir des habitants. De même et à titre d’exemple, le Pôle européen de développement de Longwy, même s’il n’a pas tenu toutes ses promesses en termes de retombées économiques, a amélioré la coordination entre pouvoirs publics lorrains, luxembourgeois et belges. Son modèle a d’ailleurs influencé le projet d’Esch-Belval, énorme centre d’activités tertiaires et universitaires, qui promet 20 000 emplois sur les trois frontières. 

25 avril, 2009 à 11:35


Un commentaire pour “La Lorraine, une province en perpétuelle reconversion ?”


  1. Erasme de Metz écrit:

    Bon résumé de l’histoire industrielle récente.
    Ce qui est intéressant sur la filière aéronautique, c’est la constitution du cluster Aériades. Une démarche collective venant du terrain.
    Ceci a pu servir de base à une promotion institutionnelle du territoire sur le thème de l’aéronautique en étant crédible.
    Un cercle vertueux entre entreprises et collectivité, assez rare pour être noté…mais qui donne des idées pour reconvertir le territoire; car oui, et ce n’est sans doute pas spécifique à la Lorraine, les territoires sont en perpétuelle reconversion. Le chocs sont peut-être un peu plus violents et rapides pour la Lorraine.


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