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Retour sur l’Exposition internationale de Nancy en 1909

Les BLE ouvrent une nouvelle rubrique intitulée « C’était hier en Lorraine » afin de retracer certains des grands évènements de l’histoire moderne de notre belle province. Première étape de ce formidable voyage à travers le temps à Nancy, pour un retour en 1909, année de l’Exposition internationale de l’Est…

Six mois de festivités, plus de deux millions de visiteurs : l’Exposition internationale de l’Est de la France qui se tint dans la cité ducale du 1er mai au 31 octobre 1909 au parc Sainte-Marie et à l’Esplanade Blandan fut un véritable succès. Cette année là, tout le monde de l’industrie et celui des arts se sont présentés sous leurs plus beaux atouts…

Pourtant le contexte de l’époque n’était guère à la réjouissance dans cette Lorraine déchirée en deux. Mais l’ambition n’en était pas moins grande. En effet, alors que la Moselle avait été annexée par le Reich allemand après la guerre de 1870-1871, il s’agissait de présenter une vitrine de la vitalité et du progrès des provinces de l’Est face à une Allemagne perçue comme arrogante et volontiers conquérante. Sur les deux millions de visiteurs, la seule journée du 17 octobre en attira plus de 53 000. Ce jour avait ainsi été décrété « Journée des Messins ». D’ailleurs, plusieurs centaines d’entre eux arrivèrent la veille. Ils bénéficiaient d’un prix d’entrée exceptionnellement abaissé à 25 centimes. Un grand moment de l’histoire lorraine encore aujourd’hui méconnu. Près d’un demi-siècle après une exposition internationale similaire qui s’était tenue à Metz en 1861, il était indispensable de montrer les progrès considérables réalisés par l’industrie depuis une génération à Nancy et dans les départements limitrophes.

Pour que cette exposition soit grandiose et marque la mémoire collective, un chantier exceptionnel démarra au cours de l’été 1908 afin de bâtir les six palais qui devaient abriter la métallurgie, l’électricité, le textile, les arts libéraux, l’alimentation et les transports. Ces palais étaient de formes et de grandeurs inégales, ce qui permit à chaque architecte d’oser une certaine originalité. Ils encadraient le palais des Fêtes et s’ouvraient au centre sur un jardin à la française dont les couleurs vives tranchaient avec la blancheur des façades. Ce palais des Fêtes, avec son dôme culminant à 35 mètres de haut, abrita une quarantaine de congrès durant l’exposition internationale. Cette dernière fut ainsi le théâtre de nombreuses réjouissances : congrès, festivités anglaises, belges, compétitions sportives, fêtes des fleurs, de la vigne et du houblon, cortège historique rappelant les heures glorieuses de la Lorraine,… L’Ecole de Nancy fut bien entendu mis à l’honneur et eu droit à son pavillon où furent célébrés Majorelle, Prouvé, Daum, Gruber et Vallin. La nouvelle Ecole des Beaux-arts, dont les travaux avaient débutés en 1906, accueillit quant à elle des expositions de peinture et de sculpture. Les villes d’eaux vosgiennes comme Vittel et Contrexéville, les Eaux et Forêts, les désormais défunts Magasins Réunis, la Collectivité du gaz ou encore Saint-Gobain disposaient également d’un pavillon à proximité d’attractions foraines, de restaurants et de kiosques. Mais outre les perles lorraines, le pavillon colonial et le village sénégalais qui sera ensuite présenté dans différentes villes en France, le village alsacien se distingua particulièrement. En effet, une maison typique avait été reconstruite sur place. Et à la différence de tous les autres édifices malheureusement voués à être démolis, cette maison alsacienne demeure encore aujourd’hui le seul et unique vestige de l’Exposition internationale de Nancy. Dès la fin de celle-ci, les démolisseurs se mirent à l’œuvre, tournant ainsi l’une des pages les plus exotiques de notre Lorraine.     

19 avril, 2009 à 11:03


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