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Metz : la chimère de l’Euro 2016 ?

Si Nancy semble mieux armé et surtout mieux organisé actuellement pour accueillir des matchs de l’Euro 2016, dans le cas où la France serait désignée comme pays organisateur, le ou les projets, on ne sait plus à vrai dire du côté de Metz, semblent nettement moins bien ficelés. Attardons nous donc un peu plus sur le flou artistique et la confusion messine pour mieux en percevoir les enjeux. Pour cela, revenons quelques temps en arrière. En 2007, l’ambiance autour du F.C. Metz est plus qu’au beau fixe. Alors que le club survole la Ligue 2 et se dirige tout droit vers la montée, il change aussi beaucoup en coulisses, dans la mesure où Bernard Serin monte au capital pour devenir actionnaire majoritaire et successeur tout désigné de Carlo Molinari à la direction opérationnelle. Mais cette arrivée ne se fait pas seule. Elle est également marquée par la volonté claire, en tous cas en 2007, de redynamiser la vie sportive et financière du club à la croix de Lorraine. C’est dans ce contexte que le nouvel homme fort lance le projet « Grenat 2010 », véritable motif de réjouissance pour les supporters. En effet, l’idée est alors de redonner une dimension plus ambitieuse au club à l’aide de nouvelles ressources financières. La pierre angulaire du projet est en fait la rénovation complète du stade Saint-Symphorien, qui passerait de 26 000 à 32 000 places assises. Il aurait de même beaucoup plus d’espaces « VIP », très rémunérateurs pour les clubs, et serait encore plus confortable. Au-delà de l’idée d’agrandissement, qui peut paraître superflue à la vue des taux de remplissage faméliques de Saint-Symphorien ces dix dernières années, les grands thèmes de réflexion et d’aménagement, qui ont fait le succès des stades allemands ou anglais sont bien présents, et le projet est donc promis à un bel avenir.

Mais rapidement la situation s’enlise. Au delà d’un calendrier extrêmement serré, dans la mesure où mener un tel projet de bout en bout en 3 ans relève presque de l’impossible, la mise en ouvre bute sur des problématiques sérieuses de financement dans le contexte de la nouvelle relégation en Ligue 2 du F.C. Metz en 2008. S’ajoutent ensuite les nouvelles réflexions du club sur l’opportunité de construire un nouveau stade dont il détiendrait cette fois la propriété, sur le modèle des projets de Lyon, Lille ou encore du Mans. Le FC Metz voudrait alors un stade plus grand, de 40 000 places environ, et à un nouvel endroit, ce qui résoudrait les problèmes actuels d’accessibilité du stade, même s’il faut pour cela s’éloigner du centre-ville. Le but affiché est de participer à l’Euro 2016 qui pourrait se dérouler en France.

Même si le flou concernant les partenaires financiers persiste, le club ne pouvant bien entendu pas financer le stade sur ces fonds propres, l’idée de construire un stade flambant neuf, dont la concrétisation bute toujours sur le choix du lieu, a au moins réalisé une chose: décrédibiliser voire enterrer le projet « Grenat 2010 ». Or, tout plaide pourtant en sa faveur si l’on se penche plus précisément sur le dossier. Tout d’abord son coût: un stade comme par exemple la future « MMA Arena » du Mans (premier stade de ce genre en France avec le soutient de la Mutuelle du Mans Assurance qui en donnera le nom) et ses 25 000 places coûte au bas mot 100 millions d’euros. On peut donc tabler au minimum sur 150 millions d’euros pour un stade de 40 000 places à Metz. Estimer un coût de rénovation de Saint-Symphorien est un exercice difficile, mais 50 millions d’euros paraissent être un bon ordre de grandeur. La volonté du FC Metz d’être à terme propriétaire de son stade peut aussi se faire à Saint-Symphorien. On peut en effet imaginer une structure où la ville placerait le stade dans une entité financière et en délivrerait la propriété au FC Metz sur plusieurs années. Vouloir créer un stade qui serait aussi un « lieu de vie » n’est pas non plus impossible à Saint-Symphorien, puisque les virages et la tribune Sud ne sont pas encore exploités. C’est d’ailleurs ce que proposait le Projet « Grenat 2010 ». Les problèmes d’accessibilité et de parking ont eux aussi des solutions. Enfin, à ceux qui taxent le projet de Saint-Symphorien de manquer d’ambition sur le sujet de l’Euro 2016, il faut préciser que même avec un nouveau stade, les chances de Metz sont faibles, vu les enceintes en projet ou en construction ailleurs et la situation du club ces dernières années. Ainsi des stades de plus de 40 000 places seront bientôt disponibles ou en tout cas rénovés à Lille, Lens, Paris, Saint-Denis, Marseille, Nice, Strasbourg et Lyon. Il convient par conséquent de se méfier des effets de mode de nouveaux stades et de se pencher plus en détail sur le succès de rénovations réussies comme la Route de Lorient à Rennes ou encore le Signal-Iduna Park de Dortmund en Allemagne.

17 avril, 2009 à 18:18


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