Centre de ressources numériques sur la Lorraine. Archives du Groupe BLE Lorraine.

La lumière s’est éteinte

L’arrêt de l’aciérie de Gandrange constitue une fermeture très symbolique pour toute la Lorraine. Pourtant,  le 4 février 2008, à l’issue de 45 minutes de visite au pas de charge, un certain président, venu d’une lointaine ville se croyant régner sur notre belle province, s’était engagé, devant plusieurs centaines de sidérurgistes, à faire prendre en charge par son pays « tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir l’activité. Aujourd’hui, le constat ne peut être que plus lucide et implacable : le groupe sidérurgique a confirmé la fermeture de l’aciérie et donc la suppression de 571 emplois. Une soixantaine de salariés n’auraient d’ailleurs toujours pas reçu de proposition de reclassement. Ainsi, l’usine ArcelorMittal de Gandrange a vécu dans l’amertume ses dernières heures d’exploitation, après avoir produit en 40 ans 60 millions de tonnes d’acier. Mais pour les syndicats, « Gandrange restera, pour toujours, le symbole d’un mensonge d’Etat. Aujourd’hui, avec la fermeture de l’aciérie, c’est une nouvelle et douloureuse page de l’histoire de la sidérurgie lorraine qui se tourne ». Cathédrale industrielle mise en service le 10 septembre 1969, l’aciérie, où travaillaient quelque 350 ouvriers spécialisés, a donné sa dernière coulée jeudi dernier à 14H00 précises. Mais la direction a tout fait pour que les salariés ne le sachent pas, dans l’unique but d’éviter qu’ils en fassent un symbole, histoire de ne pas « célébrer » le glas de toute une époque. Triste et déplorable 

Pour le maire Gandrange, commune de 3 000 habitants, la fermeture de l’aciérie est une « catastrophe », dans la mesure où la cité va perdre 75% de ses ressources et 90% du montant de la taxe professionnelle. Pire, la ville n’a aucune certitude sur les compensations promises par l’Etat français. De même, les terrains de l’aciérie ont été cédés par la commune à la sidérurgie lorsque celle-ci s’est développée dans les années 1960. Aujourd’hui, le maire estime que la sidérurgie doit les restituer afin que Gandrange puisse préparer son avenir. Mais là encore, le combat s’annonce difficile… 

6 avril, 2009 à 23:13


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