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Une lueur d’espoir pour la sidérurgie lorraine

L’usine d’ArcelorMittal à Florange, dont l’un des deux hauts-fourneaux est actuellement à l’arrêt, devrait bénéficier d’un investissement de 300 à 400 millions d’euros à l’horizon 2014 dans le cadre d’un projet européen de modernisation de la sidérurgie. Florange pourrait ainsi devenir le site pilote dans la lutte contre les émissions de C02. Ceci constitue en tout cas une formidable opportunité pour la Lorraine. Le projet, baptisé Ulcos, est mené par un consortium de sidérurgistes européens (Estep). Il comporte une première phase de test qui se déroulera en 2010-2014 sur le site d’Eisenhüttenstadt, un haut fourneau de taille moyenne dArcelorMittal en Allemagne. La deuxième phase concerne Florange, avec la mise en service d’un démonstrateur industriel au cours de la période 2011-2015. Un nouveau procédé de fusion de la fonte qui permet de réduire de 50 % les émissions de CO2 sera développé. Il sera associé au captage et à l’enfouissement du CO2 en Lorraine. Une première mondiale pour la sidérurgie. Une fois la technique validée à Eisenhüttenstadt, le pilote industriel du projet complet sera lancé à Florange, avec recyclage des gaz et capture du CO2, qui sera ensuite enfoui en souterrain. Ce projet de captage avait été évoqué il y a un an, dans le cadre des mesures de pérennisation de l’activité d’ArcelorMittal en Lorraine suite à l’annonce de la fermeture partielle du site de Gandrange. Ce projet représente l’avenir de la sidérurgie dans un contexte de lutte contre le changement climatique. Les syndicats d’ArcelorMittal ont récemment indiqué que les études géologiques avaient conclu à la faisabilité du projet. 

Le choix de Florange tient en partie au fait qu’ArcelorMittal procédera à la rénovation de ses hauts-fourneaux, préambule indispensable à ce nouveau développement. Ce qui représente déjà un investissement de l’ordre de 300 millions d’euros. Le projet Ulcos permettra de pérenniser la production de Florange, et ce, même si les quotas de CO2 deviennent plus drastiques. En effet, l’Union Européenne impose à sa sidérurgie de réduire ses émissions de CO2 ou d’acheter des « droits à polluer », ce qui la rend par conséquent moins compétitive face à ses concurrents non européens. La production d’une tonne d’acier par un haut-fourneau se traduisant par l’émission de 2 tonnes de dioxyde de carbone. Ulcos devrait en outre permettre de diviser par plus de deux ce taux et d’enfouir le gaz restant. Cela devrait redonner de la compétitivité à Florange tout en rassurant sur leur avenir les quelque 3 500 salariés du site et les 600 chercheurs employés en Lorraine par ArcelorMittal, dans la mesure où le site serait pérennisé au-delà de 2012. Un argument qui sera sans doute utilisé par les sidérurgistes qui attendent un appui financier des gouvernements français, allemand et de l’Europe pour boucler le financement d’Ulcos dont le budget total s’élève à 1 milliard d’euros. 

16 mars, 2009 à 13:35


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