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L’œil de la mafia

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La Lorraine serait-elle devenue folle au point de se saborder elle-même ? Alors qu’un rapprochement sensible et historique se dessinait entre les maires de Metz et Nancy, le président du Conseil Général de la Moselle et son acolyte, le député UMP du même département, viennent d’écrire à Nicolas Sarkozy pour lui demander le transfert à Metz de six directions régionales d’orientations économiques entre autres, soit la quasi-totalité des institution à répartir, au nombre de huit. Cette action constitue un véritable acte de sabotage de la belle union lorraine affichée jusque là. Et les deux membres de cette joyeuse petite faction sont coutumiers du fait. Ils avaient en effet déjà préféré jouer en solo au moment de l’annonce de la restructuration des armées et ce, au détriment de l’union régionale qui aurait pourtant dû prévaloir. Et on voit aujourd’hui le résultat ! Ah oui, quelle classe, quelle stratégie finement déployée ! Franchement, chapeau bas. Et la leçon de ce précédent échec a semble t-il était bien méditée, puisque ces deux là récidivent, ouvrant ainsi les préliminaires avant une nouvelle désillusion. Pas plus tard qu’hier encore, le député UMP mosellan se distinguait bruyamment et « brillement », comprenez honteusement, par de nouveaux propos calomnieux et injurieux envers le maire de Nancy. Le maire de Woippy n’est rien d’autre que la marionnette du gouvernement français, le cheval de Troie de Paris en Lorraine, agitée sur la scène publique pour semer le désordre, quitte à devoir renier ses origines. Espérons que le peuple lorrain se souviendra de ce fait d’arme aussi pathétique que dérisoire, afin de ne plus jamais reconduire dans leurs fonctions ces deux élus, et ce, pour l’intérêt même de la Lorraine. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Toujours est-il qu’il compromet l’avenir de notre province et hypothèque sérieusement l’union et la stabilité régionales. Comment voulez-vous dès lors apparaître crédible et sérieux à Paris en faisant des coups pareils ? Pour le bien de toute la Lorraine, les deux élus mosellans devraient démissionner, avant d’accomplir d’autres forfaits tout aussi dommageables.

En raisonnant à l’échelle lorraine, il est strictement impossible d’arriver à la conclusion de la nécessité d’entreprendre une telle action si perfide envers Nancy. Ce n’est pas une autre partie de la Lorraine qu’il faut dépouiller pour en habiller une autre, rien que le gain en serait déjà nul ! Non, les compensations des armées de l’un ou de l’autre des sites lorrains touchés doivent être extérieures à la Lorraine ! Ce n’est quand même pas sorcier ! Mais non, on préfère allègrement se borner à de stupides clivages locaux et politiques, on préfère se pavoiser devant l’élite parisienne de son mouvement, plutôt que de servir honorablement la Lorraine.

Après l’égoïsme départementale au sujet de la réforme des armées, les propos pour le moins calomnieux envers les gens du voyage et cette nouvelle mais si triste affaire, cela commence à faire beaucoup pour le président du Conseil Général de la Moselle. Mais tout cela n’est que le pâle reflet de la réalité politique lorraine.

Car voyez-vous notre chère province est régie par une sorte de mafia, divisée en plusieurs clans, correspondant comme par enchantement aux  frontières départementales ou cantonales. Au-dessus de cette division règne une autre, celle des partis, où chacun se place selon ce que lui dicte son torticolis. Cette fracture, plus encore que la première, n’a strictement aucun intérêt pour la Lorraine et ne fait que cristalliser des divisions ancrées encore plus profondément dans le sillage lorrain. Les règles de fonctionnement de ces petites cliques sont pourtant bien simples et connues de tous. On essaye de rassembler à coup de serrage de paluches, de sourires commerciaux, de promesses fumeuses, le tout en exacerbant les passions et les rivalités locales afin d’alimenter son éternel fond de commerce. Alors qu’en réalité, tout ceci n’est que du vent, un parfait récital de pipo. Mais quel est le but de tout cela ? Il est très simple : conserver son électorat et son salaire d’élus, sans en oublier les privilèges. Alors bien sûr, on trouve en Lorraine quand même quelques passionnés et fervents défenseurs de la cause régionale. Ils se reconnaîtront sans doute. Mais, malheureusement, ils sont bien trop peu nombreux pour faire face à la marée mafieuse qui sévit.

Voilà ce qui se passe en Lorraine depuis des décennies sous l’œil goguenard de Paris. Voilà dans quel bourbier politique la Lorraine a-t-elle sombrée. La plupart des politiques lorrains actuels n’ont pour la plupart strictement rien à cirer de l’intérêt régional. IL faut le dire. D’autant plus que cette spirale infernale s’entretient d’elle-même. En étant complètement refermée sur elle-même, cette clique constitue un véritable système clos, que seule la voie des urnes peut changer, et encore. C’est comme pour le chef de la pègre, si ce dernier tombe, un autre prend aussitôt le relais et ainsi de suite, si bien que la situation semble complètement figée et perdure par conséquent. Tenez, un exemple. N’est-il pas vrai que la classe politique lorraine a à son actif l’échec de l’interconnexion entre le TGV, l’aéroport régionale et le TER, le tracé incongru de l’A4, l’enlisement de l’A 32, ou encore le retard de plusieurs décennies de la mise à deux fois deux voies de la route nationale 4, sans compter l’échec du Plan Campus et ses aides financières conséquentes pour l’université lorraine ? Quand une entreprise va mal, ses dirigeants démissionnent d’eux-mêmes s’ils ont une certaine classe ou tout simplement une conscience professionnelle, sinon les actionnaires se chargent de les éjecter. Quand une équipe de football a de mauvais résultats, on se sépare de l’entraîneur. La même règle aussi logique et implacable doit maintenant s’appliquer en Lorraine au sujet de ses dirigeants politiques. Il est grand temps de faire le ménage, de faire place à la nouvelle génération et surtout de mettre fin à ce cartel mafieux.

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5 Commentaires

  1. Artichaud

    19 novembre, 2008 à 21:05

    Pour une fois, je souscris totalement à votre article. Bravo ;)

  2. @Bonentendeur

    19 novembre, 2008 à 21:36

    C’est ahurissant, je viens de lire les mêmes propos de la part de Mosellans à l’encontre de ce duo de choc que sont LEROY et GROSDIDIER. Je vais d’ailleurs aller faire un tour sur vivre@metz et les inviter à vous lire ! A vous de nous dire comment se situent ROSSINOT et HENART dans cette démarche. A vous de nous dire que pense Mme MORANO de cette situation ? Nous aimerions bien savoir nous, les mosellans et messins ! merci de nous orienter.

  3. Anthony KOENIG

    20 novembre, 2008 à 0:11

    Si les politiques ont parfois des réalités propres à gérer, force est de constater que Nancy a changé depuis toutes ces années. Les anti-Metz ça existe toujours mais la bétise et l’ignorance à l’égard de l’autre grande ville lorraine reculent.

    Messieurs Hénart et Rossinot ont d’ailleurs bien compris l’inutilité de cette polémique stérile qui se termine toujours par 0 partout et tout pour Paris pour simplifier.

    La Lorraine faisant de son problème une chance unique de développement différent de son territoire, avec une tête bipolaire ce n’est pas une utopie mais c’est vers ce quoi il faudrait tendre.

    Ainsi les principaux politiques de Nancy et notamment Mr. Rossinot vont au delà et, ayant trouvé une ville de Metz plus ouverte aujourd’hui, sont allez au delà des clivages pour construire ensemble et c’est très bien ainsi.

    Maintenant cette agression de politiques d’un autre âge est bien spécifique et n’est pas le fait de tous les mosellans (mais du chef du département malheureusement) et Nancy en a bien conscience. Le président de l’agglomération messine ayant lui même fait preuve de modération et de calme à un moment où il le fallait.

    Personnellement, je n’ai que 25 ans mais j’en ai déjà marre de ces querelles ridicules, surtout vues hors de Lorraine. Deux belles villes, toutes les deux riches d’histoire, de cultures, d’architectures c’est mieux qu’une seule. Alors que les universités semblent enfin ne faire plus qu’une à l’horizon, avait-on besoin de deux réactionnaires politiciens dressés sur de vieilles positions qui n’ont que trop montrés leur inefficacité?! Non c’est évident.

    Le dialogue et la construction commune doivent dominer et Mr. Leroy devrait élargir sa vision des choses car, à ce rythme, la Moselle va continuer sa croissance certes mais qui va accrocher la Meuse ou les Vosges qui ont des atouts certains à jouer encore faudrait-il que toute la Lorraine les regardent, y compris Mr. Leroy. Nancy s’ouvre plus que jamais à toute la Lorraine et Metz, ville carrefour par essence doit faire la course sur la même route…

  4. Metensis

    20 novembre, 2008 à 17:00

    Concernant la future redistribution des directions régionales, notons tout d’abord qu’il s’agit de regroupements. Autrement dit il s’agit de regrouper au sein de pôles recentrés des directions aujourd’hui plus éclatées dans un soucis d’efficacité et de transversalité dans leur missions d’organisation des services publics.

    A ce titre il ne me parait pas choquant de vouloir regrouper à Metz l’essentiel des directions régionales, notamment celle liées à la conduite et l’accompagnement des politiques économiques. Maintenons à Nancy le rectorat ainsi que la future agence régionale de la santé, installons-y le siège de la future université lorraine. Nancy, ayant bénéficié des aléas de l’histoire, a su développer certaines filières d’excellence dans ces domaines. Je n’y verrais donc aucun problème. Cette reconnaissance devrait s’accompagner d’un nécessaire rééquilibrage dans l’offre de soins et de formations supérieures au sein de la Lorraine Nord qui concentre l’essentiel de la population et de la richesse de la région.

    Concernant les restructurations militaires sur lesquelles j’avais eu l’occasion de m’exprimer. Je ne voudrais pas que la défense légitime des intérêts de la ville de Metz au moments où sont débattues les implantations des futures directions régionales nous fasse oublier que le traumatisme engendré par ces réformes appelle des réponses d’une autre ampleur et qui n’a pas grand-chose à voir avec la sempiternelle guéguerre entre Metz et Nancy. Ce n’est parce que Metz paie le plus lourd tribut de la réforme de la carte militaire qu’elle est plus légitime à accueillir l’essentiel des directions régionales. C’est bien plutôt du fait de son statut de capitale administrative et de son positionnement au cœur de la région la plus peuplée de Lorraine. Par contre c’est parce que Metz paie le plus lourd tribut de la réforme de la carte militaire que l’on doit se mobiliser pour obtenir des compensations tel que le transfert du pôle de statistique nationale, d’une école prestigieuse comme l’ENVA, le renforcement d’un pôle d’excellence dans le développent durable ou l’amélioration des infrastructures pour ne citer qu’eux. A ce jour, le compte n’y est toujours pas…

  5. sfk0367

    23 novembre, 2008 à 9:57

    Honnêtement, Rossinot et Hénart qui ont dépassé cela mais à qui allez vous faire croire cela ???? c’est nimporte quoi ! Ce qui est amusant c’est que Laurent Hénart se dit officiellement soutenu par M. Leroy pour les régionales … là ca devient vraiment comique vous ne trouvez pas ?

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