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Une leçon d’histoire

Sous l’impulsion de son président, le Conseil Général de la Moselle a organisé dernièrement la deuxième journée départementale de la mémoire à Saint-Avold avec pour but affiché de redonner aux Mosellans la connaissance de leur histoire dans toute sa réalité et toute sa complexité. L’Histoire qui n’est pas dans les manuels scolaires  paraît-il.  Si les Mosellans doivent retrouver le devoir de mémoire, M. Leroy a lui, tendance à  oublier bien vite l’actualité des restructurations militaires.

 

En effet, nous ne pouvons nous empêcher d’entrevoir dans cette petite réunion une façon plus ou moins cachée de faire quelques courbettes à l’Elysée. Peut-être cette tentative désespérée incitera davantage le gouvernement français à tenir toutes ses promesses en vue d’effacer, dans la mesure du possible et si cela est réellement imaginable, tous les préjudices subis par le départ de près de 8000 militaires de Moselle. Peut-être aussi que le Président du CG 57 cherche t-il à rassurer les ministres français du semblant de fibre patriotique qui anime encore quelques Mosellans après les incidents survenus à Bitche lors de la venue d’Hubert Falco. Beaucoup de Mosellans et de Lorrains, par la même occasion, se sentent aujourd’hui véritablement abandonnés par l’Etat français. Mais,  mis à part pour exploiter ses richesses naturelles et souterraines et pour se protéger contre l’ancienne menace pangermaniste, la France a-t-elle une fois eu ne serait-ce qu’un soupçon d’intérêt pour la Moselle et la Lorraine ? Car si les conseillers généraux mosellans veulent nous remémorer notre histoire cachée, ils ont frappé à la bonne porte.

 

 Ainsi, comme ils le disent si bien, une des particularités de l’histoire de notre province résulte dans les deux annexions successives au Premier puis au Troisième Reich qui coupèrent la Lorraine en deux, pour une durée totale de plus d’un demi-siècle. La première de celles-ci se fit consécutivement après la débâcle des armées de Napoléon III à Sedan et au Traité de Francfort du 10 mai 1870 qui en découla. Même si on ne peut réfuter un sentiment d’orgueil et de révolte nationale en France  après la perte de l’Alsace et de la Moselle, beaucoup d’historiens s’accordent à dire aujourd’hui que celui-ci disparut bien vite dans l’indifférence générale quelques années après cette annexion. Les deux seuls intérêts que représentée la Moselle pour le gouvernement français de l’époque résidaient dans la constitution d’une sorte de glacis de protection face à la Prusse devenue Allemagne et dans les mines de fer et de charbon, indispensables à l’économie et à l’industrie française. La seconde annexion, on le sait, survint quant à elle après une autre débâcle, face à la toute puissance mécanique de la Wehrmacht, avec tous les malheurs que l’on connaît.

 

Le nazisme vaincu, vinrent les retrouvailles avec la France. Ces dernières furent marquées par la reconstruction et l’essor considérable d’une puissante industrie lorraine. Néanmoins, une fois nous avoir bien exploités et dépouillés de nos richesses minières, la France nous abandonna une énième fois avant de nous laisser survivre tant bien que mal dans une crise que nous n’avions ni réclamée ni provoquée, mais issue d’une concurrence étrangère devenue imbattable. Certes, ce ne sont que les règles du jeu du néo-capitalisme. Mais on commence à connaître la chanson du côté de chez nous. La Lorraine n’a que trop donné. Et qu’elle t’elle reçu en retour ? Un certain livre blanc, le rejet d’un programme universitaire ambitieux et une réforme de la carte judiciaire pour le moment suspendue.

 

La Lorraine, ancien Etat souverain à part entière, que l’on a toujours sacrifiée pour mieux l’affaiblir, vient de subir une nouvelle saignée, une nouvelle injure à son prestigieux passé. Voilà pourquoi nombre de Lorrains et plus encore de Mosellans se sentent mal-aimés et abandonnés.  C’est un peu comme si on tapait toujours sur les mêmes dans cette relation à sens unique, qu’on ponctionnait les richesses des uns pour les apporter au final  presque toujours à Paris, au Sud et à l’Ouest, pourtant en bien meilleur santé économique et démographique.

 

C’est cette Histoire là qui n’est pas enseignée, cette Histoire si sensible et si tragique. Cette même Histoire, qui en restant soigneusement cachée et secrètement gardée, contribue petit à petit à effacer la mémoire d’un peuple. Alors pitié que l’on ne vienne pas encore nous dire que l’on lui doive encore quelque chose à cette France qui nous prend toujours de haut.

28 octobre, 2008 à 9:53


3 Commentaires pour “Une leçon d’histoire”


  1. Vincent écrit:

    Certes, mais il n’y a pas que la Moselle en Lorraine, ne l’oubliez pas!!!!

  2. blogerslorrainsengages écrit:

    Oui Vincent, mais la Moselle est le seul département lorrain a organiser une telle manifestation

  3. lambert écrit:

    je viens de tomber sur votre site que je trouve par ailleurs fort intérressant mais je me rend compte que parmi les lorrains vous ne parlé jamais des gaumais…qui sont pourtant un groupe culturelle important dans notre belle lorraine.si par un malheureux hasard vous ne connaissez pas la région,je vous conseil de la visiter,surtout la région autour de virton(belgique).et oui en belgique!la lorraine a aussi sont quartier belge.amicalement


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