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Pas un copeck pour la Lorraine ?

Il y a quelques semaines le gouvernement français et le Président de la République Nicolas Sarkozy avaient promis plusieurs mesures de compensations pour Metz, la Moselle et la Lorraine devant l’ampleur des conséquences de la restructuration des armées. Parmi ces mesures, on trouvait ainsi: le transfert à Metz de 1500 emplois publics, dont 1000 statisticiens, le rapatriement de régiments basés en Allemagne à négocier avec la Chancelière Angela Merkel, une aide de 10 millions d’euros pour les communes touchées par cette réforme, une enveloppe de 320 millions d’euros pour la reconversion à répartir selon les projets, le tout pour un montant total estimé à un milliard d’euros. Cette longue énumération est toutefois encore largement insuffisante, tant l’impact économique, démographique et psychologique est important. Certains diront que ce serait toujours cela de pris. A condition qu’il y ait encore quelque chose à prendre. En effet, reste à voir si ces belles promesses seront réellement tenues et si toutes ces compensations se concrétiseront sur le terrain. Car, maintenant on le sait bien, surtout du côté de Gandrange, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. 

L’annonce du retrait de l’Etat français dans le financement du nouvel hôpital Robert Schuman sur les communes de Vantoux et Nouilly nous avait déjà laissés extrêmement sceptiques. Projet pourtant jugé structurel et nécessaire pour l’agglomération messine. Si bien qu’avec cette première expérience, cette nouvelle désillusion, nous redoutons que la Lorraine et ses villes foudroyées par les restructurations en tout genre ne reçoivent pas un copeck en guise d’indemnités et de compensation pour le préjudice subi et leur sacrifice. 

D’autant plus que nos chers élus peinent terriblement à s’entendre sur les grands projets en terme d’infrastructure et d’équipement à mettre en œuvre et pourtant si nécessaires pour notre province. Vus de Paris, toutes ces polémiques et ce désordre médiatique complètement puéril et stérile qui est tout sauf un véritable débat politique, n’incitent évidemment pas à mettre un centime sur la table. Et qui plus est, même lorsqu’un projet semble ficelé, l’Etat s’en désengage financièrement. Vous imaginez certainement le sort qu’il peut bien réserver à un autre projet qui ne met pas tout le monde d’accord. La faute encore une fois à l’absence de prise en compte de l’intérêt régional et à la négation de tout bon sens. 

Cela dit, cette situation guère enviable de crise de confiance et de crédibilité de l’Etat et vis-à-vis de lui-même pour ce qui est de la Lorraine, pourrait presqu’encore apparaître comme idyllique si on ne lui ajoutait pas la crise financière, boursière et bancaire. A l’heure où la France décide de débloquer trois milliards d’euros pour sortir de la faillite tel ou tel établissement bancaire responsable et coupable de sa propre déroute ou encore de verser allègrement plus de 400 millions d’euros à un certain Bernard Tapie afin d’éponger ses dettes, au moment même où la garantie des dépôts soulève moult interrogations, il semble que le temps sera prochainement aux économies. Alors, partant de ce constat, nous pouvons légitimement nous demander ce qu’il restera pour dédommager les communes touchées par la réforme des armées et les accompagner dans leur reconversion. Oui, que restera t-il dans les caisses pour la Lorraine ?  N’aura-t-elle une fois de plus que ses yeux pour pleurer ? Devra-t-elle encore relever la tête d’elle-même et s’en sortir toute seule ?  Dans l’hypothèse la plus pessimiste, oui. 

Pourtant une politique de grands travaux pour se défaire d’une crise économique ne peut-être que bénéfique ou en cas tout cas ne pas faire de mal pour une relance. C’est ce qu’avait déjà entrepris avec le New Deal F.D. Roosevelt dans les années 1930 après la crise de 1929. La France a mené des politiques plus ou moins similaires avec les différents plans d’aménagement du territoire. Encore faut-il oser l’investissement et surtout présenter des projets concrets et les défendre d’une seule voix. Et pour ce qui est d’union régionale, la Lorraine a encore du travail à faire actuellement. 

10 octobre, 2008 à 17:59


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